Hana no Breath Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 05 July 2018

Critique 2


A l'été 2017 se lançaient les éditions H2T, reliées à la plateforme de publication en ligne Weekly Comics et vouées à l'édition de mangas français et européens. Trois titres ouvrirent le catalogue physique de l'éditeur dont Hana no Breath, un récit signé Caly (qui s'était déjà fait un petit nom dans le milieu du fanzinat) et prévu pour un total de deux volumes. Pour son premier shôjo, H2T brise les barrières en proposant une romance entre deux filles, sur un doux parfum d'adolescence.


Lycéenne de 16 ans, Azami se distingue de ses amies par ses goûts : celles-ci ne jurent que par les mangas de type yaoi ou yuri, ce qui est loin d'être le cas de notre héroïne qui se destine au vrai grand amour avec un garçon. Son prince charmant, elle l'a trouvé en la personne de Gwen, un camarade d'un an son ainé qui fait des prouesses sur le terrain de basket. Suite à un match, Azami découvre avec stupeur le secret du garçon qu'elle convoite : Gwen est en réalité une fille qui, suite à un concours de circonstances, cache la vérité sur son genre au sein du lycée. Pour Azami qui n'imaginait pas une relation avec une autre fille, est-ce que les sentiments resteront ? Gwen sera-t-elle la « princesse charmante » de l'adolescente ?


Avec Hana no Breath, il est donc question d'Adolescence avec un grand A, et de bien des problématiques que l'on peut rencontrer durant cette période de la vie, lorsqu'on est amoureux. Pour développer son sujet, Caly a choisi un couple plutôt atypique : deux filles dont l'une découvre le genre de l'élue de son cœur par pur hasard. En résulte une tranche de vie romantique où les deux amoureuses vont se découvrir réciproquement, mais aussi se découvrir elles-mêmes.


En effet, la force de ce premier volume est de nous exposer tout un tas d'idée dans la romance entre Azami et Gwen. Une romance adolescente qui implique son lot de moments doux et d'instants un peu plus difficiles, des moments souvent marqués par les doutes qu'auront les deux héroïnes, sans compter les traditionnels tourments de toute romance comme la jalousie.


A la lecture du synopsis du tome, on pourrait croire que le récit s'apprête à parler d'identité transsexuelle. Le verdict est finalement tout autre et se veut complexe par rapport à l'idée de l'adolescence. Ainsi, Hana no Breath va constituer une sorte de quête d'identité pour Gwen, une quête rythmant ce premier opus et proposant un développement bien construit de cette adolescente que tout le monde prend pour un garçon, mais qui va connaître l'envie de plaire physiquement à son amoureuse et à développer sa part de féminité. Si cette quête symbolise en quelque sorte un fil directeur sur ce premier volume, les autres idées ne manquent pas : introduction d'une rivale amoureuse, question de la distance au sein d'un couple, la sincérité pour se rapprocher de la personne qu'on aime... Cette première partie de Hana no Breath traite sa romance avec une grande sincérité, sur une tonalité très optimiste, ce même quand il est question de l'acceptation de l'homosexualité aux yeux de la société. Bien que quelques personnages aient un léger fond négatif, Caly offre ici un panel de figures assez positif, le tout pour nourrir cette ambiance douce qui séduit le lecteur de la première à la dernière page.


L'identité visuelle de l'autrice est d'ailleurs à cette image : le coup de crayon de Caly est tout à fait mignon, léger et drôle lorsque nécessaire, et sert parfaitement l'ambiance du titre.


On saluera aussi le travail d'édition de H2T qui, dès ses débuts, propose un papier de qualité et une page couleur permettant à l'autrice de s'exprimer autrement que par le noir et blanc.


Au final, ce premier tome de Hana no Breath est une sincère réussite. Portrait d'adolescentes amoureux et rencontrant leur lot de difficultés plus qu'une histoire de romance homosexuelle, le titre séduit par la subtilité du traitement de ses idées et par son ambiance qui envoute sans mal.


Critique 1


Lycéenne de 16 ans, Azami dénote un petit peu parmi ses camarades de classe : alors que celles-ci raffolent des manga boy's love et yuri, elle n'est absolument pas attirée par tout ça. Car dans son for intérieur, elle n'imagine absolument pas possible de tomber amoureuse d'une personne du même sexe qu'elle. Ce sont les garçons qu'elle aime, et plus particulièrement Gwen, bel adolescent sportif, excellent élément du club de basket qu'elle dévore des yeux jour après jour... Alors, comment réagira-t-elle en découvrant que l'élue de son coeur est en réalité une fille ?


Lancé à l'occasion de Japan Expo, Hana no Breath fait partie des trois premiers mangas papier des éditions H2T. Prévue pour se finir en deux volumes, cette série est signée Caly, une jeune artiste que le fanzinat connaît bien pour son oeuvre MaHo-Megumi.


Il est bon de noter tout de suite que l'oeuvre a beau présenter un amour entre filles, il ne s'agit aucunement d'un yuri mais bien d'un shôjo, à l'instar de mangas comme Sasamekikoto ou Fleurs Bleues. Pas de scène olé olé ici, mais bien une volonté de l'artiste de dépeindre une relation amoureuse sans préjugés, sans vieilles barrières, et allant au-delà des apparences.


Ainsi, dès le début, et très rapidement, Azami affirme qu’elle n’imagine un amour autre qu’avec un garçon, mais quand elle découvre que le garçon qu’elle aime est en réalité une fille, elle ne peut rejeter les sentiments qu’elle a construits au fil du temps et qui apparaissent donc vraiment sincères. On a en quelque sorte un amour pur qui fait fi du genre masculin-féminin, et qui pose d'emblée quelque chose de très attachant et bon en ces deux demoiselles.


Puis dès lors, après cette introduction aussi rapide qu'efficace, Clay va pouvoir développer avec soin nombre de petits thèmes souvent propres à la période de l'adolescence, où les doutes sentimentaux et le besoin de se chercher sont là. Il y a notamment chez Azami la peur de vivre un amour faussé, la crainte que Gwen se force à être le prince charmant de ses rêves, et l’œuvre aborde donc en filigranes la peur de ne pas être aimé pour ce qu’on est. Puis la série aborde également le regard des autres, notamment à travers les réflexions maladroites et pleines de clichés d’Alvin : à ce moment on se dit qu’il y a encore du travail pour changer les mentalités, et la réaction d’Azami face à Alvin peut alors sembler exaltante même si elle est assez violente. Plus tard, une nouvelle figure féminine du nom de Judith vient encore apporter un peu plus de piment en se plaçant d'abord comme une sorte de rivale... mais que cache en réalité cette énergique et maligne adolescente ? Là aussi, mieux vaut ne pas se fier aux premières impressions, car Judith, dans son genre, sera un personnage précieux.


Visuellement, Caly offre un dessin très clair et plutôt mignon, qui dégage quelque chose de doux, de positif et d’assez lumineux, ce qui colle parfaitement au récit. Grande fan de Kozue Amano, la jeune artiste française adopte un peu le même goût que la mangaka d'Aria et d'Amanchu! pour des designs régulièrement orientés chibi, ce qui renforce l'impression de récit mignon, positif et assez frais malgré les thématiques réalistes et justes.


Au bout de ce premier tome, il est impressionnant de voir à quel point Caly maîtrise son histoire, en offrant des héroïnes très attachantes et en développant avec justesse de très beaux thèmes en ne traînant pourtant jamais. Joli, fin et intelligent, Hana no Breath est assurément une excellente surprise !


Pour des débuts dans le manga papier, les éditions H2T offrent une excellente copie avec un papier à la fois assez épais, souple, blanc et sans transparence, une jaquette de qualité, une charte graphique déjà claire sur le dos. Notons que tous les mangas de l'éditeur auront le même format, chose pratique pour un collectionneur pointilleux.


Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Takato

16 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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