Enfer & Paradis - Edition Double Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 22 October 2015

L’institut Tôdô est un lycée spécialisé dans les arts martiaux et accueille aussi bien des combattants d’élire que des clubs de pratiques de combats ancestrales. En quête de pouvoir et de combats, Soichiro et Bon intègrent l’institut, mais y sèment la pagaille, avant d’être arrêtés par les trois redoutables membres du club de Juken. Alors que Natsume s’éprend de Soichiro, Maya prend les deux jeunes débutants martiaux sous son aile pour les fortifier et les préparer aux combats à venir. La pagaille semée par le binôme dans l’institut Tôdô leur a en effet valu les foudres du comité des exécuteurs qui ne laissent passer aucun méfait…

Panini est en grande forme pour rééditer ses titres plus anciens dans des formats doubles, attractifs financièrement pour ceux qui souhaiteraient se lancer dans de longues séries. Enfer et Paradis est l’une des œuvres de l’éditeur dont certains tomes s’arrachaient à des prix d’escroc sur internet, une réédition du chef d’œuvre d’OH ! Great était donc plus que la bienvenue, d’autant plus que les formats doubles de Panini ont une qualité à saluer.

Difficile pourtant pour celui qui ne connaît pas bien la série de bien accueillir les débuts de ce récit qui sont pour le moins déroutant. Les premières pages nous entraînent directement dans l’action et les combats de l’institut Tôdô, si bien qu’une petite lecture de l’introduction du tome ne sera pas de trop pour comprendre le contexte et les enjeux de l’œuvre, et les dessins du mangaka sont d’époques et pour le moins difficile à supporter, la faute à des erreurs de proportion récurrentes du côté des personnages. Mais derrière ces premiers défauts se cache une marge de progression impressionnante pour l’auteur lorsqu’il a écrit son histoire, la suite de cet opus double nous le prouve, il est même un avantage que le lecteur ait affaire à deux opus en un car permet de constater de nombreuses qualités naissantes dans Enfer et Paradis.

Faisons donc fi des premières pages et regardons ce tome d’une manière généraliste : il s’en dégage une alchimie qui rend la série encore très originale à l’heure actuelle. L’accent est mis sur des affrontements martiaux entre différents membres dans un établissement scolaire, rien d’original dit comme ça, mais la recette devient bien plus prenante quand on l’associe à un semblant de comédie sentimentale, mais aussi à un côté érotique très prononcé dans ce premier opus. Le lecteur voit ainsi défiler quelques premières combattantes qui feront plaisir aux plus coquins des lecteurs, ces dernières se retrouvant très souvent en tenues légères quand leurs poitrines ne ressortent pas… Certaines s’adonnent même à quelques petits plaisirs à ne pas montrer aux plus jeunes qui seraient tentés de découvrir la série ! Pour autant, si la série donne l’impression d’aller assez loin par moment, elle ne le fait pas toujours gratuitement. Une séquence assez choquante de ce premier opus est ainsi traitée de manière grave afin de donner à l’un des protagonistes une raison de sortir de ses gonds et d’accepter l’entraînement au sein du club de Juken.

Dans la forme, ce premier tome propose un cheminement classique démarrant par la situation initiale, enchaînant avec un élément perturbateur puis partant vers le traditionnel entraînement martial avant de se diriger vers la confrontation de grande ampleur. Rappelons toutefois que le titre date de la seconde moitié des années 90 et qu’un schéma de ce type faisait fureur à l’époque. Il n’en est pourtant pas moins efficace aujourd’hui puisque OH ! Great a écrit convenablement son scénario pour mener un déroulement simple, mais clair qui laisse rapidement la place à de nombreux éléments phares de l’intrigue, que ce soit le triangle amoureux qui semble se mettre en place ou encore les différentes phases d’action que nous offrent ces débuts de récit.

Les combats sont ainsi des moments forts de ce tome puisque même si l’auteur prend ses marques sur le dessin de ses personnages, les joutes sont dynamiques, explosives et parfaitement chorégraphiées, nous permettant de rapidement nous propulser au cœur de l’action. L’une des influences du mangaka pour son récit est Tekken 3, cela se ressent tant au niveau du style des personnages que dans les combattants et les batailles elles-mêmes qui allient des affrontements martiaux purs à des élans de pouvoirs surnaturels qui constituent l’un des plus gros potentiels de la série et ne demandent qu’à être exploités par la suite, ce qu’Enfer et Paradis fera assurément. Les combats montrent déjà beaucoup d’intérêt, et on sait déjà qu’ils n’hésiteront pas à aller plus loin à l’avenir.

Les personnages présentent aussi cette aura des années 90 particulièrement appréciable, capable de donner une identité à l’œuvre. Ici, Soichiro et Bob sont présentés comme les têtes d’affiche, les protagonistes jouent ainsi sur la combinaison de l’adolescent rebelle et combatif au stéréotype du grand black au physique imposant, un cliché limité dans le sens où Bob n’a pas qu’un simple rôle de faire-valoir envers Soichiro et bénéficie d’une personnalité précise et d’une raison de combattre qui lui est propre et l’oppose d’une certaine manière à son acolyte. Autour d’eux gravitent les trois membres initiaux du club de Juken. Takayanagi est, pour l’heure, un personnage transparent si bien qu’on a presque oublié son prénom à la fin de ce tome, Maya représente le redoutable mentor des héros et Natsume a de quoi embêter par son caractère nunuche. Mais le point commun de tous est leur combativité et le fait que, pour l’heure, même s’ils sont représentés comme des acteurs secondaires du scénario, ils n’en restent pas moins de puissants combattants qu’on suivra avec intérêt et qu’on espère découvrir en profondeur.
Du côté des ennemis en revanche, c’est un peu le néant pour le moment puisqu’on a affaire à des méchants qui sont méchants pour être méchants et ne font preuve d’aucune nuance. Toutefois, c’est bien pour ces raisons qu’on aime voir ces mécréants prendre une rouste par les personnages principaux.

Comme dit précédemment, le dessin d’OH ! Great est particulier sur les premiers chapitres, à cause d’erreurs de proportion sur les personnages très déroutantes, mais ce serait sous-estimer l’auteur que de croire que ce niveau refléterait l’entièreté de la série. Rapidement, le style graphique évolue et les personnages ne cessent de gagner en précision si bien qu’on est impressionnant par la progression rapide du mangaka. Et sachant que celui-ci manie d’emblée les chorégraphies de ses combats, difficile de ne pas être enthousiaste à l’idée d’une suite où l’auteur se sera encore perfectionné. Inutile aussi de dire que ces mêmes progrès rendront les scènes coquines bien plus envoûtantes…

Une fois n’est pas coutume et pour la réédition de l’un de ses titres phares – nous l’avons bien vu avec Saint Seiya : Episode G – Panini a fait un bon boulot pour proposer deux tomes en un tout en garantissant un confort de lecture optimal. Le papier aura certainement tendance à jaunir rapidement, mais il se révèle souple, si bien que l’épaisseur du pavé ne gêne jamais pour tourner les pages. Une page couleur sur papier couché brillant fait office de bonus et la couverture a été retouchée afin de donner une allure plus moderne au titre. On sent alors que l’éditeur cherche à se racheter suite à ses calamiteuses éditions passées.

De nombreuses petites erreurs de début ainsi qu’un scénario assez léger empêchent ce premier tome double d’atteindre immédiatement un niveau d’excellence, mais le potentiel de la série est déjà évident grâce à une histoire qui s’imprègne de différents styles, de combats très bien rythmés et d’une marge de progression graphique extraordinaire pour l’auteur. La fin du tome est rude sachant qu’elle nous laisse au cœur d’une grande bataille, on a déjà hâte de lire la suite.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

14 20
Note de la rédaction






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