Escale à Yokohama Vol.2 - Actualité manga

Escale à Yokohama Vol.2

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 14 April 2021

Alpha reçoit la visite de Kokone Takatsu, une femme qui, comme elle, s'avèrera être un robot à l'allure très humaine, et qui a pour elle un colis ainsi qu'un message de Hatsuseno, ce maître dont elle attend patiemment le retour. Le message de son maître est simple: il lui demande d'explorer le monde sans se soucier de lui, pour se créer des moments importants dont elle se souviendra plus tard avec nostalgie, quand bien même elle est un robot pour qui il n'y a peut-être pas de différence entre une journée et une année. Quant au colis, il est voué à lui permettre d'aller plus loin dans cette exploration: il s'agit d'une appareil-photo auquel elle peut se connecter, et avec lequel elle pourrait immortaliser quelques-un de ces instants du quotidien.

Cette demande et ce colis du maître ne font que cristalliser un peu plus la vocation phare de la série, nous invitant à savourer le moindre moment. Dans les faits, pour Alpha, cela passe forcément par une escapade pour essayer de prendre des photos, de pousser plus loin sa découverte du monde qui l'entoure, de saisir un moment qui restera gravé en elle, que ce soit une personne ou un paysage... mais le récit d'Ashinano est loin d'être une simple invitation à immortaliser les instants par ces photos: la preuve, Alpha hésite bien souvent à prendre ces fameuses photos... et, avant tout, s'applique à profiter des instants en eux-mêmes.

Et profiter du moindre instant, c'est donc bien ce qu'Alpha fait, que ce soit par exemple un feu d'artifice à la plage de Kamakura, la simple attente du véhicule devant venir rechercher Kokone, un moment calme permettant lui permettant de se réessayer aux protéines animales... Chaque moment, aussi fugace soit-il, a quelque chose à apporter. Y compris pour les autres personnages. La tentative de Takahiro de revoir Misago au bord de la baie, en patientant simplement, lui permet de faire deux rencontres assez captivantes. Et certains souvenirs du papi et de la docteure leur permettent de se remémorer ce moment où, encore jeunes, ils était partis voir une route de bord de mer qui était devenue impraticable et qui a désormais tout simplement disparu.

Le temps reste au coeur de l'oeuvre, que celui-ci s'écoule différemment pour chacun, qu'il se ralentisse au gré de la façon de chacun de profiter du moment présent, voire qu'il semble totalement arrêté à de brefs instants, comme quand Alpha nage de manière hypnotique le temps d'une double-page dépourvue du moindre découpage en cases. Sublimée par le travail visuel d'Ashinano qui trouve toujours le bon angle et le bon découpage, la lecture, alors même qu'elle est courte avec ses seulement 120 pages et quelques, semble pourtant durer une éternité délectable, tant le mangaka sait suspendre les instants les plus simples. Pour les figer dans la mémoire de ses personnages ou dans leur simple plaisir immédiat. Pour nous pousser à observer et comprendre encore un petit peu plus ce monde (où, par exemple, une simple bouteille en verre est devenue une chose très rare). Ou pour nous faire profiter de cette sensation de pure humanité que dégage la femme-robot Alpha, comme quand elle voit Takahiro un peu comme un petit frère.

Enfin, un mot sur l'édition française, puisque nous n'avions pas pu le faire pour la chronique du tome 1. Celle-ci est très plaisante: le papier et l'impression sont de qualité, la traduction de Vanessa Gallon est soignée et colle bien aux personnages (notamment pour le papi avec son parler assez typé), et les pages couleurs ont heureusement été conservées, celles-ci étant joliment imprimées sur papier glacé. Il y en a pas moins de 8 dans ce tome, puisque le chapitre 14, celui où Alpha se baigne, est entièrement en couleurs.
 

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16.25 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






MN Actus
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