Dans le sens du vent - Nord, Nord-Ouest Vol.5

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 24 June 2021

Michitaka a disparu sans laisser de traces. Entouré de mystères, soupçonné d'être l'auteur de plusieurs meurtres, le jeune garçon s'est envolé en gardant avec lui toutes ses énigmes, mais en accentuant de plus belle les recherches de Kei pour le retrouver. Seulement, à ce petit jeu, le petit frère de notre héros pourrait bien avoir le dernier mot: alors que les recherches étaient infructueuses, le voici qui réapparaît devant son grand frère...

Dans ce volume, le retour de Michitaka est assurément l'axe principal de l'histoire "fil rouge" de l'oeuvre, et il implique pas mal de choses, à commencer par des retrouvailles tant attendues entre les deux frères. Tous deux prennent un peu de temps calme pour se retrouver, ne serait-ce qu'en cuisinant ensemble pour la première fois depuis longtemps. Et sous l'impulsion de Jacques, le jeune garçon se met même à étudier un peu. Mais bien sûr, ces instants de calme presque ordinaires ne peuvent durer bien longtemps, et trouvent un premier point de chute à travers une nouvelle affaire confiée à Kei, a priori une affaire d'adultère qui révèlera autre chose. Une affaire où Michitaka finira donc par s'en mêler en montrant un certain pouvoir d'attraction, de par sa façon d'amadouer une écrivaine, de converser avec elle longuement pour le bien de l'enquête... Et le jeune garçon reste alors une figure aussi fascinant que nébuleuse: alors qu'il semble si inoffensif voire fragile dans ces instants-là, on a toujours à l'esprit les très solides soupçons de meurtres qui pèsent sur lui. Alors, quand Michitaka affirme à Kei qu'il n'a tué personne, que croire ? En attendant, cette interrogation sordide ne peut que rattraper les garçons, dans une toute fin de volume qui, une nouvelle fois, nous laisse sur un très bon cliffhanger.

Mais même si Michitaka imprègne ce volume jusque sur la jaquette, Aki Irie a également encore bien d'autres choses à narrer, des choses pouvant autant mettre en valeur certains personnages que certains lieux.

Ainsi, parmi les figures principales de la série, c'est une nouvelle fois la ravissante Lilja qui capte largement l'attention, pendant au moins tout un passage où elle et Kei se côtoient encore un peu plus, que ce soit sur les terres sauvages du pays ou dans un café. A travers Kei, on entrevoit une jeune fille qui, décidément, semble en harmonie avec la nature islandaise, écoutant par exemple le bruit du dégel comme si elle le ressentait en son être... A l'image de Kei qui peut entendre les appareils et converser avec, Lilja semble entendre en profondeur les sons de son environnement... et peut-être cela explique-t-il ses dons en musique et en chant, une chose que l'on pourra constater au café, dans une scène de musique/chant muette dégageant un grand pouvoir de contemplation dans son découpage. Une pointe hypnotique voire très légèrement "mystique" qui renforce encore la fascination que l'on peut avoir pour cette jeune fille.

Et côté lieux, la série reste toujours imprégnée de son captivant cadre islandais, dès les premières pages où Kiyoshi se pose une question simple: pourquoi se sent-il attiré par les terres islandaises ? Que lui procurent/apportent-elles ? Puis au fil de différents moments, la mangaka nous immisce toujours aussi bien dans ces contrées. Que ce soit en évoquant les conditions du hors-piste sur des terres si sauvages, en nous invitant à la découvertes des volcans du Laki, des Lakagigar... Sans oublier la référence à l'éruption du volcan Eyjafjallajökull en 2010, qui nous rappelle toute la puissance des éléments sur ces terres hostiles. Ou encore le façon dont l'autrice relie Islande et Japon au travers de deux éruptions s'étant déroulées dans chacun des deux pays la même année, en 1783. Aki Irie, sans cesse, nous imprègne pleinement du cadre islandais. Par ses visuels qui vont jusqu'à nous faire ressentir la terre, foulée au gré des pas des personnages. Mais aussi par cette atmosphère permanente où l'on est comme enrobé par ce qui nous entoure. une idée qui trouve encore un bel écho dans la conclusion de l'affaire d'adultère, avec un Ali cristallisant une fascination pour les lieux chargés d'histoires, qui ont des choses à raconter. Cette faculté à être simplement ému par ce qui nous entoure.

La lecture de Dans le sens du vent est, alors, toujours aussi fascinante. Tout en distillant ce qu'il faut d'éléments dans son intrigue "fil rouge", Aki Irie sublime encore et toujours le pays qui a attrapé son coeur, et sait rendre tout aussi hypnotiques certains de ses personnages. Cerise sur le gâteau, on a droit à un épais volumes dépassant les 260 pages, avec les environ 60 dernières qui se consacrent à 5 petits chapitres hors-séries, mettant à l'honneur un moment de vie d'un personnage (Ishii, jacques, Katla, Lilja et Kiyoshi), bien souvent en lien avec Kei.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16.5 20
Note de la rédaction






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