Caprices du Jaguar (les) Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 20 May 2019

Après The Dog and Waning Moon et On entend son cri, sans que l'on voie ses larmes, corbeau sous la pluie, le duo Unohana revient dans la collection Hana des éditions Boy's love avec une oeuvre légèrement plus récente. Lancée en 2016 sous le nom Kimagure na Jaguar dans le magazine Arca Comics des éditions Julian, Les caprices du Jaguar est toujours en cours dans son pays d'origine avec deux volumes au compteur, ce qui en fait la plus longue série du duo à ce jour.


Cette fois-ci, Unohana a choisi de nous plonger dans l'univers de la musique, aux côtés d'Arata, un jeune homme qui a toujours adoré la musique et en particulier le rock, si bien que le jour où il a compris qu'il n'avait pas le talent nécessaire à la guitare, il s'est rabattu vers la voie de rédacteur au sein d'un magazine de musique rock. Shiina, son ami depuis l'époque du collège-lycée, a suivi une voie un peu opposée: alors qu'il ne s'intéressait au départ pas du tout à la musique, il a commencé à se prendre de passion pour celle-ci le jour où il a vu Arata jouer de la guitare. Dès lors, lui-même s'est mis à la gratte, et y a montré d'emblée un don unique, un talent inné, de ceux qu l'on qualifie de "légende". Si bien que quelques années plus tard, Shiina est devenu le guitariste de génie du groupe Peg, un groupe devenu hyper populaire au Japon... du moins, jusqu'à ce que Shiina, il y a trois ans, décide soudainement de quitter la scène musicale, laissant derrière lui un groupe et des fans qui espèrent toujours le voir revenir un jour. Depuis Shiina se fait discret, vivote essentiellement en faisant des va-et-vient entre le Japon et l'étranger, où il aide parfois des groupes. Une vie dissolue et indépendante... qui, toutefois, le pousse toujours, au bout d'un certain temps, à revenir voir Arata, son amant de longue date. Arata a beau être parfois lassé par les caprices de ce joueur de Jaguar, il ne peut,à chaque fois, qu'accueillir son retour à bras ouverts, charmé. Et c'est précisément à l'occasion de l'un de ces retours qu'une nouvelle porte vers la scène pourrait enfin s'entrouvrir à nouveau pour Shiina, dès lors que Jinza, l'ancien leader de Peg, et Arata lui proposent de participer à une chanson d'un nouveau groupe Orbita. Alors que Shiina n'accordait jusque-là aucun intérêt aux autres groupes récents et se centrait surtout sur sa personne, il pourrait bien découvrir de nouvelles choses...


Dans ses débuts, le récit suit un schéma on ne peut plus classique, mais assez efficace, permettant de bien installer l'univers musical ainsi que le contexte et surtout les relations entre les personnages. Les choses semblent d'abord se présenter de manière un peu lisse, autour de ce guitariste qui a raccroché en laissant un peu tout le monde en plan, et qui ne revient au Japon que quand il en a envie, pour retrouver son amant de longue date Arata. Mais assez vite, le scénario finit par montrer un peu plus de choses: on découvre vite fait les anciens musiciens de Peg qui espèrent toujours le retour de Shiina, on comprend brièvement pourquoi ce dernier a choisi de raccrocher soudainement, on voit qu'il commence à s'intéresser un peu plus aux autres dès lors qu'il découvre la musique d'Orbita, on voit renaître en lui le lent désir de remonter sur scène... et, surtout pendant plus de la deuxième moitié du tome, on assiste à un retour en arrière depuis l'époque du collège-lycée, qui permet de mieux appréhender la relation qu'ont bâtie les deux personnages principaux, aussi bien musicalement que sentimentalement. Là aussi le déroulement est plutôt standard, mais il est clair et on y comprend bien le ressenti des personnages, d'autant qu'Unohana est généralement assez introspectif sur Arata. Le seul bémol dans tout ceci, c'est que la narration, linéaire et très classique, manque parfois un peu d'émotion. Par exemple, même si l'on cerne en Arata un homme qui reste un peu endolori par son manque de don à la guitare, on n'en est pas vraiment touché.


Côté dessin, on retrouve le trait plutôt précis et un peu anguleux du duo, ainsi que les yeux assez fins et les lèvres épaisses qui offrent un certain cachet et un aspect souvent assez mûr. Le découpage et les cadrages ont beau être souvent classiques eux aussi, Unohana y montre souvent une bonne maîtrise de l'espace, et sait amener quelques planches plus intenses, notamment par l'application précise de trames, ou par l'absence d'onomatopées lors des brefs moments musicaux.


Il s'agit donc d'un début classique dans son déroulement, mais plaisant à lire, car fluide et porté par des héros qui, petit à petit, parviennent à se faire assez intéressants. Au niveau de l'édition, en dehors de quelques rares coquilles d'inattention dans les textes, c'est du bon travail: la traduction d'Aline Kukor est limpide, le papier est souple et dépourvu de transparence, l'impression est convaincante, et on a droit à une première page en couleur.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

14 20
Note de la rédaction






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