Elin la charmeuse de bêtes Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 25 January 2019

En ce début d'année 2019, un nouveau manga d'aventure rejoint le catalogue de Pika Edition, et il s'agit d'un nom qui n'est pas tout à fait inconnu en France: Elin, la charmeuse de bêtes, adapte le roman La charmeuse de bêtes de Nahoko Uehashi (l'une des autrices de fantasy les plus primées au Japon) qui fut publié dans notre pays par les éditions Milan en 2009. Terminée en 11 volumes, cette adaptation manga a été publiée au Japon de 2008 à 2016 dans le magazine Shônen Sirius des éditions Kôdansha, et elle est signée Itoe Takemoto, une mangaka qu'on ne connaissait pas encore en France, mais dont c'est la 2e oeuvre au Japon.


Avec ce récit, on plonge dans un monde imaginaire aux connotations fantastiques de par son bestiaire. C'est dans un village du Royaume de Ryoza que la petite Elin, fillette d'à peine 10 ans, vit avec sa mère Solon, une femme soignant les tôda du village, créatures dragons-serpents qui sont dressées par les humains pour la guerre, mais qui ne peuvent jamais être réellement apprivoisées, tout au plus sont-elles contrôlées. Au sein du royaume, ces créatures sont ce qu'il y a de plus précieux, et en prendre soin est une tâche primordiale, où la moindre erreur peut coûter cher. Il peut alors sembler étonnant que cette tâche ait été confiée à Solon, une "Ahlyo", c'est-à-dire une espèce humaine très mal vue par les autres humains, de par leur grande taille, leurs yeux verts spécifiques, et les légendes et croyances autour d'eux et parlant entre autres de rapports avec des démons. Si Solon tient ce poste, c'est non seulement parce qu'elle a épousé un humain du village à présent mort, mais de qui elle était enceinte d'Elin (brisant alors tous les interdits et tabous), mais aussi parce que ses talents de soigneuse sont certains. Pourtant, de par son statut d'"Ahlyo", la mère d'Elin reste peu aimée par les villageois, et certains semblent clairement attendre qu'elle fasse une erreur pour se débarrasser d'elle... une erreur qui malheureusement arrive. Suite à la mort des Tôda et à l'exécution cruelle et injuste de sa mère, la petite Elin se retrouve orpheline. Mais en s'échappant du village, seule, triste, à moitié morte, elle ne sait pas encore quel destin hors du commun l'attend...


"Ces bêtes ne seront jamais apprivoisées. Et en aucun cas, cela ne doit arriver."


Adapter un roman en manga n'est jamais chose facile: il faut non seulement prendre garde à ne pas décevoir celles et ceux qui ont déjà lu le roman, mais aussi s'appliquer dans la mise en images de tout un univers qu'il faut s'accaparer. Itoe Takemoto ne cache aucunement être fan du roman d'origine, et ça se ressent: elle s'en tire merveilleusement bien dans sa peinture de l'univers imaginé par Nahoko Uehashi. Côté narration, l'autrice s'applique à faire comprendre l'essentiel de cet univers unique : les différentes contrées sont évoquées juste comme il faut pour laisser deviner un monde riche, le statut des Ahlyo et le rôle des tôda est bien posé, on comprend également facilement les choix de Solon vis-à-vis de ces bêtes avant qu'elles succombent (elle ne peut les voir comme des créatures de guerre, devine leur souffrance et leur manque de liberté). Visuellement, la mangaka cherche à offrir des décors à l'ambiance captivante, variant selon les contrées (plaines, montagnes), s'appliquant beaucoup sur la mise en valeur des animaux (comme les abeilles en fin de tome) et plus encore du bestiaire fantastique, les dragons-serpents bénéficiant d'un design réfléchi, pas trop surchargé, mais précis et fascinant. Quant à Elin, il semble difficile de ne pas craquer pour sa frimousse ronde et ses yeux comme des billes, et par sa palette d'expressions qu'elle affiche et qui montrent bien toutes les émotions franches et innocentes qu'une enfant de son âge peut avoir.


A partir de là, il y a peu de chance de rester insensible face à ce que cette enfant est amenée à traverser de moments difficiles, confrontée dès son plus jeune âge à la dureté du monde des hommes, dès lors que sa mère est condamnée à mort de la plus cruelle des manières. Et contrairement à ces hommes qui l'observent avec dédain, on ne peut qu'être touchés de voir une si petite fille tenter désespérément de sauver sa mère, avant que ce ne soit finalement la mère qui suave son enfant dans un ultime geste de bravoure. Le drame marque les premiers pas d'Elin vers sa destinée, mais en elle on décerne déjà franchise et bravoure, mais également des faiblesses qui sont celles d'une fillette venant de perdre sa mère.


Les premiers pas du parcours d'Elin, déjà jonchés d'épreuves douloureuses, mais aussi de rencontres réconfortantes, s'avèrent donc séduisants dans cette version manga. Takemoto met joliment en place l'univers, pose efficacement les grandes bases, installe une héroïne très facilement attachante, sait déjà faire passer son lecteur par différentes émotions... Cela promet une très belle aventure.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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