It's My Life Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 15 October 2019

Chronique 2

Entre l'aventure de DanMachi ou Grimoire of Zero, l'isekai de Re:Zero ou Overlord, ou des titres développant tout un contexte géopolitique comme Gate - Au delà de la porte, les éditions Ototo ont, depuis leur lancement, pris soin de se spécialiser avant tout dans la fantasy en l'explorant sous diverses coutures, et c'est ce qu'elles ont continué à faire dès le début de l'année 2019 avec une nouvelle série démarrant surtout entre la tranche de vie et l'humour, pour un résultat assez inédit. Plébiscitée par ses fans lors du 3e tournoi du site Ura Sunday puis publiée de 2014 à 2018 sur l'application Manga One de Shôgakukan, cette oeuvre finie en 11 volumes est le tout premier manga de l'autrice Imomushi Narita. En 2018, une campagne de crowdfunding lancée par Shôgakukan permit même à l'oeuvre de connaître une adaptation animée sous forme de courte OAV.

It's my life nous immisce donc dans un monde fantasy aux côté d'Astra L. Doomsday, un homme de 35 ans qui, soudainement, a décidé de prendre sa retraite en tant que capitaine des paladins de Justitia afin de vivre, avec ses économies, sont rêve de toujours: avoir sa maison, son propre chez-soi qu'il compte bien bichonner, et qu'il a achetée à l'extrémité ouest du continent ! L'ancien combattant d'exception tout juste retiré compte bien devenir une fée du logis, retaper sa nouvelle demeure et en prendre soin... mais dès le premier jour, quelle n'est pas surprise en voyant faire irruption avec fracas Noah, une toute petite fille de race antikythirienne, âgée de 8 ans, et le prenant pour ce qu'il n'est pas ! Admirative depuis toujours du légendaire dieu maléfique, cette jeune sorcière est certaine de l'avoir enfin trouvée, au vu de la dégaine de notre héros ! Il n'en est évidemment rien: Astra n'a rien de maléfique (il ne maîtrise même pas la magie), Noah s'est complètement plantée en se rendant à l'extrême-ouest au lieu de l'extrême-est, qui plus est le dieu maléfique n'est qu'un mythe... Mais alors qu'Astra voudrait immédiatement éclaircir les choses, les pétillants yeux argentés de la fillette et son adorable minois admiratif font qu'il n'a pas la force de tout de suite briser ses rêves. Et Noah voulant devenir sa disciple (ou sa servante, ou quoi que ce soit d'autre tant qu'elle est avec lui) et se présentant comme une enfant sans famille, il décide, touché, de la prendre sous son aile, dans sa nouvelle maison, en la considérant comme une membre de sa famille, ce qui le rapproche encore un peu plus de son idéal. Mais notamment à cause de sa nature, la petite Noah risque de mettre bien plus de piment que prévu dans sa vie qu'il souhaite pépère !

Tout en posant rapidement ses premières bases autour de l'univers et de ses deux héros, la mangaka donne très vite le ton en faisant beaucoup dans l'humour, ne serait-ce qu'à travers l'irruption initiale fracassante de Noah, puis le quiproquo qui va durer quelque temps entre Astra et cette fillette qui le prend pour ce qu'il n'est pas. Dès lors, la suite du tome va s'appliquer à pas mal jouer sur cet aspect comique, qui parvient sans le moindre mal à se renouveler pour l'instant, entre deux bandits draconiens de pacotille qui veulent du mal à la fillette (car, dit-on, les yeux argentés des antikythirien vaudraient beaucoup) et qui seront une sorte de running gag tant ce sont des losers, un brave dragon amateur de sucreries en guise de chien de garde pour la maisonnée, la façon dont Astra s'emporte tout de suite dès que son précieux chez-lui est un peu en danger... Le quiproquo initial, lui, sera un bon petit comique de répétition dans les premiers chapitres, mais heureusement Narita ne va pas surjouer dessus plus que de raison, et saura bien y mettre fin tout en s'offrant l'occasion de vite et bien consolider la relation (proche de celle d'un père et de sa fille) entre Astra et Noah, deux être qui, pour des raisons différentes, ont toujours été seuls, et étant alors dans le fond heureux d'apprendre à vivre ensemble comme une petite famille.

Une relation "père-fille" qui s'installe, un Astra voulant vivre paisiblement, un dragon en chien de garde, une petite maisonnée à retaper et à protéger car c'est la chaleureuse chaumière de nos héros... C'est en cela que réside l'autre qualité du récit, et son autre originalité pour un manga de fantasy. Ici, l'action reste assez minime (du moins pour l'instant) et joue surtout sur une part humoristique (même si quelques très brefs détails laissent supposer des développements plus profonds), et l'ambiance passe avant tout par l'humour et la tranche de vie, une tranche de vie jonglant entre le chaleureux et l'adorable par moments. Il faut dire que pour cela, Narita montre une patte visuelle d'emblée efficace, essentiellement parce que la frimousse toute ronde et à oreilles pointues de Noah est adorable et souvent rigolote dans son expressivité, et que les dangers potentiel comme les deux draconiens et le dragon ont eux-même une allure souvent légère et drôle, en décalage avec l'image que l'on en a habituellement. Narita étant arrivée dans le manga un peu sur un coup de chance (comme elle le dit elle-même) et signant ici sa toute première oeuvre, il y a tout de même des améliorations à effectuer sur le plan des dessins: par exemple, les trames restent régulièrement assez basiques, et les brefs moments d'action ne sont pas parmi les plus lisibles qui soient). Mais assurément, la dessinatrice offre de très bonnes choses en termes de design et de narration, et certaines planches aux allures d'illustrations s'avèrent me^me très séduisantes dans leur profondeur accrue, leurs détails et leur part poétique.

Petite cerise sur le gâteau: Imomushi Narita ne cache pas être une grosse fan de musique métal, si bien qu'ici elle prend plaisir à glisser pas mal de références et d'inspirations liées à son genre musical de prédilection: tous les titres des chapitres font référence à une chanson, certaines illustrations ont des allures de pochette d'album... Il est assez plaisant d'essayer de dénicher les clins d'oeil.

Au final, It's my life s'offre ici une entrée en matière pleine de charme et de promesses. Il y des petites choses à améliorer, surtout sur le plan graphique, mais la part humoristique et chaleureuse fonctionne du tonnerre, le comique et les situation se renouvellent très bien, la palette de personnages s'enrichit petit à petit avec efficacité jusqu'à faire apparaître dans le dernier chapitre une nouvelle figure qui devrait avoir son importance... En somme, ça démarre sous les meilleurs auspices, il n'y a plus qu'à confirme tout ça par la suite !

Au niveau de l'édition, la jaquette mat attire plutôt bien l'oeil en mettant sobrement en valeur le travail d'illustration de Narita. A l'intérieur, le papier est souple et sans transparence, l'impression est très honnête, les polices sot soigneusement choisies, et la traduction d'Adrien Ghariani fait bien le job en étant claire et vivante, et en collant assez bien au caractère des personnages. Et à défaut de pouvoir retrouver les planches couleurs de la prépublication (qui sont ici en noir et blanc), on appréciera tout de même la première page en couleurs.


Chronique 1

Les éditions Ototo ont à cœur de proposer des mangas de fantasy aux registres divers et variés. Leur catalogue propose par exemple moult isekai de type fantasy (comme Re:Zero, Gate ou Overlord), mais aussi des œuvres d'aventure comme Grimoire of Zero ou DanMachi. Avec It's my life, un autre registre est abordé, celui de la tranche-de-vie humoristique. Première série de la mangaka Imomushi Narita, It's my life fut publié entre 2014 et 2018 sur la plateforme Manga One des éditions Shôgakukan, et totalise 11 volumes. A noter que la série semble avoir connu un engouement très particulier au Japon puisque la campagne de financement participatif lancée par l'éditeur Shôgakukan fin janvier, dans le but de produire une adaptation animée, fut un succès.

Ancien capitaine des Paladins de l'Empire, Astra prend sa retraite à 35 ans. Ce fier guerrier vêtu d'un masque, contrairement à ce que son ex-profession pourrait indiquer, ne rêve que de quiétude dans une petite maison isolée de tout, à la lisière des bois. C'est là qu'Astra s'installe, mais la tranquillité sera de courte durée. A peine son emménagement terminé, une jeune fille s'écrase chez lui. Noah, petite sorcière âgée de 8 ans, cherche le Dieu Maléfique, et elle semble l'avoir trouvé ! Astra ne parvient pas à dissiper le quiproquo, et commence alors une cohabitation mouvementée à laquelle l'ancien capitaine s'attachera rapidement...

Avec It's my life, ou du moins avec ce premier tome, pas de grande aventure dans un vaste monde de fantasy ! Pour sa toute première série, Imomushi Narita plante le décor d'une cohabitation peu banale entre deux personnages opposés, en insistant à la fois sur le burlesque de bon nombre de situations mais aussi l'ambiance chaleureuse du petit foyer d'Astra, qui s'etoffe chaque jour un petit peu plus. La mangaka nous propose clairement un titre à l'ambiance feel-good à l'ambiance bien équilibrée : le confort do foyer fondé par Astra, auquel s'est ajoutée la malicieuse Noah, se mêle à quelques gags bien sentis et qui ne versent jamais dans la lourdeur. Clairement, on sourit et on rit à de multiples reprises dans ce premier opus, sans jamais que le ton de dénature la bonne humeur des instants intimistes entre l'ancien capitaine et sa petite protégée, sans compter leur animal de compagnie peu commun qui viendra s'ajouter à l'équation.

Ainsi, ce premier tome a l'effet d'une pause cocooning à la lecture. La maisonnette d'Astra, à côté d'une bien jolie forêt et éloignée de tout, donne clairement l'envie d'évasions champêtres, et d'un voyage vers la ruralité aux côtés de personnages hauts en couleur. Pourtant, l'autrice ne se repose pas que sur cette ambiance et étoffe son récit, petit à petit, de multiples ingrédients : des adversaires qui tenteront régulièrement de nuire à Noah tout en ayant le talent de la Team Rocket pour parvenir à leurs fins, la présentation d'un village voisin aux habitants charmants et bienveillants, ou encore les anciens camarades d'armée d'Astra qui nous en apprendront un peu plus sur l'ancien général que le héros était. Imomushi Narita ne développe pas des intentions grandiloquente d'univers, et préfère cultiver le tout avec douceur, comédie et délicatesse. Et, clairement, la recette fonctionne totalement, le récit parvenant à se renouveler efficacement pour le moment. Car It's my life totalise onze tomes, aussi on se demande de quelle manière la mangaka saura se diversifier et développer son intrigue. Fort heureusement, pour avoir une petite idée, les éditions Ototo nous proposent de découvrir les deux premiers tomes en simultanée, pour le lancement français de la série.

Visuellement, le titre a un double intérêt puisqu'il mise sur deux ambiance. La première, la plus visible dans ce premier tome, c'est un côté léger qui sied totalement au ton du récit. Tout est souvent rendu léger et comique par Imomushi Narita, ce qui contribue grandement à la réussite de ce premier tome.
Puis, plus ponctuellement, la mangaka nous présente ses dons d’illustratrice, avec un style représenté par l'illustration de couverture de premier volume. Certaines illustrations, d'entre-deux chapitres souvent, présentent un style au plus grand relief, accentuant la poésie de l'univers et l'aspect contemplatif de la série. Des pages merveilleuses qu'on aimerait pouvoir savourer plus régulièrement tant elles sont de véritables bijoux pour les yeux.

Côté édition, Ototo livre une très bonne copie. Le papier est de qualité, celui de la couverture notamment puisque avoir choisi un couché mât fait ressortir une certaine noblesse de l'histoire de la mangaka, tandis que la traduction d'Adrien Garhiani retranscrit efficacement la belle ambiance de l'univers.

Léger, drôle, touchant... les adjectifs ne manquent pas pour ce premier tome de It's my life, titre feel good particulièrement étonnant. Pour une première série, Imomushi Narita sait efficacement charmer ses lectrices et ses lecteurs. Le ton est donné, et on suivra avec enthousiasme le petit quotidien d'Astra et Noah.
Au passage, les plus métalleux du lectorat pourront chercher toutes les petites références à la culture Metal, musique dont l'autrice est plus que fan !
  

Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15.25 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

15.5 20
Note de la rédaction






MN Actus
Dernières news News populaires News les plus commentées Fermer

Dernières News