Enfer & Paradis Vol.22

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 24 June 2011

"Autrefois, notre institut de formation était un lieu sacré à nos yeux... Un Paradis où les combats se succédaient sans relâche..."

Les membres du club de Juken ont finalement réussi à sceller l'esprit de Souhaku Kago. Ayant prouvé leur toute puissance, ils deviennent alors les indéniables favoris pour devenir les nouveaux Exécuteurs, les actuels s'étant déjà résigné à la défaite vu l'état de leur leader. Pourtant, le pire est encore à venir, car si Nagi a réussi à reprendre ses esprits, le voilà lancé vers une chasse aux monstres réveillés par Kago. Tôt ou tard, l'exorciste Magabaraï sera surpassé par son pouvoir et deviendra un dieu maléfique, déclenchant une guerre de mille ans... Ce jour là, Masataka, Aya, Bob, Maya, et tous les autres auront la lourde tâche de devoir l'arrêter... en se confrontant à l'ultime étape de leur destinée...

Voici donc enfin l'acte final d'Enfer et Paradis, série phare d'Oh! Great qui y aura consacré un tiers de sa vie. On peine à y croire, même une fois le volume acheté et en main, pourtant le moment est venu de se séparer de ces personnages que nous aurons suivi pendant plus d'une douzaine d'années... Pourtant, devant un scénario aussi alambiqué, multipliant les intrigues, pistes narratives, et discours grandiloquents, le lecteur assidu peut également craindre une conclusion ratée, abrupte.... mais l'épaisseur de cet ultime opus nous rassure déjà sur ce point.

On pensait avec certitude que l'affrontement des deux derniers volumes serait le dernier, l'auteur nous surprend avec un vif retour au calme, un réveil serein après une nuit de cauchemar. En réalité, ce n'est là qu'une dernière respiration pour mettre en place la toute dernière pièce de ce gigantesque puzzle, le volume développant un véritable arc final à lui tout seul. Héros souvent malmené dans la saga, Masataka prend ici le rôle de futur sauveur de l'humanité, lors d'une promesse effectuée avec Nagi, instaurant alors le compte à rebours jusqu'au dernier combat. Partant de ce constat, le mangaka prend tout son temps pour dépeindre les derniers évènements d'une époque de paix. Nos héros s'affirment vers un rôle si espéré, leurs adversaires vont sur le chemin de la rédemption, et le fan de la première heure sera comblé de revoir les nombreux visages apparus dans l'œuvre. Chacun des protagonistes que l'on a appris à aimer est tour à tour mis en lumière face à la situation, que ce soit par ses pensées, par des souvenirs revenant à la surface ou même, plus surprenant, par des bribes de leur futur qui révèlera bien des choses. Alors que l'on redoutait un volume dans la plus pure surenchère, étouffant jusqu'à sa dernière page, cette ambiance légère et pacifique constitue un véritable moment de grâce. Tout se passe bien, trop peut-être, et cette plénitude affichée contraste avec la terrible échéance que tous redoutent au fond d'eux. Arrive alors le dernier tiers du volume et un ultime affrontement dont je ne saurais rien dire sans en dévoiler le moindre détail. Chaque héros est allé au bout de son chemin personnel, à chaque lecteur, à présent, de percevoir cette conclusion comme il l'entend en fonction de sa perception de l'œuvre. Mais il y aura un torrent d'émotion au programme, quoiqu'il arrive.

Alors oui, ce dernier volume n'est pas exempt de défauts. Oui, de nombreux passages puent le fan service à plein nez. Oui, le quota mammaire si fatal pour certains lecteurs est bien présent. Oui, de nombreux passages pseudo-philosophiques viennent alourdir inutilement le tome, n'étant pas aidés par une traduction totalement à la ramasse. Oui, Panini a fait un travail encore plus déplorable que d'habitude, avec des onomatopées hideuses et des inversions de phylactères totalement inadmissibles. Oui oui et oui, il y a tant de choses qui pourraient rendre la lecture insupportable, des éléments sans réponses, des personnages laissés pour compte. Et pourtant, tout cela semble bien dérisoire. On ne peut s'empêcher de frémir, de ralentir la cadence des pages, de vibrer aux côtés de ces héros qu'on ne veut pas quitter, et qui nous réserverons des surprises jusqu'aux dernières pages...

C'est donc avec un sentiment très particulier que le tome se referme pour le lecteur assidu depuis les premières heures de la saga. D'un côté, nous voici définitivement rassurés : Oh! Great sait terminer une série dignement, et nous offre même bien plus que ce que l'on pouvait imaginer. Ce dernier opus prend son temps, pour notre plus grand plaisir, pour apprécier une dernière fois cet univers démesuré. De l'autre, c'est aussi la perte d'êtres chers, mais que l'on aura eu l'occasion de revoir et de leur dire adieu. Pour tous ces bons moments, mais aussi pour les mauvais, merci maître Ogure !


Tianjun


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Tianjun

18 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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