Fleurs de la mer Egée (les) Vol.1 - Actualité manga

Fleurs de la mer Egée (les) Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 27 Febuary 2020

Les éditions Komikku semblent avoir un certain attrait pour les récits se déroulant dans une certaine Histoire de l'Europe et étant portés par de jeunes héroïnes de caractère, elles nous l'on déjà démontré avec l'excellent Arte ou avec la série courte Marion. Et c'est une nouvelle fois à la rencontre d'héroïnes de charme et dans un contexte historique que l'éditeur a décidé de nous emmener avec sa nouvelle série, Les Fleurs de la Mer Egée ! De son nom original Aege-kai wo Wataru Hana-tachi, cette oeuvre a été lancée au Japon en 2018 dans le magazine Comic Meteor de Flex Comic, pour s'achever tout récemment, le 3e et dernier volume étant sorti dans son pays d'origine début février. Il s'agit de la toute première série du mangaka Akame Hinoshita.

Nous voici ici plongés dans l'Italie de la deuxième moitié du XVe siècle, à une époque charnière et plutôt de paix: l'époque appelée Moyen-Âge s'est récemment achevée après la chute de Constantinople face à l'Empire Ottoman en 1453, tandis que la fameuse Renaissance italienne éclot peu à peu. Dans la cité de Ferrare, pas très loin de Venise, Lisa Rossetti est la jolie fille cadette d'une famille de nobles marchands, à qui l'on tente déjà de faire prendre en considération des choses telles que le mariage. Mais la demoiselle, elle, n'est guère intéressée par tout: vive et curieuse, elle rêve depuis longtemps de partir en voyage, à la découverte d'autres contrées, quitte à parfois faire légèrement tourner en bourrique ses parents ou sa mature grande soeur Maria. Pourtant, son rêve pourrait bien avoir une chance de se concrétiser le jour où elle rencontre une étonnante jeune fille: Olha. Originaire de la lointaine région de Qirim (l'actuelle Crimée), elle fut auparavant envoyée en Italie pour se marier, mais des circonstances peu joyeuses font qu'elle est désormais seule en ces terres et qu'elle ne souhaite alors qu'une chose: retrouver ses proches, et en particulier sa soeur qui vivrait apparemment sur l'île de Crète. Nouant rapidement une amitié avec Olha, Lisa se met alors en tête de l'aider en l'accompagnant dans sa quête ! Après tout, elle est jeune, n'a pas encore beaucoup d'obligations, le monde est pour l'instant en paix, et la présence d'Olha fait qu'elle ne serait pas seule, donc l'occasion lui semble idéale. Mais encore faut-il trouver un bateau à même de les emmener et, avant ça, convaincre ses proches et surtout Maria de la laisser partir vivre son rêve de voyage et de découvertes...

Comme il l'explique dans son assez longue et riche postface sur la genèse de son oeuvre, Akame Hinoshita a souhaité avant tout narrer des découvertes sur des endroits et une époque qu'il aime, mais sur un ton tranquille, d'où son choix de placer son récit pile pendant des années où la situation était calme, après le Moyen-Âge et la chute de Constantinople, hors des plus gros conflits autour des Ottomans, et avant les montées de tension entre certaines contrées dominantes comme Gènes et Venise. Et le pari est facilement gagné: ici, même si le mangaka prend soin de bien contextualiser les choses autour des Ottomans, de Venise, de Gènes et d'autres (y compris entre les chapitres, via des pages explicatives sur les faits historiques) afin de poser un cadre crédible et suffisamment rigoureux, cela nourrit avant tout l'immersion dans des préparatifs et un début de voyage ayant presque quelque chose d'un peu "feel good" dans son absence de gros conflits et, surtout, dans trois aspects très appréciables.

Tout d'abord, deux héroïnes assez facilement attachantes. Mignonnes à souhait, elles ont toutes deux des caractères assez différents: assez énergique et curieuse pour Lisa, et plus posée et mature pour Olha. Ce complétant plutôt bien, les deux demoiselles sont assez rafraichissantes, leurs problèmes restent plutôt légers dans le traitement qu'en fait l'auteur, et elles nourrissent donc bien l'ambiance voulue par Hinoshita. Tout simplement, on les accompagne avec un certaine légèreté dans leur voyage et leurs découvertes.

Le deuxième très bon point, c'est justement ce parfum de découverte, qui se ressent d'ailleurs dès le premier chapitre à Ferrare pour ne jamais nous lâcher: on devine ici que ce n'est pas forcément le voyage lui-même qui sera le plus important, mais plutôt les différentes escales que les jeunes filles vont faire. Ici, de Ferrare à Split en passant par Venise, chaque étape permis aux deux demoiselles mais aussi au lecteur de profiter de différents aspects typiques: des éléments historiques, mais aussi de culture locale comme la gastronomie, les tenues, le marchandage... Le parfum d'invitation à la découverte est aussi simple que réussi, d'autant qu'il est porté par un aspect visuel très emballant.

Et le dessin est bien la troisième qualité de l'oeuvre. En permanence, Hinoshita s'applique dans ses décors et ses détails, suffisamment riches et précis (jusque dans certains motifs des vêtements) sans non plus être surchargés, afin de garder un style clair collant bien à l'ambiance voulue. Costumes, architecture, navires... tout apparaît suffisamment soigné et emballant, l'auteur ne cachant pas s'être pas mal documenté via divers bords. Quant aux personnages, ils ont des designs propres et soignés, notamment les héroïnes ayant des visages assez doux et charmants portés par des yeux plutôt pétillants.

Si bien qu'une fois arrivé au bout de ce premier tome, la lecture s'avère plaisante et plutôt dépaysante. En nous invitant à diverses petites découvertes culturelles et historiques dans une ambiance tranquille, Les Fleurs de la Mer Egée n'ont pas de difficulté à déjà nous faire profiter de leur agréable voyage.

Du côté de l'édition, on a quelque chose de très bon avec une jaquette colorée et fraîche ponctuée d'un sympathique vernis sélectif, une très honnête qualité de papier et d'impression, une première page en couleurs, et une traduction très limpide et soignée d'Aline Kukor. On appréciera beaucoup les différentes petites notes parsemant l'ouvrage, que celles-ci soit l'oeuvre de l'auteur ou de la traductrice.
   

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16 20
Note de la rédaction






MN Actus
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