Blue Flag Vol.5 - Actualité manga

Blue Flag Vol.5

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 12 June 2020

Chronique 2

Peut-être involontairement, avec une maladresse et une innocence qui la caractériseraient presque, Futaba, pendant le festival, à lâché à Taichi des mots qui ne laissent plus aucun doute sur les sentiments qu'elle éprouve pour lui. Tous deux timides et maladroits, les deux adolescents poursuivent les festivités, avec en point culminant le feu d'artifice qu'ils passent aux côtés de Tôma et de Masumi, et bien sûr les cadeaux d'anniversaire pour Taichi. Le premier chapitre, très bien mis en scène, joue ainsi sur pas mal de jolies choses: le brouhaha du feu d'artifice (bien rendu par les onomatopées envahissantes) puis le "silence" juste après qui semblent faire écho aux émotions de nos héros, l'amitié simplement présentée avec douceur via le moment passé ensemble ou les cadeaux d'anniversaire, le visage mélancolique de Masumi ou les petits gestes presque imperceptible de Tôma qui en disent long sur l'état d'esprit qu'ils gardent au fond d'eux jusqu'à nous toucher... Mais voila, ça y est bel et bien: Taichi et Futaba sortent ensemble.

Cet état de fait tout simple et forcément attendu est donc présenté avec beaucoup de douceur et de subtilité dans un premier chapitre presque enivrant, qui marque une avancée importante dans le récit. On a forcément une pointe de peine pour Masumi et surtout pour Tôma, mais il est également impossible de ne pas ressentir du bonheur pour Taichi et Futaba, si timides et mal dans leur peau au début et ayant bien évolué ensemble, surtout notre héros qui ne pouvait pas supporter Futaba au tout début de la série. Mais les voila désormais ensemble... prêt à affronter de nouvelles épreuves ?

Car forcément, pour de adolescents qui ont toujours été si incertains, qui restent maladroits, et qui découvrent tout juste l'amour et la relation de couple avec pureté, des problèmes vont forcément se poser. Il y a la gêne, la difficulté de continuer à s'exprimer l'un envers l'autre de manière tout à fait naturelle comme avant, la difficulté de se dire parfois clairement ce que l'on souhaite... Cela peut apparaître très, très classique pour de la romance de ce genre, et globalement ça l'est, mais le style et le ton du mangaka font souvent la petite différence, de par la beauté de la mise en scène, les non-dits où le lecteur cerne doucement le ressenti des personnages alors qu'eux-mêmes n'arrivent pas vraiment à bien se le dire, l'application qu'il met pour décortiquer en finesse ces adolescents sans avoir besoin de trop en dire...

Les premiers moments de la "vie de couple" de Taichi et de Futaba sont alors forcément maladroits, et sans doute y a-t-il deux éléments qui témoignent plus encore de cela. En premier lieu, les questions liées à l'avenir après le lycée: Taichi et Futaba envisagent d'aller dans la même fac, Taichi semble même s'en faire déjà une joie... mais peut-être, dans son inexpérience, n'a-t-il pas encore conscience du trouble que l'on devine en Futaba, qui suit les conseils qu'on lui donne alors que dans le fond elle semble beaucoup plus désireuse d'intégrer une fac horticole plus modeste pour faire ce qu'elle aime.

Et en deuxième lieu, il y a le cas d'un personnage en particulier, sans doute celui qui brille le plus dans ce tome: Mami. Tournant autour de Tôma depuis le début de la série, parfois même de manière humoristique, un peu comme une groupie qui serait un poil encombrante, la jeune fille se met soudainement à se rapprocher de Taichi... Mais pour quelles raisons ? Quelles sont ses intentions réelles ? On semble forcément le deviner, mais pendant ce temps c'est en Futaba que ça jette le trouble. Sur ce point-là, il faut avouer que, cette fois-ci, l'auteur montre quelques petites longueurs avec des situations qui signifient la même chose, mais au bout du compte il y a deux choses à retenir. D'un côté, la manière dont Futaba continue d'avancer. Timidement, mais d'avancer, en osant dire ce qui lui déplaît. Et, d'un autre côté, à quel point l'auteur, depuis le début de la série, nous a complètement entourloupé sur le personnage de Mami.

"Je ne suis pas vous. Je ne peux pas deviner à quoi ressemble l'amie parfaite pour vous !"

Car Mami, personnage un peu secondaire jusque-là, apparaissait donc plutôt comme une groupie de Tôma, comme une jolie fille presque écervelée, presque un petit peu égoïste et peste même pendant une partie de ce tome. Tout naturellement, on a sûrement été amené à juger cette adolescente que, dans le fond, on ne connaissait pas du tout jusque-là, puisque rien n'avait encore filtré sur son vrai fond. Et partir de là, la dernière partie du tome agit vraiment comme une petite claque, en accablant autant nous lecteurs que des personnages connaissant mal son histoire. Kaito enrichit alors son récit d'une nouvelle thématique très forte, d'autant plus forte que nombre de paroles et de pensées de Mami sonnent avec une certaine violence, en contraste avec le reste du volume qui est globalement plus doux. Des thématiques autour de l'apparence, du mal qu'elle peut faire, du désir de ne pas voiler ce qu'on est, des répercussions que cela peut avoir sur le regard que les autres nous portent... C'est d'autant plus juste qu'à travers Mami, c'est aussi un autre personnage, Shingo, qui y gagne un peu plus, au vu du comportement qu'il a toujours montré pour son amie.

"C'est une raison pour ignorer une pote qui pleure ? Si c'est ça la normalité, je préfère être bizarre !"

On a donc ici un volume malin et, une nouvelle fois, de qualité. Après des développements Taichi/Futaba classiques mais bien rendus avec subtilité, arrive le "choc" autour de Mami, jeune fille qui se voit développée intelligemment, vite et très bien, à grands renforts de phrases percutantes qui sonnent très juste. La demoiselle n'est désormais plus une simple figure secondaire, on espère d'ailleurs qu'elle continuera d'être développé à l'instar des autres héros, mais dans l'immédiat ce sont aussi les toutes dernières pages entre SHingo et Tôma qui piquent l'intérêt de plus belle...


Chronique 1

Le feu d'artifice résonne dans le ciel, tandis que la relation entre Taichi et Futaba est scellée. C'est l'anniversaire du jeune homme, en même temps que démarre sa relation amoureuse avec celle qu'il méprisait, du moins autrefois.
Tandis que le nouveau trimestre débute, les deux tourtereaux, plein de candeur, ont du mal à se comporter l'un envers l'autre comme auparavant. A ce moment, Mami, une des amies de Tôma, se rapproche étonnamment de Taichi. Aurait-elle jeté son dévolu sur le garçon ?

Le volume précédent de Blue Flag faisait drastiquement évoluer la relation entre Taichi et Futaba, deux des trois têtes centrales de la série, jusqu'à atteindre un point de non retour. L'image des feux d'artifice traitent la chose avec une certaine apothéose, rendant la séquence assez forte malgré la petite douleur qu'on est en droit de ressentir pour Tôma, qui a pourtant droit à son joli moment. Malgré les joies et les peines ressenties par les protagonistes, la série de Kaito conserve sa pureté, chose qu'on apprécie toujours autant.

Par la suite, c'est un véritable nouvel arc narratif qui est entamé, symbolisé par le début du nouveau trimestre. L'occasion pour l'auteur d'aborder les balbutiements du jeune couple, aussi la naïveté qui règne entre Taichi et Futaba reste très mignonne, clichée, dirons certains, mais très en phase avec le caractère des deux personnages. L'auteur prenant souvent soin de croquer les tourments adolescents, il fait la chose avec efficacité dans ce volume.

Mais qui dit nouvel arc dit nouveaux déboires, aussi c'est l'entrée en scène de Mami qui va mettre le feu aux poudres. Le personnage était apparu assez furtivement jusqu'à présent, et il prend une couleur facilement notable puisque le rôle d'entremetteuse semble lui être donné... A moins que ce soit un piège tendu par le mangaka ? Ce dernier manipule alors notre jugement, jusqu'à nous faire croire à un intervenant supplémentaire dans cette intrigue amoureuse, chose qui serait assez banal. Alors, on est tenté de juger Mami, de la mépriser peut-être, même... Jusqu'à une séquence clé qui donne tout son sens à la direction prise par le scénario.

Kaito aborde alors de nouvelles idées plutôt renversantes, tant elles sont rares dans ce genre de titres. Mami prend plus d'ampleur tout comme le mangaka, comme s'il passait par son personnage au caractère bien affirmé, développe ses idées de manière presque incisive. C'est d'autant plus marquant qu'à grand renfort de flashbacks et autres développements de la demoiselle, son propos se révèle toujours plus fort, de telle sorte à créer chez le lectorat un regard nouveau pour le personnage de Mami. On ne s'attendait certainement pas à ça lors de son introduction, et c'est un excellent développement qui nous est offert, en plus de nous prendre à contrepied sur le plan de la narration du récit.

Blue Flag se poursuit donc avec un cinquième tome entre la naïve euphorie et la mise en relief de nouvelles idées toujours fortes, preuve que le mangaka cherche à aborder l'Adolescence et les tracas qui peuvent en découler avec justesse, tout en se permettant de jeter un regard acerbe sur une partie de la société. C'est fort et juste, et le tome se paie même le luxe de s'achever sur une note de suspense qui laisse présager que la suite s'orientera de nouveau vers le personnage de Tôma.
   

Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15.5 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

16 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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