Haru Ru Ru Ru - Actualité manga

Haru Ru Ru Ru

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 11 October 2021

Masako Yoshi est assurément l'une des autrices les plus emblématiques de Black Box, puisque c'est avec elle que l'éditeur a fait ses débuts en 2013, via la publication successive des séries Comment ne pas t'aimer, Manabu et Du haut de mon monde. Tâchant généralement d'être fidèle à ses artistes, l'éditeur a ensuite continué de nous faire découvrir cette mangaka, avec Très cher Mozart en 2014, puis avec le triptyque Histoires de femmes en 2018... Et en cet automne 2021, l'autrice est à nouveau de retour dans notre pays avec trois one-shot parus fin septembre. Aujourd'hui, intéressons-nous au premier des trois, nommé Haru Ru Ru Ru - Petits contes de printemps.

Paru au Japon aux éditions Shûeisha en 1983 sous ce même titre de Haru Ru Ru Ru, ce recueil d'environ 190 pages fut l'une des toutes premières publications papier de l'autrice avec Comment ne pas t'aimer, et regroupe donc différents récits qui sont sans doute parmi les tout premiers de la carrière de Masako Yoshi.

S'étalant sur environ 100 pages, la première partie du recueil est celle qui donne son nom au livre, et regroupe en réalité 6 brefs récits de longueur variable qui mettent tous en scène des personnages arrivant à un carrefour plus ou moins important de leur vie, alors que le printemps s'installe avec ce qu'il peut impliquer de changements. On suivra ainsi, tour à tour, une jeune couple d'amoureux cherchant un lieu suffisamment intime pour vivre sa première fois, une femme qui a le sentiment que son couple bat de l'aile et dont la confiance envers son compagnon est donc mise à mal, un papi qui doit faire face à la "douloureuse" perte de ses trois derniers cheveux, un petit garçon voulant tellement une chambre rien qu'à lui qu'il s'installe dans le placard et y fait des rêves fous, une mangaka aidée par des fourmis pour tenir ses délais (la plus courte histoire puisqu'elle ne fait qu'une seule page, il s'agit donc juste d'un petit gag), et une collégienne qui ne sait pas quoi faire face à son premier véritable amour auquel elle pense en permanence. Ces récits sont simples, et n'ont pas forcément de grosse prétention, surtout au vu de leur brièveté. Mais ils dégagent tous, à leur manière, une certaine fraîcheur, que ce soit à travers l'humour tendre du premier récit, le côté plus doux-amer du deuxième, le côté loufoque du troisième, la part d'onirisme parfois même touchant du quatrième... Et puis, on appréciera la diversité des âges représentés, allant du petit garçon au papi.

Dans la deuxième petite moitié du tome, suivent deux autres histoires courtes.
Long d'environ 60 pages, le récit "La gare sous les étoiles" nous immisce auprès d'une lycéenne qui se sent heureuse auprès de son petit ami, garçon beau, sportif et, surtout, extrêmement attentionné et gentil... en somme, le parfait contraire d'elle. Car notre héroïne a plutôt tendance à se montrer très égoïste, presque égocentrique, en ne se rendant même pas compte à quel point elle profite de la gentillesse du garçon sans faire la part des choses. A l'heure où ses copines essaient de lui ouvrir les yeux sur son comportement, et où une autre fille approche son petit copain, saura-t-elle prendre conscience de ce qui ne va pas et faire des efforts sur elle-même ? Certains moments ont beau être maladroits dans le comportement des personnages, la lecture se suit toute seule, d'autant que l'on s'attache assez vite à cette héroïne loin d'être parfaite, parfois même agaçante, mais qui a son caractère et que l'on a envie devoir évoluer.
Quant à la dernière histoire, intitulée "Double-trait et moi", elle nous invite à suivre, le temps de 30 pages environ, une jeune femme qui n'a jamais eu beaucoup de chance dans la vie, et qui peine tant à joindre les deux bouts qu'elle s'est résolue à jouer les hôtesses de bar et à s'essayer à l'arnaque au mariage. Mais qui sait, peut-être que tout va changer pour elle quand, au bar, elle rencontre l'un de ses nouveaux voisins ? Le jeune homme lui plaît effectivement très vite, et ça semble réciproque... mas est-il tut à fait celui qu'il dit ? Masako Yoshi nous offre ci un récit qui va vite mais qui se révèle emballant, que ce soit pour le côté imparfait de son héroïne (une nouvelle fois) ou pour les quelques rebondissements rapides mais efficaces.

Visuellement, on devine bien qu'il s'agit d'oeuvres du tout début de carrière de Masako Yoshi, le trait étant parfois plus simple que dans ses autres oeuvres. En revanche, l'expressivité est bien là, il y a toujours quelque chose de rafraîchissant dans l'ambiance dégagée, et il y a un bon petit nombre de passages se voulant bien plus enlevés dans le découpage, à l'image par exemple de certaines séquences du rêve du petit garçon.

Au bout du compte, Haru Ru Ru Ru - Petits contes de printemps est une lecture sympathique. Le livre sent bon le début de carrière de Masako Yoshi, mais on reconnaît déjà son style qui s'installe, style dégageant beaucoup de fraîcheur assez typée des 80s. Une petite lecture simple qui fait plutôt du bien, en somme.

Concernant l'édition, on saluera avant tout la traduction de Sébastien Descamps, claire, vive, tout simplement emballante. En revanche, on regrettera que le papier soit un peu transparent. A part ça, on a droit au grand format habituel de l'éditeur, à une qualité d'impression tout à fait honorable, et à un lettrage de Mathilda Rousseau qui s'avère assez appliqué.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

14.25 20
Note de la rédaction






MN Actus
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