Bungô Stray Dogs Vol.17

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 14 January 2021

Chronique 2 :

Tandis que Dazai poursuit son duel tactique contre Dostoïevski depuis la prison de Meursault (un nom sans doute pas choisi au hasard puisque Mersault est le nom du personnage principal du roman L'Etranger d'Albert Camus, personnage lui-même arrêté et emprisonné) et que Fukuzawa fait bientôt face à une vieille connaissance en le leader des Chiens de Chasse Genichirô, Atsushi et Kyôka, de leur côté, tentent tant bien que mal d'échapper aux dits Chiens de Chasse pour trouver comment prouver l'innocence des Détectives armés, ces derniers étant toujours accusés des crimes commis par les Cinq Anges Déchus. Une piste s'offre à eux en la personne de Mushitarô Oguri, un ancien ennemi qu'ils doivent désormais atteindre et convaincre de les aider. Mais la tâche s'annonce ardue: il va falloir infiltrer une banque, au risque de bien vite attirer l'attention d'adversaires supplémentaires et notamment d'un certain Ango Sakaguchi, un home au pouvoir particulièrement utile...

Si Bungô Stray Dogs joue actuellement sur un rythme particulièrement soutenu, c'est à nouveau le cas avec ce 17e volume qui, à son tour, apporte sa part d'action et de rebondissements, sous le trait toujours aussi léché de Harukawa35. Le mangaka et son scénariste Kafka Asagiri s'en donnent à coeur joie pour toujours proposer un petit lot d'imprévus, de dangers, de nouvelles donnes, que ce soit via la rapide infiltration, l'évasion rendue assez compliquée par les présences ennemies, puis par la suite via l'incursion dans un état-casino ennemi... sans oublier l'inquiétude que peuvent susciter certains ennemis d'ores et déjà redoutables, à l'instar de la bien ravagée Teruko des Chiens de Chasse !

Mais au-delà ce ce rendu toujours rythmé et accrochant sans difficulté le lecteur d'un bout à l'autre, c'est également l'histoire qui continue d'avancer à son rythme, en prenant même soin d'apporter son nouveau petit lot d'informations et de brefs abords de personnages. Côté personnages, on sera notamment content de retrouver cette chère Montgomery pour un nouveau rôle délicat, tout comme on restera intéressé par le petit tiraillement de Tachihara concernant son rôle double, ou que l'on attend désormais des nouvelles de Kunikida qui est porté disparu. Et côté informations, on prend compte de l'évocation de nouvelles choses comme la Septième Institution, on apprend enfin comment Dazai parvient à communiquer avec l'extérieur, on entrevoit un petit peu plus qui sont en réalité les Anges Déchus...

Finalement, le principal regret dans tout ça, c'est que les éditions Ototo aient cru bon de proposer en quatrième de couverture un résumé parlant d'événements qui n'ont pas lieu avant le dernier tiers du tome, alors qu'il y a un paquet de choses avant. Mais en dehors de ça, l'arc le plus long et le plus ambitieux de Bungô Stray Dogs suit ici efficacement son cours, en nous promettant une suite toujours aussi animée.


Chronique 1 :

Les Détectives Armés sont en mauvaise posture depuis que les pouvoirs du « Livre » ont fait d'eux les ennemis n°1 du pays. La situation en s'arrange pas quand Michizô Tachihara, membre de la Mafia Portuaire censé venir en aide à nos fugitifs, s'avère être un traitre appartenant aux Chiens de Garde de l'armée. Dans cette situation critique, Atsushi et Kyôka infiltrent une bande solidement gardée pour y retrouver l'un de leurs anciens ennemis, le seul qui pourrait leur venir en aide. Et dans leur évasion effrénée, nombreux seront les rebondissements, l'action se déplaçant ensuite vers un luxueux Casino trônant dans les cieux, appartenant à l'un des cinq Anges Déchus...

L'arc actuel de Bungô Stray Dogs est particulièrement trépidant, notamment parce que nos héros sont placés dans une situation inédite et n'auront jamais été à ce point en danger. Le retournement de situation qui achevait le volume 16 n'a rien arrangé, même si cet aspect sera presque passé sous silence, l'intrigue se concentrant alors sur Atsushi et Kyôka, et sur la quête périlleuse que tous deux doivent accomplir.

A partir de là, Kafka Asagiri et Harukawa 35 s'en donnent à cœur joie pour dépeindre une véritable course-poursuite intense, plantant au passage ce qui pourrait être la seule issue positive pour nos combattants de l'Agence des Détectives Armées. Alors, les rebondissements fusent, et plusieurs personnages minutieusement préparés en amont prennent une importance plus significative au cours des événements, preuve que le scénariste continuait de préparer tout son arc comme il planifiait les coups sur un immense échiquier. Une comparaison tout à fait pertinente puisque tout ceci n'est finalement qu'un immense jeu en Dazai et Dostoïevski, chacun ayant placé ses pions en amont et gardant un impact sur la situation actuel. Aussi irréaliste que cela puisse paraître, la recette fonctionne tant l'adrénaline demeure efficace.

En dehors du divertissement efficace, on apprécie aussi un certain recadrage au sein de cet opus. Il faut dire que les factions qui constituent Bungô Stray Dogs sont nombreuses, et le casting logiquement dense, si bien qu'on peut parfois se perdre après 17 volumes, concernant les figures plus secondaires. L'intelligence du récit vient alors de sa manière à regrouper cet ensemble, balayant l'idée d'une intrigue confuse. Chaque force en place prend un sens, et on peut comprendre où les auteurs souhaitent nous mener avec ce volume qui parvient à utiliser justement quelques personnages qui méritaient leurs coups d'éclat. Certes, certains rebondissements peuvent sembler faciles, mais ils demeurent particulièrement efficace dans cet arc aux tonalités si intenses.

Le titre continue donc sur sa très bonne lancée, via un arc qui ne perd en rien de sa nervosité, bien au contraire. Les factions en place se rassemblent autour d'un point commun, petit un petit, tandis que le lecteur y voir désormais plus claire dans tout ce qui était préparé en amont. Le shônen d'action de Kafka Asagiri et Harukawa 35 conserve sa qualité et ne perd pas en intérêt, tandis que la série approche de la vingtaine de volumes.
   

Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

15.5 20
Note de la rédaction






MN Actus
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