Beyond the Clouds Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 24 September 2018

Chronique 3:
  
Les éditions Ki-oon poursuivent leur projet d'édition de séries originales avec des auteurs japonais, cette fois avec Beyond the Clouds. Signée par la jeune mangaka Nicke, la série a d'abord au droit à un aperçu dans le Ki-oon Mag paru début 2018, avant que le premier tome soit proposé durant l'été, à l'occasion de Japan Expo. Gros succès d'ailleurs pour ce premier tome dont les exemplaires se sont vendus comme des petits pains, un succès appuyé par la mise en avant de la série sur le stand de l'éditeur et la venue de l'autrice sur le salon. Et force est de constater que rien que par sa couverture, ce premier volume a de quoi attirer l'oeil et nous enchanter...
Théo vit dans la « ville jaune », une cité surnommée le royaume des artisans, camouflée par les vapeurs des usines. Le jeune garçon n'a jamais eu la chance de voir les étoiles, aussi il trouvait autrefois refuge dans la littérature et les incroyables aventures qu'ils découvraient dans ses ouvrages. Maintenant, Théo a un peu laissé la lecture de côté, il travaille dans un atelier où l'ambiance y est conviviale. Le garçon a toutefois trouvé un nouveau moyen de s'évader : se rendre dans ce qu'il appelle l'île des rêves. Cette décharge abrite monts et merveilles pour le jeune homme, mais rien de comparable à l'étonnante découverte du jour : une petite fille pourvue d'une aile, la seconde lui ayant été arrachée.
Tandis que Théo se prend pour la jeune fille, Mia, il apprendra aussi à ses dépens qu'une humaine ailée attire l'attention, et qu'il se doit de veiller sur elle...
Particulièrement attendu, ce premier tome de Beyond the Clouds est le parfait synonyme de l'évasion. C'est précisément ce qu'on attendait du titre tant les illustrations de Nicke attiraient l’œil avant parution de l'ouvrage : les tons des visuels colorisés, très pastel, se mariaient efficacement avec le trait tenu de l'autrice, dépeignant des univers aux allures steampunk et des personnages jeunes et mignons. Ainsi, la mangaka mise sur cette dimension d'émerveillement dès les premières pages, à travers des planches pleines de métaphores visuelles et un univers imaginaire séduisant par son côté daté, ses structures boisées et ses nombreux éléments rappelant l'ère industrielle. Le volume, dans sa globalité, ne s'éloignera jamais de cette volonté de faire découvrir tout un monde aux lecteurs, la fin de ce premier tome nous amenant dans un relief complètement différent et aux inspirations différentes, plus proches d'un Ghibli si on veut citer une valeur sûre et universelle.
Une sensation de douceur particulièrement bien dépeinte par la première partie du tome qui se concentre énormément sur la rencontre entre Théo et l'attachante Mia. Nicke développe efficacement le binôme sous l'angle d'un frère et de sa jeune sœur, le protagoniste incarnant parfaitement la figure bienveillante cherchant sans cesse l'épanouissement de Mia et sa sécurité. En résultent de nombreux instants touchants, ne seraient-ce ces petites séquences du quotidien où Théo lit, chaque soir, un de ses vieux ouvrages à Mia, ce qui suffit à rendre le ton apaisant et les personnages attachants.
Nicke ne se contentant pas de cette atmosphère pleine de douceur, ce premier tome va progressivement vers des points scénaristiques un peu plus sombres, sans toutefois être effroyable. La fièvre de Mia en fin de volume ou encore la séquence où des ravisseurs tentent de mettre la main sur elle sont des bons exemples, rappelant que la jeune fille est entourée de nombreux mystères qui devront être résolus dans la suite du récit. Quelque chose de plus mystique semble se cacher derrière Beyond the Clouds. Aussi, malgré un scénario un poil prévisible, certains choix d'intrigue camouflent clairement des éléments certainement plus inattendus, dont on attendra avec plaisir la découverte dans les prochains volumes.
Reste que malgré quelques points d'intrigue un peu classiques, on se laisse volontiers prendre par le titre, ses personnages, son univers, et surtout son atmosphère assez unique. Le style graphique de Nicke est clairement le gros point fort de Byond the Clouds tant il croque à merveille le monde fictif de l'autrice, en plus de rendre particulièrement vivant des personnages déjà attachants de base. Des expressions de visages mignonnes, mais aussi, souvent, pleines de douceur, ou encore des environnements que la mangaka cherche à dépeindre à plusieurs reprises en y mettant toute son aura visuelle... L'esthétique de Beyond the Clouds est à appel à l'émerveillement, , rendant la lecture de ce premier tome au moins apaisante. Mais la série ne pourra pas se reposer sur ces qualités, aussi on en attend un peu plus du côté du scénario pour les prochains volets.
Du côté de l'édition, Ki-oon propose un excellent travail, prouvant les attentes de l'éditeur sur le site : pages couleurs, couverture brillante au grain assez dense, papier d'excellente facture, traduction efficace de Fédoua Lamodière, et une très sympathique et instructive interview de Nicke en fin d'opus. On sent alors que Ki-oon mise beaucoup sur Beyond the Clouds, à juste titre.
Chronique 2
Nouveau titre mis en avant par Ki-oon, « Beyond the Clouds », créé par Nicke, nous plonge dans un univers assez intriguant au côté de Théo, un jeune mécanicien qui va recueillir une jeune fille avec des ailes. Malheureusement, une de ses ailes est brisée, Théo lui promet alors de lui en construire une nouvelle, pour qu'elle puisse rejoindre les siens. Mais les humains ailés sont rare dans la ville jaune des artisans, et elle pourrait bien faire l'objet de nombreuses convoitises...

Appartenant à la collection Kizuna de Ki-oon, Beyond the Clouds est un manga qui colle très bien à cette collection.
Au niveau de l'histoire, on a un début très classique, on l'on découvre l'univers en même temps que l'humaine ailée tombée dans la ville jaune, Mia. Celle-ci a perdu la mémoire et elle se repose sur son sauveur et nouvel ami, Théo. La relation entre les deux est assez touchante, se rapprochant presque d'une relation grand frère-petite sœur. Une petite clique de personnage sympatique et atypique gravite autour de nos deux héros : Monsieur Chikuwa ke patron de Théo, Marie et Bingo ses deux collègues et son ami Hotch. On remarque très rapidement que l'univers ne sera pas peuplé que d'humains, mais cet aspect est plutôt effleuré, l'auteure préférant mettre l'accent sur l relation entre nos deux héros.
La où on commence à faire un peu la grimace, c'est au moment où l'élément perturbateur de l'histoire arrive. Nos deux héros se font attaquer par des marchands d'esclaves/d'humains. La petite dévoile une force cachée qui les sauvera tous les deux deux, et elle tombera malade, maladie qui ne pourra se soigner que par un remède détenu par un vieux sage, au fond d'une forêt en apparence hostile... C'est vraiment dommage que l'auteure soit partie sur ce genre de développement.Pourquoi toujours impliqué des sortes de « bullies » (ou méchants) aussi peu effrayant, caricaturaux et vide ? Si c'était pour mettre en avant les pouvoirs de la jeune fille, il y avait une tonne d'autres solutions tout aussi efficace et qui n'aurait pas desservi l'auteure, car les scènes d'actions sont loin d'être le fort de la mangaka. Le seul point positif de cette histoire finalement, c'est de voir la réaction de Théo à cette confrontation. Nos deux héros, notamment Théo et sa candeur, sont les points positifs de ce début de série.

En ce qui concerne le dessin, on voit tout de suite un problème. Si le style en lui-même est tout en rondeur et assez mignon, on a un gros problème au niveau de l'encrage et des finitions. L'encrage est beaucoup trop lisse. Ce manque de relief nous empêche de bien apprécier les profondeurs dans les cases que l'auteure compose. On peut également noter que l'encrage est assez brouillon dans les décors et les scènes d'actions. Ces cases sont souvent surchargées de détails, ce qui nous perd dans les cases et gâche certains moments qui auraient dû paraître bien plus important. Malgré tous ces défauts, on voit bien le potentiel de la mangaka, alors il n'y a plus qu'à espérer que la suite s'améliorera.

Au niveau de l'édition, le travail de Ki-oon est impeccable, avec une belle couverture épaisse au design travaillé pour collé à l'ambiance de la série, assez Steampunk. La double page couleur est très sympathique. Quant aux choix de polices, s'ils ont été assez inspiré pour la couverture, le reste à l'intérieur du tome reste très conventionnelle, ce qui n'est pas plus mal, la série étant elle-même assez classique dans son découpage et sa mise en page.

Beyond The Clouds est, pour le moment, loin de remplir toutes ses promesses. Si l'univers semble riche, on est un peu déçu de voir la tournure de certains événements, un peu trop prévisible et usé jusqu'à la moelle dans d'autres séries. Rajoutons à cela des finitions au niveau du dessin un peu trop approximatives et qui manquent parfois d'impact, et on obtient un début de série qui doit encore faire ses preuves. Mais on sent le potentiel de Beyond the Clouds, notamment au niveau de ses personnages, et on ne peut qu'espérer être surpris par la suite des événements.
  
  
Chronique 1 :
  
Quatrième création originale des éditions Ki-oon pour 2018 après Momo et le message du soleil, Sous un ciel nouveau et Lost Children, Beyond the Clouds vient enrichir la collection Kizuna de l'éditeur, et nous permet de découvrir en France Nicke, une jeune artiste bercée depuis l'enfance par les contes illustrés, les travaux de certains membres de sa famille dans le domaine de l'Art, et nombre de références. Lancé en grande pompe par l'éditeur pendant Japan Expo avec la venue de la mangaka en France ou encore la création d'une bande-annonce en film d'animation produite par le studio japonais Gonzo, ce récit nous plonge dans un univers fantastique, aux côtés d'un jeune garçon dont la vie va être bouleversée par une étonnante rencontre...

Au sein de la ville jaune, une cité aux allures parfois un brin steampunk avec ses fumées d'usine et ses mécanismes, le jeune Théo s'applique dans son travail dans un atelier de réparation, aux côtés de truculents personnages, tel l'homme-chat Chikuwa. A cause des fumées d'usine, il n'a jamais vu les étoiles. Et du monde, il ne connaît que la ville où il vit, même s'il a toujours rêvé d'exploration et d'aventure. Il faut dire que ce jeune garçon a vu son imaginaire nourri par des contes et des histoires merveilleuses bourrées de créatures fantastiques, donnant une envie folle folle de partir à la découverte du monde, et on touche déjà là l'un des jolis aspects du titre, qui reviendra à quelques reprises au fil des pages: l'importance de toutes ces histoires qui nous forgent, nous nourrissent. En grandissant, il s'est pourtant mis en tête que tout ça, ce n'était que des histoires... et il ne s'attendait donc certainement pas, un jour, à voir arriver devant lui, comme tomber de ce ciel qu'il n'a jamais vu nettement, une fillette évanouie... et ailée ! Baptisée Mia, cette enfant qui n'a plus qu'une aile va être prise en charge par ses soins et son entourage. Elle a perdu la mémoire, nul ne sait ce qu'elle est ni d'où elle vient, mais tout en la soignant, en la prenant sous son aile et en lui faisant découvrir son petit monde, Théo est bien décidé à percer le mystère de la fillette. Mais déjà, l'unicité de cette petite fille ailée attire des convoitises peu scrupuleuses...

Il y a une chose qui pourrait éventuellement ne pas accrocher certains lecteurs au fil de ce premier tome de Beyond the Clouds: tout au long de la lecture, Nicke ne cherche jamais à faire dans l'originalité, et déroule des premiers événements très prévisibles si l'on a l'habitude de ce type d'oeuvre. La jeune artiste ne s'en cache d'ailleurs pas forcément: elle a été nourrie par de nombreuses inspirations, qui se ressentent bien dans son univers, on pense notamment au Château dans le Ciel (sans doute l'inspiration la plus évidente dans le pitch de base), à Nausicaa pour certains designs, ou encore à Kingdom Hearts ou Final Fantasy. Mais le classicisme n'a jamais empêché une oeuvre d'être bonne, et Beyond the Clouds en est une nouvelle preuve, pour peu que l'on se laisse happer par cet univers.

Les premiers événements, ceux qui composent ce tome, sont donc plutôt cousus de fil blanc, mais on les suit avec plaisir. En observant Théo tenter d'épauler voire d'éduquer Mia (vu qu'il y a beaucoup de choses qu'elle méconnaît), et en voyant la fillette faire de son mieux et même vouloir elle aussi aider Théo, on se prend facilement d'affection pour ces deux enfants qui, vite et bien, nouent un lien assez fort et plein de tendresse. Mais plus les choses avancent, plus il est évident que Mia n'est pas du tout une enfant comme les autres, notamment car en plus d'être ailée, elle semble renfermer en elle d'étonnants pouvoirs... Au-delà de ça, on appréciera facilement la débrouillardise d'un jeune héros assez astucieux et bien décidé, ainsi que l'aide apportée par des personnages secondaires peut-être pas assez en vue pour certains, mais assez efficaces. Quant aux premiers dangers, ils ne font qu'apparaître, amener des premières épreuves rapides, mais donnant le ton, et enclencher un peu plus concrètement la quête aventureuse de Théo dans la dernière partie du volume. Ce qui pourra agacer un peu, c'est la facilité de certains événements (l'entourage qui laisse trop facilement partir Théo en fin de tome alors qu'il est blessé, la recherche de l'objet convoité par le Sage de la forêt...).

Si l'ensemble est plaisant à suivre malgré le grand classicisme, c'est aussi voir surtout grâce à la patte visuelle que Nicke installe, celle-ci étant très jolie dès la jaquette avec ses couleurs soignées. A l'intérieur, l'artiste installe dès le départ une atmosphère très proche des contes et histoires merveilleuses qu'elle aime et que son personnage principal aime aussi. Doux, assez rond autant dans les personnages humains que non-humains, tendre, dotée d'un petit côté esquissé/crayonné, son style a souvent un rendu proche des contes pour la jeunesse. A cela s'ajoutent des décors bien soignés quand il le faut avec là aussi des designs assez travaillés, une utilisation des trames minutieuse, non envahissante, et parfois un rendu aquarelle.

Beyond the Clouds, pour l'instant, marque les débuts d'une aventure aussi classique que plaisante à parcourir, qui doit beaucoup au lien tendre et bienveillant qui se crée entre les deux jeunes héros, ainsi qu'aux visuels assez enchanteurs de l'artiste.

Ki-oon offre une très jolie édition, à commencer par une jaquette soignée et 4 premières pages en couleurs. Le papier est bien épais tout en restant souple, l'impression est excellente, la traduction de Fédoua Lamodière est bien dans le ton est s'avère suffisamment rythmée et naturelle, le lettrage est soigné... On appréciera beaucoup, en toute fin de tome, de trouver 13 pages bonus, dont une interview de Nicke, des secrets de fabrication et quelques croquis préparatoires.


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Note de la rédaction
Note des lecteurs






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