I am a Hero Vol.3 - Actualité manga

I am a Hero Vol.3

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 31 May 2012

Hideo Suzuki, marginal, paranoïaque, schizophrène, halluciné, lâche et autres joyeusetés, se contentait de sa médiocre vie, jusqu'au jour où tout a basculé : dans la rue, les gens sont devenus petit à petit tous fous, s'entre-dévorant en transmettant toujours plus l'étrange mal dont ils sont atteints. Tekko, la copine de Hideo, à essayé de bouffer son amant après s'être désarticulée et encastrée dans une porte. Quant aux collègues du bonhomme, l'une a vu sa tête exploser, l'autre s'est fait décapiter par un avion. Rien que ça.

C'est dans ce contexte dont l'improbabilité et la cocasserie dégagent surtout quelque chose d'extrêmement crade et malsain que Hideo cherche à présent à s'échapper, à s'éloigner de la civilisation pour survivre. Et dès lors, le marginal qu'il est devient le mieux armé pour s'en sortir.
Ainsi, les différentes étapes de la fuite s'enchaînent, le métro et le taxi étant de nouvelles preuves d'un monde qui n'était déjà pas très chouette à la base - comme le montrent l'indifférence générale et l'égoïsme des gens dans le métro face à quelqu'un en train de se faire attaquer - et qui perd toujours un peu plus pied, devient de plus en plus glauque sous le coup de crayon de Kengo Hanazawa, qui ne nous épargne rien : visages peu ragoûtants, se déformant de plus en plus sous l'emprise du mal, attaques aboutissant sur des morceaux de chair déchirés... le tout sous un trait réaliste à faire pâlir.

L'auteur est donc toujours bien dans son trip, et les lecteurs ayant accroché aux deux premiers tomes continueront d'adhérer à cette oeuvre ô combien immersive, d'autant qu'en plus de ce cocktail gore et malsain, Hanazawa continue de dresser un portrait assez déséquilibré de son héros, qui se parle à lui-même, frôle la schizophrénie, a des hallucinations, et tente de se convaincre qu'il peut désormais être un héros. Pourtant, il faut bien avouer que l'action traîne réellement en longueur à quelques reprises, à cause de textes parfois trop envahissants pour pas grand chose, bien qu'ils contribuent grandement à l'ambiance. Ainsi, si certaines tirades permettent encore et toujours de dresser le portrait du héros ou de la société, ou encore d'apporter quelques précisions sur certains points (le salaire des mangakas, par exemple), d'autres moments, notamment quand Hideo est seul dans la mer d'arbres, sont définitivement trop longs.

Reste qu'au bout d'un moment, le passage dans la mer d'arbre amène Hideo à faire une rencontre intéressante, au coeur d'un endroit pourtant supposé désert. Ainsi apparaît une nouvelle tête plutôt intrigante, assez attachante bien que pas très nette non plus puisqu'elle ne sait même pas reconnaître un suicidé, et dont on attend avec curiosité de voir le rôle qu'elle jouera.

I am a hero continue donc son chemin toujours aussi efficacement, en ne changeant pas cette recette totalement unique qui peut séduire autant que rebuter. Dans tous les cas, l'oeuvre est immersive, dérangeante, et visuellement très soignée, jusque dans le détail des ombres des arbres sur le corps de Hideo. Toutefois, on constatera à la page 223 l'un de ces bugs informatiques privant le personnage d'une partie de son corps...


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






MN Actus
Dernières news News populaires News les plus commentées Fermer

Dernières News