Kasane - La voleuse de visage Vol.14

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 24 May 2019

Kasane fait le choix de jouer l'un des rôles principaux de la pièce de Kingo Habuta, mais sous sa véritable apparence, celle qu'elle dévoilera au public. De son côté, Nogiku part sur les traces de Sukeyo, afin de comprendre la relation que sa mère entretenait avec Izana... Le voile se lève sur le passé de la mère de Kasane, tandis que cette dernière monte une dernière fois sur scène, sans les artifices du maquillage.

Nous y voilà : Avec ce quatorzième tome, le manga Kasane de Daruma Matsuura touche à sa fin. Véritable conte troublant traitant de la beauté humaine, qu'elle soit physique ou qu'il s'agisse sur celle de l'âme, le tout en prenant le théâtre comme métaphore pour développer l'idée du maquillage comme masque social, Kasane aura su passionner sur son déroulement. Jamais rébarbative, la série a su jongler entre de véritables instants de poésie théâtrale et des déboires humains poignants. Par les dernières révélations et l'évolution de Kasane qui accepte de porter le poids de son fardau, tout en s'émancipant de l'image de sa mère, l'autrice amenait son œuvres vers une conclusion logique... Reste alors le bilan qu'on redoute toujours un peu dans le manga, surtout à cause du modèle éditorial : la fin de Kasane est-elle abrupte, ou est-elle maîtrisée de la part de la mangaka ?

Par sa symbolique immédiate, le tome fait pencher la balancer vers la seconde option. Le volume s'ouvre avec une Kasane différente, celle qui dénigre désormais le fameux rouge à lèvre pour le mal qu'il a causé, et souhaite se confronter à son rêve avec sa véritable apparence, quitte à en payer les conséquences. L'idée du masque social que portait Kasane jusqu'à présent est donc très forte, et elle permet un dernier acte différent, celui d'une pièce où les gens voient Kasane sous son vrai jour, et doivent désormais l'apprécier pour ses talents plus que par son apparence.

Il y a donc beaucoup à dire concernant les thématiques de ce dernier tome, toutes étant raccord avec les débuts de la série et donnant un véritable sens à cette fin. Le parcours du personnage de Kasane est donc porté avec une véritable cohérence jusqu'à bout, mais il faut attendre les toutes dernières pages pour apprécier le dénouement pensé par Daruma Matsuura. Celui-ci pourra choquer, et peut-être que certains seront débutés par son côté abruptes. Pourtant, rien ne semble gratuit : si cette conclusion donne l'air de vouloir choquer, elle réponse aussi parfaitement à l'idée de la rédemption de Kasane, totalement présent dans ce tome. Cette fin, c'est l'épilogue du portrait de l'héroïne de l'oeuvre, une femme moquée du monde, qui a souhaité prendre sa revanche, quitte à être aveuglé par les lumières des scènes théâtrales éblouissantes dont elle rêvait. Une ascension garnie de sacrifices, auxquels elle devait logiquement se confronter pour rendre son développement pertinent.

Et ce chemin de l'humanité, Kanase n'est pas le seul à l'emprunter. Certes, Kingo et Nogiku sont un peu plus effacés ici, mais une dernière part plus humaine d'eux qui nous dévoilent. On pouvait pourtant s'attendre à une ultime confrontation entre ces personnages, mais il n'en n'est rien. C'est par la scène que Kasane a évolué et que les drames se sont noués et c'est par la scène que cette pièce dramatique doit se conclure.

La fin, douce-amère, se révèle alors percutante, et prendra certainement de plus en plus de valeur dans le cœur des lecteurs après un peu de recul, et pourquoi pas une relecture de la série. Plus poétique et sincère que baignée dans la tension, chose pourtant très présente dans la série auparavant, la fin de Kasane a le mérite d'être cohérente avec le reste de l'oeuvre, d'apporter un point final au récit, et et de ne pas laisser indifférent. Daruma Matsuura aura donc porté son œuvre à merveille jusqu'à la fin, ce qui en fait assurément une autrice de talent. Autant dire qu'on attendra sa prochaine œuvre avec une forte impatience !

A noter que pour saluer une dernière fois la série, ki-oon propose deux éditions : une simple, et une collector qui inclus un court roman centré sur Izana, la mère de Kasane. Pour ceux qui se sont attachés à l'univers et qui souhaiteraient un petit approfondissement supplémentaire, difficile de ne pas recommander la deuxième version tant le roman se révèle passionnant. Ce dernier lève davantage le voile sur le passé d'Izana, ses rapports avec le père de Kasane ainsi qu'avec la mère de Nogiku, tout en développant le lien vénéneux qui l'unit à sa fille. La lecture se révèle particulièrement prenante dans son ensemble, de quoi admirer une dernière fois toute la profondeur de l'univers de Daruma Matsuura.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

18 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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