Chainsaw Man Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 12 March 2020

Tatsuki Fujimoto est un mangaka qui a fait un début de carrière détonant, avec sa série Fire Punch qui avait le mérite de sortir des carcans classiques, ce grâce à une écriture imprévisible, riche en symboliques, et à une patte visuelle d'un auteur ayant beaucoup à montrer.

Alors, apprendre en 2018 que ce même Tatsuki Fujimoto lance sa nouvelle série dans le Shônen Jump, magazine de prépublication légendaire mais cadrant énormément ses titres, a de quoi faire peur, ou au moins se poser des questions. Car c'est cette année que Tatsuki Fujimoto lance Chainsaw Man, son nouveau manga qui a atteint les six volumes publiés pour l'instant. Est-ce qu'une revue aussi ancrée dans ses formules de réussite pouvait convenir à un tel artiste ? C'est en partie l'un des challenge que devait accomplir ce premier tome.

Dans un monde où existent les démons, ces derniers attaquant les humains, le jeune Denji est exploité par un groupe mafieux en tant que Devil Hunter, un chasseur de démons. Mais il n'officie pas seul : il est accompagné par Pochita, un chien-démon-tronçonneuse. Mais quand le duo est trahi par son employeur est attiré dans un guet-apens, Denji et Pochi se retrouvent mortellement blessé. C'est par le sacrifice du petit animal que le garçon connait une issue favorable. Pochi fusionne avec son maître, donnant à Denji un pouvoir de transformation pour le moins particulier. Doté de ce don, avec son compagnon qui vit en lui, le garçon va devoir officier comme Demon Hunter et peut-être réaliser son rêve : celui de vivre une vit ordinaire, loin de la misère.

Derrière un synopsis étonnamment sérieux se cache un premier tome qui, au contraire, se montre particulièrement décomplexé. Car toute l'amorce sombre n'est qu'un préambule, une manière de faire de Denji un être surnaturel, afin que Tatsuki Fujimoto puisse lancer correctement la série. Mais quelques indices indiquent vite le ton de la série : les designs atypiques et grotesques des démons d'une part, et le concept du chien-démon-tronçonneuse, aussi mignon qu'attachant et délirant.

Alors, par ce protagoniste aux pouvoirs de tronçonner ses ennemis, Tatsuki Fujimoto aborde un récit d'action et d'aventure à la forme classique, mais qui se veut libre dans sa tonalité et son ambiance. C'est globalement déjanté à tous points de vue, notamment (et peut-être surtout) du côté des personnages qui s'avèrent difficile à cerner, tant le casting présenté semble barré. Le héros le premier, d'ailleurs, si bien que ce ne serait pas un spoil dramatique que d'indiquer son but a priori ultime : celui de tripoter des paires de seins. Aucun doute, le mangaka a conservé une certaine liberté au sein de son récit, et développe son art avec un titre moins grave que Fire Punch, de quoi possiblement lui permettre de développer un récit plus long, en s'appuyant sur quelques ficelles du genre tout de même.

Et c'est un parti pris qui s'avère appréciable dans ce premier tome, mais qui pourrait vite trouver ses limites à l'avenir. La recette fonctionne ici, pourra réitérer son effet dans le second tome, mais il faudra un peu de progression pour que Chainsaw Man se révèle, à terme, véritablement passionnant.

Car pour l'heure, difficile d'envisager le récit tant les enjeux semblent maigre. Denji a des ambitions plus que grotesques (amenant régulièrement un humour graveleux et peu efficace d'ailleurs), et devra donc évoluer pour avoir quelque chose à proposer au lecteur. Bien sûr, tout est encore possible, surtout avec Tatsuki Fujimoto qui s'est montré imprévisible dans sa série précédente, et qui pourrait très bien réitérer dans ce nouveau titre.

Mais pour l'heure, le récit s'apprécie pour ce qu'il est, et ce premier volume constitue un honnête divertissement. Le tout s'appuie notamment sur le trait si particulier de l'auteur, qui s'en donne ici à cœur joie pour dépeindre des démons aux allures variées, tantôt volontairement vulgaires, et tantôt plus convenues.

Côté édition, Kazé offre un travail très correct. La série prend le format Shônen Up ! classique de l'éditeur, impliquant un papier fin de bonne facture, et une traduction efficace et vivante de Sébastien Ludmann.

Alors, c'est un premier tome aux couleurs de Tatsuki Fujimoto que l'auteur nous offre. Par un ton libre et souvent décalé, Chainsaw Man se révèle, pour l'heure, prenant et agréable. Mais le tout manque encore d'ambition et pourrait tomber dans une formule très répétitive. C'est là qu'on espère que le miracle Fire Punch sera réitéré : le mangaka s'étant montré plein de surprise sur cette œuvre précédente, une direction qu'on espère que ce nouveau titre prendra. Mais, Shônen Jump oblige, peut-être que l'artiste aura moins de libertés...
   

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

13.5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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