Divine Meteor Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 06 December 2019

Les éditions Komikku aiment effectuer un certain suivi sur les mangakas qui leur tiennent à coeur, on en a déjà eu plusieurs exemples avec, entre autres, Yûsuke Ochiai (L'île infernale, Anguilles démoniaques, L'ange de l'ombre...), Nokuto Koike (6000, Les Oubliés, Firefly...), Hiroko Nagakura (Rudolf Turkey, Sorcière et Ténèbres), plus récemment Nagabe (L'Enfant et le Maudit, Le patron est une copine)... Ainsi, pour leur retour en novembre après quelques mois de disette, il n'est pas étonnant, en plus du très bon one-shot Le patron est une copine, de les voir proposer en guise de nouveauté la première série de Mikihisa Konishi, qu'elle a dessinée juste avant le sympathique Pétales de réincarnation.

De son nom original Suashi no Meteorite (ou, en anglais, Meteorite of Bare Foot), Divine Meteor est une oeuvre en 5 tomes qui a été publiée au Japon entre 2011 et 2012 dans le magazine Comic Blade de Mag Garden, et qui nous plonge aux côté d'Ariyuki, un lycéen ayant pour seul leitmotiv de mener une vie banale. Ainsi, quand, un soir où il voit une pluie de météorites, il prie Dieu de réaliser certains de ses souhaits alors qu'il n'est même pas croyant, il ne s'attend pas du tout, en rentrant des cours le lendemain, à retrouver sa maison totalement détruite par un tout petit bout de météorite ! Plus improbable encore, le bout de météorite finit par se transformer en une fillette se promenant pieds nus, se nommant Darmir, et affirmant être... un dieu. Et là, c'est le début des ennuis...

Ne traînant pas pour lancer son récit, l'autrice fait toutefois preuve de plus d'une maladresse dans la mise en place de tout ceci, dans la mesure où ses visuels et sa narration sentent vraiment beaucoup l'oeuvre de jeunesse pas très aboutie. Côté dessins, il va malheureusement être difficile d'être tendre: ce n'est pas à la hauteur. les inégalités sont très nombreuses, les postures sont parfois vraiment impossibles sur le plan anatomique (en particulier les bras), les décors sont minimes, les trames sont souvent trop pauvre pour pouvoir vraiment enrichir et approfondir le trait, les brefs moments plus vifs voire axés action n'ont aucune ampleur... En somme, c'est pauvre et limité. Mais on peut tout de même retenir l'efficacité de certaines expressions volontairement très caricaturales et exagérées afin d'appuyer l'humour, et ça tombe bien puisque l'humour est assurément l'un des premiers objectifs de la mangaka dans ce premier volume...

En effet, ce que l'on comprend bien dès les premières pages, c'est que Konishi ne se veut aucunement très sérieuse, du moins pour l'instant, et que pour l'instant elle vise avant tout à amener un certain flot de comportements stupides, de réactions insolites ou de situations décalées. Est-ce que cela fonctionne ? Hé bien, tout dépendra de votre type d'humour bien sûr, mais globalement on a envie de dire oui et non. Certains moments font sourire, d'autres moins. Entre Ariyuki un peu dépassé par les événements et coincé entre ses malheurs et son désir de protéger Darmir, Darmir elle-même qui a des comportements plutôt incongrus de par son statut divin et sa méconnaissance du monde humain, Kameji en meilleur ami à la fois philosophe de pacotille et gros otaku à tendance lolicon, et Kei en prétendante/petite amie autoproclamée beauuucoup trop jalouse, la mangaka arrive quand même à installer des premiers personnages un brin frappés... mais c'est parfois trop, à l'image de certains petits délires lolicon de Kameji qui deviennent assez vite lourdingues et répétitifs. Néanmoins, côté lourdingue, il y a pire à travers l'humour un peu "pipi-caca" dû au contrecoup que subit le héros quand il sert de réceptacle aux pouvoirs de Darmir: il se retrouve à avoir d'interminables maux intestinaux (des diarrhées, quoi). Ca peut éventuellement faire sourire vite fait un certain public, mais le problème est que là aussi la mangaka en fait un peu des caisses en surexploitant l'idée.

Alors, n'y a-t-il donc rien de plus concret à retenir qu'une comédie maladroite et pas très bien construite ? Hé bien si, tout de même ! Certaines idées viennent intriguer quelque peu, à commencer par la menace planant autour de Darmir: d'étranges monstres apparaissant sous forme d'anneaux semblent en avoir après elle, et Ariyuki devra donc se servir des souhaits que la petite déesse lui accorde pour essayer d'arranger plus ou moins les choses. L'idée n'est pas bête, mais il va falloir l'enrichir assez vite pour que le truc ne tourne pas en rond, et heureusement il y a déjà 2-3 petites pistes qui pourraient faire décoller un peu plus le récit plus tard. On pense notamment aux quelques réflexions concernant le statut de dieu, la croyance en l'existence de celui, etc, ou à la toute fin de volume mettant en avant une nouvelle adolescente se sentant trop seule... reste avoir ce que cela donnera.

En somme, on ne va pas dire que ce premier tome de Divine Meteor est vraiment raté, car l'humour peut toucher selon les goûts, le côté loufoque des personnages fonctionne suffisamment, et quelques éléments d'intrigue pourraient apporter plus de consistance par la suite. Mais concrètement, il y a pour l'instant, malheureusement, beaucoup trop de maladresses et d'approximations pour être séduit. Espérons donc simplement que l'oeuvre saura trouver un meilleur rythme, gagner en qualités visuelles et narratives, et consolider ses enjeux, afin qu'elle sorte un tant soit peu du lot !

Reste que l'édition de Komikku est très bonne. La jaquette bénéficie d'un joli vernis sélectif, le papier allie souplesse et absence de transparences, l'impression est très bonne, les choix de polices et d'adaptation graphique sont soignés... Au niveau de la traduction, Masaya Morita sait rester fluide et éviter les coquilles, mais peut-être peine-t-il parfois à faire ressortir le côté burlesque de l'humour.
    

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

10 20
Note de la rédaction






MN Actus
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