Dernier été de mon enfance (le)

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 19 January 2010

Déjà auteur de larme ultime et de fragment, Shin Takahashi nous revient avec ce one-shot volumineux qui est en soit la somme et le résumé d’une carrière d’une douzaine d’année mais qui est actuellement très prolifique. L’exercice de style est casse-gueule car il fait appel à la nostalgie et doit évoquer sans trahir le récit original mais l’auteur réactualise librement « tom sawyer » de Mark Twain.
La figure romanesque de Tom Sawyer symbolise à la fois l’individualisme, le courage et une forme d’enfance espiègle et aventureuse idéale. D’un autre coté, le personnage est d’une honnêteté discutable et bien qu’indépendant, il est égocentrique et, par manque d’éducation, un tantinet raciste. Tom Sawyer perd de son innocence en même temps qu’il renonce à son indépendance pour s’intégrer peu à peu à la société de son époque. Il est d’une certaine façon moins intéressant que son compagnon, Huckleberry Finn qui jusqu’au bout vit en dehors de tout carcan social ou familial.
Shin Takahashi ne retient des écrits de Twain que cette notion de mise à l’écart (ici, plus subie que voulue) et les aspects positifs d’aventure et d’indépendance en nous plongeant dans l’histoire par le retour dans son village natal de Haru.
Artiste un peu bohème, elle est partie vivre à Tokyo, elle retrouve la maison de son enfance vide depuis le décès de sa mère dont elle vient assister aux funérailles. Son retour est mal perçu par les gens du village (la mère d’Haru était considérée comme une sorcière. Le syndrome petit village-petits esprits, sans doute) mais elle se lie rapidement à un gamin du village, Taro.
Le périple qui ne devait durer que quelques jours s’éternise pour Haru et leur amitié va être scellée quand ils assistent ensemble à un meurtre dont ils jurent par le sang de ne parler à personne.
À partir de là, l’histoire suit un cours parallèle à celui de tom-taro-sawyer et Huckleberry-Haru-Finn. Ile maudite, chasse au trésor et grande aventure pour un été qui restera dans leur mémoire comme un bon souvenir nostalgique. Ce qui démarre un peu comme le film « jeux interdits » se termine comme un autre film : Les goonies.
Le style graphique un peu flou de Shin Takahashi déforme un peu les images comme à l’évocation de souvenirs merveilleux pleins de lumières crues et couleurs éblouissantes (pour les quelques pages couleurs du début).
Une histoire qui demande d’avoir vécu et qui fait revivre la dernière grande histoire de son enfance avant le retour à la grise réalité et la perte de l’innocence.


néun11septembre


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
neun11septembre

17 20
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