Histoires courtes de Rem Sakakibara - Actualité manga

Histoires courtes de Rem Sakakibara

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 11 June 2019

Après la série en 3 volumes Fluid Rat qui était un peu inégale mais qui révélait en Rem Sakakibara un certain talent et pas mal de bonnes idées, les éditions Black Box ont décidé, en ce printemps 2019, de poursuivre leur exploration de cette mangaka en publiant simultanément deux one-shot: Monster Kinematograph, la toute première série de l'autrice qui s'est révélée très plaisante à suivre, ainsi qu'un recueil d'histoires courtes, sobrement nommé Les histoires courtes de Rem Sakakibara.

Chose intéressante pour ce recueil: il s'agit d'un projet original des éditions Black Box, élaboré en collaboration directe avec Rem Sakakibara, celle-ci ayant pioché non seulement dans ses récits publiés en magazines, mais aussi dans des histoires inédites. Ainsi, sur les 8 récits qui nous sont proposés, le premier a été initialement publié en 2010 dans le magazine Business Jump des éditions Shûeisha, les trois suivants sont sortis en 2007-2008 dans le magazine Comic Ryû des éditions Tokuma Shoten (le magazine de Fluid Rat et de Monster Kinematograph), et les quatre dernières, non datées ici, sont des exclusivités non-parues en magazines.

Au programme, ce sont huit récits assez diversifiés qui nous attendent, dont le premier nous fait suivre un homme politique étrange, à la tête masquée par un costume de tête de chat, qui propose une nouvelle loi visant à exaucer les voeux des habitants, jusqu'à un point où chacun d'eux se voit attribuer une médaille affichant le domaine dans lequel il/elle est le/la plus doué(e), ce qui peut donner des choses tantôt sérieuses tantôt moins classes. Quant à la deuxième, plus courte, elle nous immisce aux côtés de deux employés d'une entreprise un peu particulière puisque ses différents bâtiments se situent au beau milieu d'une chaîne de montagnes, sur des sommets différents... dès lors, pas facile de rallier un bâtiment en partant d'un autre ! Très court lui aussi, le troisième chapitre n'est autre qu'un épilogue de Monster Kinematograph, très plaisant pour voir un peu ce que les personnages de cette oeuvre deviennent dans le temps. Pour profiter au mieux de ce chapitre, il est évidemment très conseillé d'avoir lu Monster Kinematograph avant, mais si ce n'est pas le cas sachez que a mangaka ou l'éditeur ont eu la bonne idée de proposer ici un résumé sur trois pages. La suite du recueil propose, elle aussi, des histoires aussi diverses que variées: un journaliste ayant un pouvoir un peu embêtant qu'il aura peut-être l'occasion de mettre à profit en se retrouvant mêlé à une affaire d'enlèvement, un groupe de soldats se retrouvant à devoir lutter contre un danger inimaginable sur une île en pleine Seconde Guerre mondiale, une opération militaire maritime en 1944 qui va prendre un tour inattendu (surtout pour un homme qui semble aimer un peu trop son bateau) avec en prime un petit texte final d'explications historiques, une chasse aux sorcière moderne, et les déboires d'un otaku enrobé pour trouver une copine.

Ce qui est intéressant en premier lieu ici, c'est d'observer la diversité dont Rem Sakakibara fait preuve. Diversité dans les récits bien sûr, mais également diversité dans les ambiances, où d'une histoire à l'autre, voire parfois dans une même histoire, la mangaka passe facilement du thriller aux notes d'humour, de l'horreur au grotesque (surtout dans l'histoire nommée "Igyoujima", celle des soldats sur l'île), du drame à la légèreté. A plus d'une reprise, ses récits reposent sur ne idée précise un peu décalée qu'elle va assez bien exploiter voire approfondir dans une voie inattendue, comme les deux premières ou Igyoujima. Et assez régulièrement, on y retrouve le goût de l'autrice pour certaines choses en particulier, vues également dans Fluid Rat ou dans Monster Kinetograph: réappropriation d'éléments historiques, transformations et pouvoirs, peur face à ce qui est différents... La seule chose que l'on peut réellement reprocher à ces différentes histoires, c'est que leur brièveté joue parfois un peu contre elles. Ainsi, certains déroulements peuvent paraître un peu trop faciles (notamment l'histoire du journaliste embarqué dans l'affaire d'enlèvement, qui se résout un peu trop aisément), et d'autres ont une conclusion un brin succincte. Rien de dramatique néanmoins.

Visuellement, le recueil propose plutôt des "récits" de jeunesse, et ça se ressent un peu, surtout dans la deuxième moitié proposant les récits inédits, où on déniche facilement certaines irrégularités, en particulier au niveau des visages. Néanmoins, dans l'ensemble cela reste réellement plaisant, que ce soit dans certains designs, dans le trait assez fin de la dessinatrice, ou dans un certain talent pour entretenir ses différentes ambiances.

Au final,, ce recueil s'avère on ne peut plus plaisant à parcourir, encore plus si l'on connaît déjà les deux autres oeuvres de Rem Sakakibara parues en France chez Black Box. Il y a des inégalités et le sentiment que certains récits sont un petit eu trop brefs, mais la mangaka, sous son trait plein de charme, y dévoile surtout une belle diversité ainsi que certains thèmes et éléments qu'elle semble beaucoup apprécier.

L'édition française est dans les standards de Black Box: grand format sans jaquette et avec rabats, papier bien blanc, souple, assez épais et sans transparence, impression d'honnête qualité, choix de police assez bons dans l'ensemble, et traduction suffisamment immersive et sans grosse coquille de la part d'Aline Kukor.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

14 20
Note de la rédaction






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