Guess What ! Vol.1 - Actualité manga

Guess What ! Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 07 January 2020

Chronique 2

Ki-oon fait partie de ces éditeurs qui donnent leurs chances à de jeunes auteurs, non seulement en achetant des titres au Japon mais aussi et surtout on permettant la création de titres originaux tels que Tsugumi Project ou encore Green Mechanic!
Guess What! fait partie de cette seconde catégorie; le titre issue de l'union de deux auteurs (Ubik aux dessins et Abendsen au scénario) nous raconte la lutte d’opprimés contre la violence des puissants se croyant tout permis...un titre qui pourrait résonner avec l'actualité en France mais qui s'avère bien maladroit dans sa mise en scène...

A une époque non définie, dans un pays non défini, les citoyens de la ville d'Hasgar sont opprimés par les puissants qui font régner l'ordre par la terreur, la police n'hésitant pas à abuser de son pouvoir, allant jusqu'à tuer puisque personne ne peut rien contre eux... Personne vraiment?
Les Pumas sont un groupe de terroristes qui luttent contre ce pouvoir en place, mais s'ils sont considérés comme des terroristes par les puissants, le peuple les voit comme des libérateurs.
En parallèle, un héros masqué, affublé d'un masque à gaz et d'écouteurs, intervient régulièrement pour aider les habitants!
Pour lutter contre ces menaces envers leur autorité, le gouverneur et ses sbires font venir "le Faucon Noir", une soldat particulièrement efficace qui va ramener l'ordre...mais rapidement cette dernière va mettre en doute la légitimité de ses actions...

Clairement je viens de vous faire un résumé de l'ensemble du tome qui facilite la compréhension, parce qu'en lisant ce premier tome, on ne comprend pas grand chose sur les premiers chapitres!
J'évoquais une époque et un lieu non défini (mis à part le nom d'une ville), mais c'est l'ensemble du contexte qui n'est pas défini!
Les auteurs nous jettent dans le bain et nous balancent un maximum de données sans rien expliquer, et très franchement je trouve assez désagréable de lire un volume sans savoir où se situer!
Entre milices, super héros, oppression, mutants, super soldat...on est totalement dans le flou et ça part vraiment dans tous les sens!
Les explications ne viennent qu'une fois ce premier opus terminé, par des pages de présentation en fin de tome...une absence de contexte particulièrement maladroite et vraiment dommageable pour le plaisir de lecture (et à partir du moment où je ne prends pas de plaisir à lire, je n'ai clairement pas envie de continuer l'aventure).

En ce qui concerne les personnages ce n'est guère mieux: on a un héros urbain, affublé d'un masque à gaz et d'écouteurs...en jogging et avec une barre à mine! Peut être qu'avec ma culture "comics" je suis plus habitué aux "collants" pour les héros, mais clairement le jogging ça passe mal. Derrière ça il y a la volonté de montrer que tout le monde peut être un héros qui se dresse devant l’oppression mais si on veut nous montrer un héros on soigne un tantinet le design.
Et puis on a Nozuki Tokigaya, alias le Faucon Noir, super soldat, super flic...qui n'a absolument rien de super! Tout dans son traitement, de sa présentation, à son évolution, est totalement maladroit! On nous la vend comme impressionnante...à peine arrivée elle se fait rosser! Elle vient aider les "cops", mais qu'elle est là ils veulent l'éliminer (absolument ridicule), on lui demande de venir pour aider à lutter contre les terroristes mais à peine arrivée elle doute de ses ordres...il n'y avait personne de plus fiable?
On attend de voir ce qu'elle a de super, pour le moment, non seulement elle n'impressionne en rien, mais surtout elle subit totalement les événements, elle fait même peine à voir.

Reste l'approche sociale, très certainement la seule chose à sauver de ce premier tome: les auteurs nous dépeignent des abus de pouvoirs de la part d'un état qui n'a plus de contre pouvoir, la lutte des opprimés qui se rebellent comme ils peuvent, ces mêmes rebelles présentés comme des terroristes par des médias complices...ce titre fait écho à de nombreux mouvements sociaux de par le monde et en cela il se montre intéressant, même si l'idée de départ des auteurs n'allait peut être pas chercher aussi loin (les pages explicatives en fin de tome nous parle même de "théorie du ruissellement"...tient donc)...

Le problème c'est que c'est amené avec tellement de maladresse qu'on ne parvient pas à rentrer dans ce récit qui nous apparaît totalement obscure!
Et puis il faut également évoquer les mutants...mais en ce qui les concerne nous n'avons pas la moindre once d'explications...c'est le flou total!

En bref on à là un premier tome qui rate le coche, qui à trop vouloir nous en mettre plein la vue d'entrée de jeu passe totalement à coté, et ne parvient qu'à nous perdre! Pour ma part je ne suis clairement pas convaincu!

Pour ce qui est de l'édition de Ki-oon, ils continuent de faire de l'excellent travail...mais si le contenant est parfait, le contenu s'avère bien moins passionnant!


Chronique 1

En parallèle aux séries dont les droits sont achetés au Japon, Ki-oon continue de développer ses propres créations originales. Découvert début 2019 avec le second numéro du Ki-oon Mag, la série Guess What ! Arrive finalement en tomes reliés dès ce mois de janvier, l'occasion pour ceux qui n'ont pu se procurer la revue de découvrir cette première œuvre du binôme formé par Abendsen et Ubik.

Car aux origines de Guess What !, il y a cette rencontre des deux auteurs. Abendsen croise le trait d'Ubik sur internet, et tous deux collaborent dans un premier temps sur des pochettes d'albums et des affiches de concert. Autrefois victime de harcèlement et souhaitant parler de la violence de notre société dans une œuvre, Abendsen pense le projet Guess What !, dont le premier tome voit le jour cinq ans après. La collaboration entre les deux artistes semble sincère, une harmonie idéale pour aborder un manga dans les meilleures conditions.

Dans Guess What !, l'action se situe dans la métropole de Hasgar, scindée en deux extrémités. A l'est se trouve le côté aisé et moderne de la ville, tandis que l'ouest est un ghetto où vivent les parias et les opprimés. C'est dans ce contexte que sévissent les Pumas, une organisation terrorriste qui donne du fil à retordre aux forces de l'ordre de Hasgar. A ce contexte anarchique se mêle un autre élément : un justicier anonyme venant au secours des populations du ghetto, que les gens surnomment Guess What. Ce dernier est affublé d'un masque et d'un casque audio, et ne laisse aucun indice sur son identité. Pour enquêter sur ce phénomène, les autorités de Hasgar font appel à Nika, une soldate d'élire qui va se confronter au mythe de Guess What...

Mais tout ce contexte, il ne pourra être saisi qu'en lisant la quatrième de couverture et au terme de ce premier volume. Là est peut-être la principale lacune de cette introduction : son intrigue qui manque clairement de contextualisation, si bien qu'il y a de quoi être un peu perdus sur la première moitié. Un héros, certes, mais pourquoi ? Et dans quel type de société ? C'est assez maladroit mais, fort heureusement, le récit s'éclaircit au fil des pages, jusqu'à dévoiler une situation plus précise qui nous permet d'apprécier davantage les enjeux. Dès lors, la suite de la série n'en sera que plus prenante.

Dès lors ce contexte saisit, on constate que Guess What ! joue surtout d'un schéma de récit assez classique, confrontant oppressants et opprimés à une légende urbaine incarnée par le « héros » du récit, le tout à travers l'aventure de la jeune Nika. C'est classique certes, mais d'une part très efficace grâce à l'orientation du récit, plutôt sublimée par le trait d'Ubik. Son dessin est vif et dynamique tout en restant lisible, et surtout assez fouillé grâce à des jeux de traits qui donnent de la profondeur aux planches. Si on cherche à apprécier Guess What ! Pour ce côté survolté, ce premier tome présente une excellente copie.

Seulement, la série se veut plus riche que cela, en développant notamment la thématique de la justice sociale, chère au scénariste Abendsen. Difficile pour l'heure d'en saisir toute la densité, puisque ce premier tome dépeint surtout le contexte par les yeux de Nika, une soldate d'élite dont on peine à comprendre parfois le talent tant elle est dépassée par les événements. Avec ce tome, on apprécie plus l'univers et ses enjeux que l'ensemble de l'histoire, chose réussie puisque le conflit opposant le gouvernement de Hasgar aux terrorristes Pumas, le tout saupoudré de mystères en ce qui concerne le violent héros masqué. C'est pour l'heure assez énigmatique et intrigant, aussi le second opus devra confirmer le potentiel du titre.

Du côté de l'édition, Ki-oon livre une excellente copie : un papier épais, pas moins de neuf pages couleur (si on inclus le sommaire), et quelques pages bonus présentant l'univers et ses personnages, un supplément appréciable sur une création originale. La traduction, elle, a été confiée à Alex Ponthaut qui semble retranscrire particulièrement bien l'aspect sombre de l'univers et la violence du récit.
   

Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Erkael

10 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

14 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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