Kasane - La voleuse de visage Vol.6

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 28 November 2016

Nogiku a compris qui était Kasane, et de quelle manière elle a pu voler l’identité de Nina Tanzawa, tout comme la manière dont l’identité de sa mère fut volée avant que celle-ci dépérisse. Alors, Nogiku part à la rencontre de la mère de Nina et se rend davantage compte de la souffrance provoquée par Kasane. Mais surtout, elle va entrer en possession d’un atout qui lui permettra de provoquer doucement la descente aux enfers de son « amie »…

Kasane, aussi bien la série que le personnage, a deux visages. Si on sait que l’héroïne agit parfois de manière glaçante pour son propre bonheur, elle a su nous émouvoir par la relation qu’elle a nouée avec Nogiku, la fille de la femme que la mère dont la mère de l’héroïne a usurpé l’identité. Alors, quand Nogiku découvre toute la vérité sur le lien entre Nina et Kasane, le lecteur ne peut que redouter l’issue de ce tome qui marque une véritable fin de cycle pour toute la série.

Une fois encore, Kasane n’est pas vraiment l’héroïne de ce tome, déjà parce que son rôle est plus que limité par rapport à celui de Nogiku, mais aussi parce que les agissements de la demoiselle vengeresse font de Kasane une véritable anti-héroïne. Si on comprend le désir de revanche de la protagoniste sur la vie, difficile de cautionner ses agissements qui prennent une tournure plus que dramatique dans ce volume. Alors, difficile pour nous de haïr Nogiku, on se prend même à la soutenir, sans jamais entrevoir une issue positive pour elle ou Kasane en ce qui concerne l’amitié qu’elles ont tissée précédemment. Certes, il faut toujours accepter quelques facilités scénaristiques en ce qui concerne la découverte de la vérité pour le personnage, mais on fait vite abstraction de cet élément tant on reste happés par le suspense et l’ambiance tragique et cauchemardesque qui ressort du tome, page après page.

Nogiku est ainsi la figure de la délivrance de ce tome et à ce titre, elle pourrait voler totalement la vedette à Kasane. Qu’à cela ne tienne, Daruma Matsuura continue de décortiquer son héroïne de manière très métaphorique, afin de rendre la demoiselle ambiguë et ne pas en faire une simple figure cruelle et égoïste. La vie de Kasane sur scène est toujours plus représentée comme l’essence même de son bonheur, mais aussi le miroir de sa vie, une thématique développée par certains instants de narration très recherchés, faisant bien ressortir la complexité du personnage et sa dualité face à la vie. Alors, à la fin de ce tome, le lecteur doit faire face à lui-même, lui qui a peut-être été tenté de haïr Nogiku, puis finalement Kasane… A qui peut-on en vouloir ? Quand une existence est capable de jouer de tels tourments, peut-on condamner quelqu’un qui a juste cherché un peu de bonheur et dont le malheur qu’il a provoqué tient davantage de la maladresse qu’autre chose ? C’est donc un véritable coup de poignard que nous apporte cette fin d’arc, une conclusion habile et maîtrisée, aux interprétations multiples.

« Mes derniers instants sur cette terre… Je veux les vivre belle… et dans la lumière !! »
Cette simple phrase symbolise tout le devenir de la série. Comment Kasane va-t-elle rebondir désormais ? Est-ce que les erreurs d’antan seront répétées ? Plus que jamais, l’intérêt de la série est relancé, la mangaka ne se reposant jamais sur ses acquis et se fait vivre son manga à la manière d’une pièce de théâtre.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

16.5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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