Détective Conan Vol.15

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 15 March 2016

Critique 1

Conan, Ran et Sonoko se sont rendus à un voyage à la montagne, hébergés dans un chalet aux côtés d’anciens professeurs d’école. Mais alors qu’une tempête fait rage et coupe la petite bande du reste du monde, l’institutrice fétiche de Ran et Sonoko est agressée et cette dernière aussi. Plus grave encore, l’un des absents des retrouvailles est découvert mort, contre la sonnette d’entrée…

Ce quinzième volume se constitue de la fin de l’enquête introduite dans l’opus précédent ainsi que de deux affaires complètes et une troisième qui s’achèvera dans le tome seize. Globalement, on se retrouve avec un nouveau volume très classique pour la série, ce qui se ressent fortement dans la conclusion du meurtre de début de tome et la seconde enquête complète du volume qui divertissent efficacement par leur ingéniosité, mais ne proposent pas grand-chose d’inédit par rapport à quelques arcs précédents. On retient toutefois le dénouement du meurtre en lieu isolé, à la montagne, qui développe une certaine portée émotionnelle très efficace sur sa fin. L’énigme joue sur le fait que le lecteur refuse que l’une des personnes soit le coupable tant ses liens avec Ran et Sonoko sont importants, Gosho Aoyama fait alors preuve de sadisme dans sa résolution et apporte un dénouement fort touchant.

Le point d’orgue de ce volume est sans conteste l’affaire de kidnapping du groupe des Two-Mix, première véritable investigation complète de ce tome. Pour quiconque ne s’intéresserait pas tant que ça à l’univers de la série, l’histoire s’avère aussi très classique, voire agaçante, à cause de la présence des Detective Boys qui apporte toujours une certaine lourdeur au récit. Pourtant, pour les plus connaisseurs, l’enquête est véritablement réussie par les multiples clins d’œil qu’elle comprend. En effet, les Two-Mix sont un véritable groupe, un duo qui a interprété plusieurs chansons pour la série en plus de quelques génériques de Gundam Wing (dont les paroles l’un d’entre eux, « White Reflection », sont utilisées dans le tome), les amateurs de l’anime ont ainsi droit à des références qui leurs sont connues. Autre point fort qui trouve un écho dans l’histoire, la chanteuse est Minami Takayama, accessoirement ex-femme de Gosho Aoyama et… interprète de Conan dans l’anime ! Le mangaka, en plus d’intégrer son ancienne promise dans son récit, joue habilement sur la question de la voix de l’artiste pour apporter quelques gags bienvenus à ce scénario.

La toute fin du tome ouvre une nouvelle affaire qui, si elle s’avère classique bien que très violente dans le meurtre présenté, fait revenir un des personnages secondaires les plus attachants de l’œuvre. On en attend que peu de la portée de cette intrigue, mais on reste très curieux de connaître son dénouement et d’apprécier l’efficacité du duo Conan/Heiji.

Pour ce quinzième tome, Détective Conan s’offre donc un arc original et truffé de fan service que les amateurs de l’anime apprécieront largement. A côté de ça, le volume reste très classique et les enquêtes bien menées, ce qui en fait un bon tome. Reste qu’on aimerait un peu d’avancée du côté des hommes en noirs mais patiences, car un important chamboulement narratif interviendra dans peu de volumes…


Critique 2

L'affaire du chalet se poursuit. Le professeur Sugiyama a été découvert sans vie, collé contre la porte d'entrée. L'assassin fait savoir à ses victimes que son mobile a quelque chose à voir avec une certaine Minako, provoquant la peur panique chez le professeur Shimoda qui s'enferme dans sa chambre, craignant d'être la prochaine victime du tueur. Tandis que Conan se renseigne sur cette étrange affaire qui lie les différents protagonistes à cette fameuse Minako, le corps de Shimoda est découvert à son tour sans vie dans sa chambre, étranglé à l'aide d'une corde. Mais un mystère vient s'ajouter à tout cela: l'escalier menant au rez-de-chaussée était surveillé et, les fenêtres ne s'ouvrant pas, l'assassin n'a donc pas pu quitter le premier étage. Le coupable est donc l'un des trois autres professeurs, mais l'arme du crime demeure introuvable et la fouille des suspects n'a rien donné. Comment le coupable a-t-il pu faire disparaître l'arme du crime ?

On retourne ensuite à Tokyo où Conan et les Detective Boys font la rencontre de Minami Takayama, la chanteuse du groupe Two-Mix, à la recherche de son partenaire Shiina Nagano qui a mystérieusement disparu pendant les répétitions. Malheureusement, la célébrité se fait enlever juste sous leurs yeux et il apparaît que les deux Two-Mix sont à présent entre les mains des ravisseurs. Comme seule rançon, ils exigent le sac que portait Takayama et qui contient logiquement le mobile de cet enlèvement et ils demandent à ce que ce soit les enfants qui la leur livrent. Protégés par les policiers, Conan et ses amis partent dans une folle course-poursuite à travers Tokyo alors que le grand concert des Two-Mix est prévu dans à peine quelques heures.


Quelque temps après cette aventure musicale, Conan accompagne Kogoro à son club de mah-jong. L'arrivée tardive d'un des joueurs les amène à se rendre sur son lieu de travail où ils le trouvent mort empoisonné dans son bureau. Il apparaît que la victime avait un tic - se mordiller le pouce en comptant ses billets - que le meurtrier pourrait avoir utilisé pour lui faire ingurgiter le poison. Mais sur quoi a-t-il posé le cyanure et comment s'y est-il pris pour empoisonner sa victime à coup sûr ? Tandis que Kogoro et la police mènent l'enquête, les trois suspects principaux ne se gênent pas pour explorer librement les lieux et toucher à tout, compromettant la scène de crime et entravant gravement le déroulement de l'enquête. Les indices ont-ils déjà disparu ?


Enfin, Kogoro Mouri est invité par le président du groupe Nagato qui le charge d'une affaire un peu particulière, Ran et Conan l'accompagnant. Sur place, ils rencontrent le directeur du commissariat général de la police d'Osaka, Heizo Hattori, dont le fils Heiji est le célèbre détective lycéen auquel Conan avait eu affaire précédemment. La famille Nagato s'est justement réunie pour célébrer le soixantième anniversaire du président et le mariage prochain de son jeune fils Hideomi avec sa belle secrétaire Miyuki, une union qui ne fait pas que des heureux parmi les enfants dus à la succession. Surtout, ils voient difficilement comment Miyuki pourrait s'intéresser à Hideomi, un jeune homme mystérieux dont le visage est recouvert de bandages après avoir été sévèrement brûlé dans un incendie, autrement que pour l'argent et pour la position au sein de la famille. Au cours de la soirée, Mitsuaki, l'autre gendre du président Nagato, est agressé dans une chambre par Hideomi qui semble saisi par une folie meurtrière. Arrivant sur les lieux, Conan et Kogoro ne trouvent pas trace d'Hideomi, mais ils découvrent le corps de Mitsuaki empalé contre le grillage à l'extérieur. Où Hideomi, le principal suspect de cette affaire, a-t-il bien pu disparaître et quel est le mobile de ce crime qui semble avoir été accompli de sang-froid ?


Un volume chargé en très bonnes affaires que voilà ! Après une première partie somme toute assez classique dans le volume précédent, l'intrigue du chalet décolle enfin avec l'enquête à proprement parler. Le mystère est relativement accessible et Gosho Aoyama ne fait pas trop d'effort pour cacher l'identité du coupable, préférant s'attarder davantage sur la portée dramatique de l'histoire. Il accomplit cependant un excellent travail de narration à enchaîner les rebondissements qui viennent sans cesse complexifier davantage les choses pour notre héros. Cerise sur le gâteau, la présence d'un étrange journaliste portant un intérêt particulier à Shinichi Kudo l'empêche de résoudre simplement l'affaire, devant trouver une autre manière de transmettre ses déductions. Malheureusement pour lui, la seule solution qu'il a pu trouver vient encore ajouter au drame et c'est une fin particulièrement tragique qui attend cette intrigue.


La seconde affaire crée la surprise, car Conan y côtoie sa seiyu Minami Takayama (et accessoirement future femme de l'auteur) qui est essentiellement mise en avant comme la chanteuse du célèbre groupe Two-Mix, un groupe J-pop très populaire dans les années 90, notamment pour les openings de la série animée Gundam Wing. Une rencontre qui donne lieu à quelques private jokes entre les deux personnages, mais Gosho Aoyama rend surtout hommage à la chanteuse et à son caractère attachant. Toute cette affaire tourne autour de l'enlèvement du groupe avec un seul enjeu: arriver à les libérer à temps pour que les Two-Mix puissent mener leur grand concert qui clôturera cette folle journée. Là où on aurait pu craindre une intrigue sans saveur, force est d'admettre que Gosho Aoyama a magistralement su gérer son coup: l'intrigue est simple, mais efficace, le suspense est prenant, les méchants sont réellement menaçants sans être caricaturaux, et surtout la scène du concert est une réussite totale, transformant en moment d'anthologie un passage qui aurait pu facilement être ridicule s'il avait été mal amené. On ne peut que reconnaître le génie de Gosho Aoyama qui a su gérer si habilement les choses pour faire de cette intrigue risquée un véritable moment d'anthologie qui a indéniablement marqué les fans.


L'intrigue de l'empoisonnement ne déçoit pas elle non plus. Là encore, d'une affaire qui apparaît initialement comme simple, reposant essentiellement sur un mode opératoire bien trouvé et pas forcément évident à deviner, Gosho Aoyama a réussi à construire toute une narration passionnante autour grâce à de multiples rebondissements qui viennent complexifier les choses. On se souvient du tome 13 où l'auteur misait tout sur ses modes opératoires sans prendre le temps de développer ses histoires ou sa narration autour, créant des longueurs énormes qui en ont fait l'un des volumes les plus faibles de la série, à peine satisfaisants. Ce tome prouve qu'il a appris de ses erreurs et qu'il fait à présent tout pour les éviter, trouvant toujours le moyen de relancer l'intérêt et de divertir le lecteur. Ici, son astuce ce sont les personnages des suspects qui prennent un peu trop les choses à la légère au grand dam des enquêteurs: alors qu'ils sont suspectés de meurtre, ces derniers ne se gênent pas pour vagabonder librement et toucher un peu à tout, ce qui aide ultimement le meurtrier à camoufler toute trace de son crime. Dans ces circonstances très particulières, il est d'autant plus difficile pour Conan de trouver le coupable qui est de toute évidence quelqu'un d'extrêmement intelligent. En conséquence, il doit s'adapter au jeu du meurtrier pour arriver à le coincer et cela en devient d'autant plus intéressant que c'est quelque chose qu'on n'a encore jamais vu dans la série jusque là et qui montre toute l'intelligence de Conan qui a plus que jamais un gros coup d'avance sur l'enquête officielle de la police. Ultimement, tout marche dans cette intrigue: d'une histoire simple, d'un mode opératoire simple et d'un mobile simple, Gosho Aoyama est arrivé à complexifier les choses pour créer une affaire qui soit vraiment saisissante et présenter un coupable qui surprend par sa complexité inattendue. Une fois n'est pas coutume, les coupables sont souvent les vraies victimes de l'histoire, mais certains se font simplement prendre en tentant désespérément de s'en tirer tandis que d'autres ont droit à une sortie plus digne. Et celle-ci est indéniablement marquante, venant d'un personnage auquel on ne s'y serait pas trop attendu.


Enfin, une nouvelle affaire d'hommes aux bandages (mais si, souvenez-vous de cette histoire culte du tome 5 qui demeure l'une des plus populaires de la série) démarre en fin de volume. Celle-ci ne présente toutefois que le tout début de l'affaire, présentant les faits et introduisant les personnages, dont quelques-uns récurrents comme le chef de la police d'Osaka Heizo Hattori, le père du détective lycéen Heiji Hattori que nos héros avaient croisé au cours de deux affaires précédentes et qui a tout récemment découvert le secret de Conan Edogawa. A présent qu'il est dans la confidence, l'auteur se plaît à jouer dessus et à développer la relation qui unit les deux rivaux, celle de deux frères qui passent leur temps à se taquiner, mais qui restent inséparables quand il s'agit de résoudre des enquêtes complexes. Les protagonistes de l'affaire se montrent eux très intéressants, à commencer par le nouvel homme aux bandages qui est magnifiquement inquiétant ou encore la jolie secrétaire Miyuki qui est de toute évidence un personnage bien plus impliqué qu'il n'y apparaît initialement, bien que son rôle dans tout ça demeure encore bien flou. Une chose nous apparaît toutefois évidente: Gosho Aoyama nous réserve encore bien des surprises avec cette nouvelle intrigue.


Ce volume de Détective Conan apparaît donc comme une véritable réussite. Outre les qualités habituelles de la série (des dessins très détaillés, une mise en scène parfaitement maîtrisée), l'auteur a vraiment pris le temps de travailler ses intrigues, de les développer pas seulement au niveau de l'histoire ou des modes opératoires, mais aussi dans toute leur narration qui prend le temps de redynamiser sans cesse les enjeux et de divertir le lecteur. Beaucoup de moments d'émotion, beaucoup de suspense et un plaisir de lecture toujours très présent. Tout le sel d'un excellent tome de Détective Conan !


Critique 2 : L'avis du chroniqueur
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17 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

14 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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