Flying Witch Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 09 Mars 2017

Quelque part dans une ville du Tohoku au nord-est du Japon, débarque Makoto, adolescente de 15 ans qui, pour son entrée au lycée, va venir habiter chez son cousin Kei et la petite soeur de celui-ci, Chinatsu. Son arrivée est plutôt remarquée par Kei, amusé en voyant que sa cousine n'a rien perdu de son étourderie et de son sens de l'orientation catastrophique, et par Chinatsu, plutôt inquiète et effrayée de la surprendre en train de parler à son chat. Mais ce que cette dernière ne sait pas encore contrairement à Kei, c'est que Makoto est un peu particulière : elle est une apprentie sorcière !

Démarrée par Chihiro Ishizuka en 2012 dans le Shônen Magazine de Kôdansha, Flying Witch est un manga qui a été popularisé en 2016 par sa très sympathique adaptation animée, qui fut diffusée en simulcast sur Crunchyroll.

Au programme, une tranche de vie teintée de fantastique, où une jeune fille, selon la coutume des sorcières, quitte le cocon familial à 15 ans pour prendre son indépendance et parfaire son statut. L'héroïne étant en plus accompagnée d'un chat noir (Chito), il est presque impossible de ne pas effectuer un petit parallèle avec Kiki la petite sorcière. Mais heureusement, la série éditée par nobi nobi! a sa propre personnalité, ne serait-ce que pour son cadre inscrit dans une ville calme de province japonaise.

On découvre ici des personnages principaux plutôt plaisants, entre une Makoto attachante et rafraichissante dans son positivisme et son amusante étourderie, un Kei plus calme contrebalançant un peu sa cousine, et la jeune Chinatsu très vivante et rigolote pour certaines de ses réactions. Autour d'eux viennent vite graviter d'autres personnages, comme le père de Kei et Chinatsu avec son patois bien prononcé et ses connaissances sur la campagne et les terres, ou Nao, une camarade de classe avec qui Makoto veut devenir amie.
C'est en leur compagnie que notre héroïne entame une toute nouvelle vie, dans la campagne, loin de sa ville natale de Yokohama. Une vie où elle va sans doute apprendre beaucoup, ne serait-ce que dans ce premier volume : un rythme quotidien plus calme, plus paisible, où l'on prend plus son temps, un quotidien plus proche de la nature avec par exemple la culture de la terre, des plats locaux... Avec en prime des notes d'humour régulières et un ton clairement positif, on obtient une lecture pour l'instant simplement rafraichissante et dépaysante, qui se suit toute seule.

Certains lecteurs pourraient être étonnés de voir que pour l'instant la part de fantastique est bien moins présente que l'aspect tranche de vie : Makoto ne vole en balai qu'une fois. La part fantastique passe plutôt par quelques rencontres qui y sont liées : une entité amenant le printemps pour un passage qui offrira quelques sueurs à Chinatsu, mais qui présente de jolie manière le passage naturel des saisons, la grande soeur délirante de Makoto... L'oeuvre trouve tranquillement son équilibre, même si ce manque de présence du fantastique pourrait en laisser certains sur leur faim. Il faut aussi se dire que le statut de sorcière semble à la fois déjà accepté par le commun des mortels, même s'il faut quand même le cacher (et vu le côté étourdi de Makoto, ce n'est pas toujours facile).

Visuellement, Ishizuka a un trait servant sans mal son ambiance fraîche, paisible et dépaysante. Très simple, le design de ses personnages n'en reste pas moins expressif, tandis que l'on appréciera les efforts réguliers sur les décors des bâtisses et de la nature, présents quand il le faut et assez précis. L'artiste a un trait clair  appréciable, et seuls quelques raccourcis dans le découpage rendent certaines scènes moins belles ou moins fortes que prévu, mais c'est un détail.

Sur ce premier tome, Flying Witch s'offre une jolie entrée en matière, colorée, positive et dépaysante, où un équilibre entre la tranche de vie, le cadre provincial et le fantastique se pose peu à peu. On suivre la suite avec plaisir.

Les éditions nobi nobi! proposent ici un travail tout à fait plaisant, un petit format doté d'une jaquette bien colorée avec vernis sur le titre. Le papier et l'impression sont honnêtes, les choix de police convaincants, la traduction d'Aurélien Estager particulièrement soignée dans ses tournures et dans ses différences de langage (mention spéciale au patois du père de Kei, forcément), et l'adaptation graphique du Studio Charon plaisante.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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