Jormungand Vol.2

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 15 November 2019

Chronique 2

Koko et sa bande arrivent à Dubaï, où ils sont la cible d'une bande de tueurs dont il ne reste qu'un binôme : Orchestra. Pas de repos pour la vendeuse d'armes, donc, qui va devoir faire face à ces deux mercenaires particulièrement adeptes de la musique provoquée par les tirs d'armes... En pleine leçon particulière, Jonah s'éclipse, pour mieux préter main forte à son mentor.

Après un premier tome intéressant malgré quelques confusions, le second volume de Jormungand se consacre presque exclusivement à une seule et même mission. Ou plutôt... à une courte partie où Koko et les siens deviennent les proies de deux tueurs amoureux de la gâchette, au cœur d'un Dubaï qui va devenir le lieu d'une lutte sanglante.

Ce deuxième volume le confirme alors : Jormungand est une série centrée à 99% sur l'action, le plaisir de Kaitarô Takahashi, l'auteur, étant avant tout ici de fournir un divertissement explosif. Un objectif atteint efficacement puisqu'il est difficile de s'ennuyer sur cet opus où tout va à cent à l'heure, les rebondissements étant aussi nombreux que les tirs échangés entre les deux camps. C'est assez basique mais très efficace dans le genre, notamment parce que le récit se sert toujours de personnages hauts en couleur pour rendre un second degré assez réussi à quelques instants.

On savait déjà que la bande de Koko était constituée de caractères bien particuliers, ce qui se confirme ici et s'étend même à des figures plus secondaires. Entre un agent américain particulièrement excentrique et Chinatsu, la tueuse ennemie dont la particularité est... de ne pas porter de culotte, le mangaka nous fait comprendre que le récit doit être pris pour ce qu'il est, à savoir une lecture jubilatoire pas totalement sérieuse. C'est pour le moment efficace, mais à voir si cela suffira sur l'ensemble de la série.

Car il faut noter que ce second tome entreprend quelques discrets élargissements dans son déroulement. Scarecrow, le fameux agent américain, ne sert pas à grand chose pour l'instant mais pourrait énormément apporter au récit par la suite, tandis que le dernier chapitre du volume ouvre la voie à d'intéressants développements autour de Jonah, le garçon détestant les armes par dessus tout et qui se retrouve, pourtant, à faire partie de la bande d'une vendeuse d'armes. A voir de quelle manière la suite développera ces pistes, donc.

Et puisqu'on parle du dilemme de Jonah, on apprécie le petit discours sur la paradoxe des armes dans ce volumes. Essentiellement explosif, il se pose vers la fin pour aborder le sujet central de la série, de manière un peu évasive pour le moment, mais qui aide aussi à renforcer le lien entre Jonah et Koko.

En guise de bémol, il ne restera que quelques confusions graphiques, le découpage de l'auteur restant encore un peu confus. Mais paradoxalement, c'est ce rendu chaotique qui aide l'action à demeurer efficace.
Il en résulte alors un deuxième tome prenant sur tout le long, efficace en tant que divertissement péchu, et qui amorce peut-être certaines petites choses plus ambitieuses. A voir pour la suite, mais Jormungand se révèle efficace dans son genre.


Chronique 1

Quelque part sur la péninsule d'Oman, le duo de tueurs à gages Orchestra s'apprête à tuer sa nouvelle cible sans le moindre sentiment, si ce n'est le plaisir de devoir le faire souffrir, comme le stipule le contrat. Lui est un baraqué adorant vivre les exécutions et coups de feu comme des symphonies musicale, d'où le nom d'Orchestra. Quant à la jeune fille, nommée Chinatsu, il l'a recrutée il y a quelque temps. Ses signes particuliers : elle semble être lycéenne, elle ne porte jamais de culotte quand elle doit combattre et tuer, et surtout c'est une tueuse redoutable, à l'instinct très développé...

Pendant ce temps, le groupe de la marchande d'armes Koko n'est pas très loin de là: après avoir sévi récemment en Europe de l'est et à la frontière russe, sa bande prend un peu de repos dans une ville en paix, Dubaï. L'occasion est idéale pour que Jonah, la dernière recrue, suive des cours essentiels, car lui qui n'a jamais pu en avoir dans son passé d'enfant-soldat a beaucoup de choses à apprendre, comme les maths ou l'anglais ! Pendant ce temps, Valmet se fait une joie de faire une sortie "shopping" avec sa Koko adorée, mais l'escapade est de courte durée, dès lors qu'apparaît devant eux Orchestra. Les marchands d'armes ont beaucoup d'ennemis, si bien qu'un nouveau contrat a été posé sur la tête de Koko...

Qu'on se le dise, c'est donc l'action qui domine la majeure partie de ce volume, volume par ailleurs quasiment entièrement occupé par l'affaire autour d'Orchestra. Ca pétarade beaucoup, c'est enragé, c'est dynamique, c'est doté de pas mal de petits rebondissements essentiellement dus à Chinatsu et à certains sbires de Koko: Keitarô Takahashi assure assez facilement le spectacle, d'autant plus que son style commence à s'affiner au niveau du trait et des trames. Qui plus est, ce conflit est une bonne occasion de continuer à présenter les spécialités de certains membres du groupe de Koko, comme le sniper Lutz, ou d'insister encore sur l'importance de certains, comme Lehm qui possède bel et bien un certain leadership avec son côté vétéran expérimenté. De même, le temps d'un arc, la jeune Chinatsu parvient à camper assez bien son rôle. Enfin, un autre larron vient s'inviter à la fête: Scarecrow, un agent de la CIA dont on attend avec intérêt de voir le rôle sur la longueur, celui-ci étant clairement décidé à choper Koko.

Mais l'auteur ne fait pas non plus de l'action juste pour de l'action, aussi efficace celle-ci soit-elle. En filigranes, il parvient à aborder un petit peu plus la place des marchands d'armes dans le monde et, par la même occasion, la place des armes, l'aura sombre qu'elles peuvent exercer sur leurs possesseurs, l'identité parfois étonnante desdits possesseurs, la façon dont les hommes pensent souvent bien plus à entretenir les conflits qu'à protéger leurs enfants... Jonah en fut d'ailleurs un victime, mais ici, même s'il continue de combattre brillamment et de haïr les armes, on le sent continue d'évoluer au contact de Koko et en apprenant l'anglais et d'autres choses. Et pourtant, son passé d'enfant-soldat semble voué à le rattraper en fin de tome, ce qui annonce un troisième volume prometteur.

Tout en assurant le divertissement et en continuant de présenter ou peaufiner certains personnages, l'auteur enrichit donc un peu plus son univers, pour ne lecture qui, comme on l'espérait, y gagne. Après deux volumes, Jormungand se présente comme une lecture efficace, qui devrait encore se bonifier sur la longueur.

Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Takato

14.5 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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