Bungô Stray Dogs Vol.16 - Actualité manga

Bungô Stray Dogs Vol.16

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 07 September 2020

Chronique 2 :

La situation est devenue dangereuse et ingérable pour les Détectives armés, manipulés comme il se doit par les ambitions de l'esprit brillant de Dostoïevski, ce dernier parvenant impeccablement à gérer ses affaires depuis sa cellule de prison. Fukuzawa a dû se livrer, Kunikida est porté disparu, nos héros sont parfois séparés les uns des autres, et tous doivent se méfier des "chiens de chasse", quintet d'élite de la police militaire, dont les membres ne les lâcheront pas tant qu'ils ne seront pas éliminés... Les Détectives armés ont-ils encore la moindre chance de s'en sortir ?

Après un 16e opus particulièrement prenant dans sa déferlante d'action et dans ses enjeux et climax, on retrouve nos héros parfois séparés, mais tous contraints d'agir au plus vite pour trouver des solutions face à une situation qui les dépasse complètement. Tandis que Dazai, qui s'est fait incarcérer, entame un véritable duel psychologique intrigant contre Dostoïevski, sur le terrain le duo Atsushi/Kyôka cherche à trouver de l'aide auprès d'un ancien ennemi, Fitzgerald, l'ex leader de la Guilde: son pouvoir des "Yeux de Dieu" serait effectivement fort utile pour retrouver Mushitarô. Mais l'homme a une demande à faire concernant sa précieuse Mitchell, dans un triste état: il a besoin du pouvoir de Yosano pour la soigner. Pendant ce temps, Yosano, Miyazawa et Tanizaki partent à la rencontre d'un autre rival, le leader de la mafia portuaire. Mais pour accepter la demande d'aide lancée par Fukuzawa, Ôgai Mori a, lui aussi, une demande précise: qu'il lui cède l'un des membres des Détectives armés. Et Fukuzawa a beau exiger que Yosano ne soit pas choisie, c'est précisément elle que Mori veut récupérer...

Vous l'aurez donc compris: Si Akiko Yosano s'affiche en plein centre de la jaquette de ce tome, c'est bel et bien parce qu'elle devient au coeur de l'intrigue ici. Jusqu'à présent charismatique mais plutôt discrète, la doctoresse devient, le temps de cette partie, un enjeu central où chaque camp semble désireux de se l'accaparer, et c'est précisément ce qui réveille en elle de très douloureux souvenirs liés à son passé, à son pouvoir qui, selon elle, n'a pas toujours eu que du bon... Ainsi, pendant quelques dizaines de pages, Kafka Asagiri et Harukawa 35 dévoilent enfin toute une part importante de l'enfance de la jeune femme une enfance marquée à vie par bien des drames, alors que la guerre était encore là et qu'Ôgai Mori tenait la fillette sous sa coupe à une époque où il n'était encore que le médecin attitré de la Mafia. Le récit est ici particulièrement prenant pour ce qu'il nous dit du contexte passé de la guerre ou des prémisses de la formation des Détectives armés, ainsi que pour le portrait assez terrible fait de Mori dans la manière dont il a exploité Yosano. Mais c'est bien tout le travail effectué sur Akiko elle-même qui capte le plus l'attention: en une poignée de pages, les auteurs exposent avec force, dureté et émotion les possibilités terribles du pouvoir de la demoiselle s'il est exploité à mauvais escient, ainsi que l'origine de son surnom d'"ange de la mort" ou, tout simplement, le sentiment de culpabilité peut-être injustifié qu'elle a pu garder en elle depuis cette époque, à cause de ce pouvoir...

"Perdre, c'est le droit de tout humain... et je leur ai volé."

C'est alors avec tout ceci en tête que l'on suit un récit toujours aussi mouvementé, avec son lot de coups durs, de blessés, de retournements de situations haletants... C'est en particulier sur certaines interrogations que le duo d'auteurs joue très bien. Comment la police militaire peut-elle si bien prévoir les agissements de nos héros ? Y aurait-il un traître ? Peut-on faire confiance à Fitzgerald ? Sur cette dernière interrogation, Atsushi est persuadé que oui... Enfin, qui peut donc être le mystérieux 5e et dernier des "chiens de chasse", dont les capacités folles mettent grandement en péril toute possibilité d'échapper au pire pour les Détectives armés ? La réponse à cette interrogation risque fort d'être difficile à vivre pour Yosano, qui se voit rattrapée par son passé, et tout ceci nous laisse sur un climax particulièrement tendu et frustrant en toute dernière page.

Décidément très prenant, l'arc actuel s'offre un 16e volume qui, à l'instar du tome précédent, séduit dans son rythme, dans sa tension, dans ses retournements de situations et dans ses coups de théâtre, avec en prime cette fois-ci un excellent approfondissement de Yosano, la doctoresse des Détectives armés n'ayant jamais été autant en vue. Nos héros, bien souvent dépassés par les événements, n'ont jamais semblé autant acculés, ce qui rend l'attente jusqu'au prochain tome d'autant plus insoutenable.


Chronique 1 :

Les « Chiens de Chasse », autrement dit les forces spéciales de la police militaire, se sont lancées aux trousses des Détectives Armés suite à l'utilisation des pouvoirs du Livre, qui a fait d'eux des criminels aux yeux de tous. Pour sortir ses compagnons de ce mauvais pas, Atsushi demande de l'aide à son ancien ennemi, Fitzgerald. Mais ce dernier n'acceptera que si Yosano parvient à soigner Mitchell, encore dans le coma. En parallèle, Yukichi Fukuzawa rencontre Ôgai Mori, le chef de la Mafia Portuaire. Ce dernier mettra ses hommes aux services des détectives à une condition : que Yosano rejoigne ses rangs...

Après un trépidant quinzième tome garni d'action et de rebondissements, on restait curieux de découvrir l'évolution d'un arc dont les enjeux dépassent largement les Détectives Armés. Osamu Dazai libre une véritable partie d'échec en prison contre Dostoïevski, tandis qu'Atsushi rencontre Fitzgerald et que la Mafia Portuaire vient en aide à nos héros, contre une rétribution précise... Énormément d’interactions majeures donc, qui laissaient aussi perplexe que captif.

Et si l'opus précédent se centrait en grande partie sur l'action et quelques combats directs contre les fameux Chiens de Chasse, ce tome seize revet une allure un chouïa différente puisqu'il se concentre plus globalement sur ses personnages. Le docteur Yosano, personnage discret jusqu'à présent, prend notamment une certaine ampleur, et Kafka Asagiri ne loupe jamais une occasion de faire le jour sur certaines zones d'ombre pour étoffer le background de l'Agence et de la Mafia Portuaire. Difficile de savoir si cette écriture était prévue de longue date, mais en apprécie la densité apportée en casting, sans cesse.

Et entre deux flashbacks, le récit principal sait évoluer en prenant la forme d'une course poursuite, toujours entre les Chiens de Chasse et certains de nos héros, maintenant soutenus par d'anciens ennemis. L'intrigue entretient alors une belle tension, tout en se payant le luxe d'une intensité sur un mystère particulier : L'identité du dernier détenteur de pouvoir des forces spéciales. La réponse finit par être donnée, et elle est étonnante puisqu'elle prouve que les développements du volume n'ont rien d'anodin. Les répercussions pourraient être importantes, aussi on a déjà hâte de voir ce que le dix-septième volet nous réserve à ce sujet.

Kafka Asagiri et Harukawa35 maintiennent donc l'efficacité de l'arc en cours avec un tome particulièrement saisissant d'un bout à l'autre, qui oscille entre développements de personnages, scènes d'action qui font progresser la confrontation entre Détectives et Chiens de Chasse, et mis en place d'éléments qui serviront sans doute ultérieurement. C'est une vraie partie d'échec aux enjeux forts qui se jouent sous nos yeux, pour un résultat particulièrement captivant. Bungô Stray Dogs est clairement dans une très bonne phase, et on espère que ça durera sur la longueur.
   

Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16.75 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

16 20
Note de la rédaction






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