Signe des rêves (le) - Coffret - Actualité manga

Signe des rêves (le) - Coffret

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 30 Novembre 2018

En parallèle à une sortie unitaire des deux volumes, les éditions Futuropolus ont dédié une édition plus prestigieuse au dernier titre terminé en date de Naoki Urasawa. Ainsi, Mujirushi : Le signe des rêves a droit à son coffret collector, limité à 2222 exemplaires, ce qui en fait une pièce de choix pour les collectionneurs et ceux qui aiment avoir de belles pièces dans leurs mangathèques.

Avec ce coffret, c'est donc l'assurance d'avoir l'intégralité de cette courte histoire à portée de main. Kamoda, gérant un peu naïf d'une petite usine, connaît de forts soucis financiers lorsqu'il décide de feinter le système, dans l'espoir d'éviter une taxe des commerçants. A ceci s'ajoute le fiasco d'un projet visant à vendre des masques en latex à l'effigie d'une candidate à l'élection présidentielle américaine. Abandonné par sa femme, il ne lui reste que sa fille, Kasumi, mais l'espoir semble trop maigre pour continuer à vivre... jusqu'à ce qu'un signe guide Kamoda dans une étrange demeure où vit un singulier individu. Celui-ci se fait appeler  « M. Le Directeur », Directeur de l'Institut de France. Ou plutôt, de Frâânce comme dirait l'excentrique homme aux tiques de langage, sans façon, qui raconte au père et à sa fille son rapport avec le Musée du Louvre, et la manière dont il a « emprunté » une œuvre. Pour Kamoda, ce récit pourrait être la clé pour sortir la tête de l'eau, et regagner une vie sereine...

Chaque œuvre de Naoki Urasawa est particulièrement attendue par ses lecteurs. Si l'auteur peut être considéré comme un maître du thriller, Monster et 20th Century Boys faisant partie des œuvres emblématiques du mangaka, on le sait capable de flirter avec différents styles. Le signe des rêves, justement, correspond aux multiples ambitions de l'auteur qui nous livre un court récit à suspense, en s'appuyant sur le contexte du Musée du Louvre. Pour la petite histoire, voilà des années que Naoki Urasawa a été approché par les éditions Futuropolis, afin de réaliser une courte œuvre traitant du musée, comme l'avait fait Hirohiko Araki avec Rohan au Louvre, puis Taiyô Matsumoto et Jiro Taniguchi entre temps. C'est presque une œuvre de commande qui nous est proposée de lire, dans le sens où l'auteur n'a pas su immédiatement comment aborder la thématique, pensant que ses confrères auteurs japonais avaient déjà tout dit avant lui. Évidemment, l'auteur a su trouver l'inspiration nécessaire pour créer un récit unique, et surtout prenant jusqu'à sa dernière page.

Il est difficile d'entrevoir la direction du Signe des rêves au tout départ. Le premier tome constitue presque une grande introduction afin de planter les personnages et les pistes qui serviront au grand climax de second tome, que ce soit la situation désespérée du crédule Kamoda et de sa fille, celle-ci étant plus rationnelle que son père, l'histoire de l'étrange « Directeur », ou encore le rôle de Michel, ce pompier français entretenant un rapport affectif avec le Japon, d'une certaine manière. Le premier volume plante habilement toutes ces pistes qui aiguisent notre curiosité, amenant d'autres éléments plus curieux sur la fin, nous permettant de nous questionner sur l'issue de cette histoire. Le second opus répond admirablement à cette problématique, accélérant son rythme jusqu'à créer quelques rebondissements menant efficacement la courte série à son dénouement, sans rien laisser en suspens.

L'une des volontés de l'auteur à travers ce titre est de parler du Louvre, et Naoki Urasawa le fait de manière originale. L'auteur a toujours été loin des clichés, il n'était donc pas question de parler de La Joconde, bien que celle-ci soit très rapidement évoquée. Deux œuvres, plus méconnues, forgent tout le fil conducteur de l'intrigue tandis que le scénario se penche sur des aspects méconnus des lieux, comme sa surface ou ses coulisses, renforçant l'idée d'un lieu presque mystique qu'on ne peut déjouer. Le Louvre est montré comme un endroit légendaire de l'art, et donc cible idéale de convoitises et autres manœuvres malhonnêtes. Tant d'idées qui correspondent finalement bien au style de Naoki Urasawa qui, bien qu'il développe des styles et des tons très divers, aiment flirter avec le suspense.

Évidemment, une œuvre de l'auteur ne serait rien sans ses personnages, aussi le casting proposé est particulièrement convainquant. Malgré leurs mauvais choix, Kamoda et sa fille forment un tandem attachant, l'entrepreneur déchu s'attirant notre pitié un peu plus à chaque page, tandis que Kasumi se dévoile peu à peu comme une fillette admirable de sincérité et de courage. Difficile de ne pas évoquer l'attachant Michel qui s'éloigne du cliché du français au bérêt, pour se montrer comme une personnage un peu rude en fin de premier tome, puis petit à petit beaucoup plus sensible qu'il n'y paraît.
Enfin, on pourrait dire que le fameux M. Le Directeur porte une bonne partie de l’œuvre sur ses épaules, de par son excentricité. Derrière ce personnage impassible et obnubilé par ses récits, dont on ne découvrira jamais vraiment la véracité ou non, se cache une figure emblématique du Manga : Iyami d'Osomatsu-kun, que certaines ont récemment découvert avec l'anime Osomatsu-san. Pour le lecteur français, la rencontre avec Iyami est une véritable découverte, tant la singularité de cet individu et son clownesque intérêt pour la France font de lui un personnage loufoque, mais aussi attachant à sa manière. Autant dire que ses mimiques verbales resteront en tête pardi, et qu'il sera difficile de ne plus y penser sans façon...

Enfin, l'édition du Signe des rêves se montre particulièrement intéressante en ce qui concerne cette édition limitée. Les deux tomes, au format franco-belge, proposaient déjà une noble facture par leur impression et leur papier qualitatif, et leurs couvertures d'un bel effet. Les deux albums sont réunis dans un superbe fourreau cartonné rigide, sobre dans le design, garnis de superbes effets de vernis sélectif sur le recto, le verso et le dos, lui conférant ainsi un certain prestige. La pièce est de choix, aussi l'attente d'un petit mois supplémentaire par rapport aux versions unitaires valaient la chandelle. A noter que le tirage de l'objet étant limité, le shikishi proposé est numéroté. Ceux qui ont un nombre proche de zéro pourront alors fièrement vanter leur trophée...
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

17 20
Note de la rédaction






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