Lady détective Vol.1 - Actualité manga

Lady détective Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 05 June 2014

Londres, 1864. Alors que la ville profite de son rayonnement mondial avec les expositions universelles, une grande demeure aristocratique bascule dans le drame avec la mort d'un jeune homme, Sir Thomas. Il revenait tout juste d'une guerre pour découvrir que sa fiancée s'est mariée avec un autre homme. La mise en scène ressemble étonnamment à celle du héros du livre Les Souffrances du jeunes Werther, et la pièce où son cadavre a été retrouvé était fermée de l'intérieur. Tout semble désigner un suicide romantique, c'est en tout cas ce que tout le monde conclut... Tout le monde, sauf une jeune Lady, Elisabeth Newton. Présente sur les lieux au moment de la mort de Sir Thomas, elle déduit très rapidement que ce suicide apparent cache en réalité un meurtre savamment orchestré. Et même si personne ne veut la croire parce qu'elle est une Lady, elle est bien décidée, accompagnée de son majordome l'énigmatique Edwin White, à découvrir la vérité !

Les récits d'époque sont souvent un plaisir à suivre, d'autant plus quand ils sont aussi bien emballés que ce Lady Détective, la série de Jeon Hey-Jin et Lee Ki-Ha étant séduisante à plus d'un égard.
On entre très vite dans le vif du sujet, en découvrant avec délice Elisabeth, alias Lizzie, une Lady décidément pas comme les autres de son époque. Quand la plupart des femmes aristocrates se contentent de vivre dans l'oisiveté avec insouciance, notre héroïne, elle, se passionne pour les livres, et est elle-même une écrivaine à succès... Seulement, loin des romances et drames passionnels des autres femmes auteures de son époque, elle a préféré se spécialiser dans l'écriture de polars, et c'est surtout dans ce cadre, pour trouver l'inspiration, qu'elle choisit de lever le voile sur le meurtre de Sir Thomas ! Pour cela, elle ne va pas hésiter à aller à l'encontre de ce que voudrait la bienséance pour une Lady, et c'est donc en tripotant allègrement la scène du crime (au point de mettre son doigt dans la blessure du cadavre) et en faisant quelques expériences qu'elle va parvenir à remonter vers la vérité, le tout sous les yeux d'un inspecteur de police qui n'en croit pas yeux, tant la demoiselle met à mal toutes ses convictions sur la logique féminine et sur l'intérêt des femmes.
Il faut aussi dire que Lizzie est bien aidée par son majordome, Edwin White, un homme qui forme avec elle un duo aussi plaisant que détonnant. Car sous couvert d'être son majordome, le jeune homme est surtout un ancien avocat extrêmement brillant ayant eu 30 victoires consécutives. Beau et intelligent, il évite certains écueils et captive autant que Lizzie, principalement dans la manière qu'il a de se comporter avec celle-ci. Plus que l'enquête, c'est d'ailleurs cette relation entre les deux héros qui intrigue le plus, et c'est notamment à travers le regard de l'inspecteur que l'on on vient à être très intrigué par ce lien par toujours très net. Un lien visiblement loin de tout amour, avec une Lizzie qui déclare clairement ne pas aimer son majordome qui doit rester à sa place, et un Edwin veillant sur elle plus comme un grand frère et précepteur que comme un potentiel fiancé. Mais un lien néanmoins très étroit, comme le laissent entrevoir les premières informations sur le passé respectif et commun de ces deux être au parcours plutôt atypique dans la haute société londonienne.

L'enquête est rondement menée, les personnages principaux sont bourrés de charme et hauts en couleur, mais tout ça ne serait rien sans un excellent background, qui nous plonge avec talent dans le Londres de l'époque. Constamment, les auteures s'appliquent autant à retranscrire le contexte historique de l'époque (surtout dans le milieu aristocratique, mais nous avons aussi une certaine immersion dans des recoins plus pauvres) que certaines mentalités d'alors (la place des femmes, notamment), en passant par l'évocation de plusieurs grands noms anglais et de nombreuses références littéraires ou scientifiques, le tout ayant souvent un véritable rôle à jouer dans la poursuite de l'enquête... En bref, c'est très intéressant en plus d'être très bien huilé !

L'ambiance voulue par les auteures est clairement emprunte de légèreté. L'humour, qu'il soit un peu bête, un brin noir (aaah, Lizzie et son doigt dans la plaie du cadavre) ou qu'il se repose sur les personnages, est très présent. Le trait est clair et expressif, mais ne lésine pas pour autant sur des robes, costumes, intérieurs et accessoires d'époque plutôt plaisants. Reste un problème lié au trames, celles-ci étant régulièrement bizarrement utilisée, sentiment sans doute renforcé par une qualité d'impression loin d'être exceptionnelle.

Par contre, au-delà de cette qualité d'impression moyenne, le reste de l'édition est plutôt plaisant, surtout en ce qui concerne la traduction, franchement fluide et agréable, et ne comportant que très peu de coquilles, la plus importante étant le nom de l'héroïne, écrit "Elisabeth" alors que sa carte de visite affiche clairement "Elizabeth" avec un "z". Il faudra toutefois accepter de payer 7,95€ pour un petit format à l'impression moyenne, mais la lecture en vaut clairement le coup.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16 20
Note de la rédaction






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