Harem in the Fantasy World Dungeon Vol.1 - Actualité manga

Harem in the Fantasy World Dungeon Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 11 October 2021

Le genre isekai jouit d'une belle popularité ces derniers temps, au points que certains éditeurs se soient accaparé cette dynamique afin de garnir leurs catalogues. Meian est l'un de ceux-là, la maison tentant néanmoins de renouveler les histoires proposées. Par son label Daitan, elle a même couplé la réincarnation dans un autre monde avec l'érotisme avec le très bon JK Haru : Sex Worker in Another World, un titre bien moins racoleur qu'il n'y paraît et qui propose de vraies réflexions sur ces univers de fantasy qu'on peut avoir tendance à idéaliser.

L'une des dernières acquisitions de Meian pour le laben Daitan, c'est justement un isekai lui aussi couplé à une forme d'érotisme. Nommée Harem in the Fantasy World Dungeon chez nous, l'œuvre est à l'origine un light novel écrit par Shachi Sogano et illustré par Shiki Dôji. En cours depuis 2012 aux éditions Shunfun no Tomo, sous le titre Isekai Meikyû de Harem wo (que l'on peut traduire par « Harem dans la labyrinthe d'un autre monde »), le récit littéraire a dépassé la dizaine de tomes à ce jour.

L'adaptation manga, sujette de cet écrit, est lancée en 2017 dans le magazine Shônen Ace des éditions Kadokawa Shoten, et compte sept tomes à ce jour. Elle est dessinée par Issei Hyôju, mangaka que nous ne connaissions pas jusqu'alors et qui à une poignée de série à son actif, souvent ancrée dans le registre ecchi. Une esthétique loin d'être anodine puisque l'artiste a aussi réalisé quelques dôjinshi hentai sous le nom de plume Tukibuto, des parutions qui ne trouveraient pas leur place dans nos librairies de par le caractère souvent jeune des personnages...

L'aventure de Harem in the Fantasy World Dungeon est celle de Michio, un adolescent qui pensait ne jouer qu'un à un simple rpg mais qui se retrouve téléporté au sein de celui-ci. Sans avenir dans son monde véritable, il pense n'avoir rien à perdre à tenter une autre existence dans cet univers. A lui la destinée de héros ! Du moins... la vérité est un peu différente. Car ce monde est régi par son fonctionnement et ses mœurs bien lointaines du Japon contemporain, et que Michio doit accepter sans rechigner. Il s'en rendra compte après avoir sauvé un petit village d'une horde de voleur, et s'enrichira indirectement par la vente d'un esclave qui a tenté de dérober une partie du butin. C'est ainsi qu'il découvrira que certaines esclaves acceptent les rapports charnels avec leur « maître », ce qui ne tombera pas dans l'oreille d'un sourd...

Le postulat de départ de l'adaptation manga de l'œuvre de Shachi Sogane par Issei Hyôju est loin d'être dénué d'intérêt. Utilisant la formule de l'isekai (en y incorporant une dose d'univers vidéoludique), Harem in the Fantasy World Dungeon amène un héros classique dans un univers teinté de problématiques. Si Michio se croit dans un jeu, il se rend rapidement compte qu'il a pouvoir de vie ou de mort sur ses adversaires, et qu'en plus cet univers de fantasy conserve des mœurs inimaginables aujourd'hui, telles que l'esclavage. L'intérêt venait alors des réactions et comportements du protagoniste, peut-être plus que de la manière dont le romancier d'origine abordait son propre univers parallèle. Car dans ce premier tome, les codes sont classiques, le romancier y ayant inclus une dimension mmorpg évidente via des classifications de personnages et autres fenêtres de skills que Michio manipule à tout va dans ce premier tome. Toute l'intégration des mécaniques vidéoludiques pourra même s'avérer un poil confus, mais là n'est pas l'essentiel et ce bien que le titre promette déjà des excursions au sein de périlleux donjons, aventures qui démarrent dès la fin de tome d'ailleurs.

La plus value, c'est donc bien cette rupture entre la tête d'affiche et cet univers sur le plan morale. D'ailleurs, ce premier tome prend le temps de planter toutes ces nuances, ce qui est tout à son honneur. Il faut donc attendre les environs de la moitié du volume, une fois que Michio s'est à peu près acclimaté à ce monde, pour entendre parler de l'esclavage et toute ce que cela peut impliquer. Une petite déception survient alors quant ce protagoniste se contente de ne questionner et d'adhérer à des mœurs, sur le principe qu'il ne peut changer un univers qui n'est pas le sien. On comprend le raisonnement, mais il y avait probablement plus subtile à développer à partir de là. Finalement, ce début de récit prend la forme d'une course contre la montre, Michio devant réunir les fonds nécessaires pour acheter l'esclave sur lequel il a jeté son dévolu. De manière évidente, le manga flirte déjà avec sa dimension érotique et commence à jouer avec quelques fétiches évidents. Il faudra donc voir quelle direction l'ensemble prendra, puisque rien ne dit que l'œuvre n'enrichira pas son propos à un moment donné. Meian (ou plutôt Daitan) ayant proposé les deux premiers volumes en simultanée, on a de quoi de faire une opinion plus poussée, très rapidement.

Notons que visuellement, Issei Hôju propose une patte qui peine à s'enrichir d'une vraie identité. Son trait est propre et précis, aucun doute là-dessus, et l'artiste confirme être aguerri quand il s'agit de dessiner de jolies filles. En dehors de ça, le tome manque visuellement de fulgurances, aussi on attend de voir ce qu'il en sera quand il sera question d'aventures plus intenses dans le labyrinthe.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

13 20
Note de la rédaction






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