Beastars Vol.3 - Actualité manga

Beastars Vol.3

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 15 Mars 2019

Chronique 2
  
La rixe entre Bill et Legoshi lors de la représentation d'Adler a créé un véritable engouement, involontaire certes, autour du club de théâtre ! Mais plus que cette notoriété, c'est ce qu'il éprouve pour la petite lapine rencontrée quelques jours plus tôt qui secoue Legoshi... Il ne demande qu'une chose : la retrouver, et mieux la connaître. Les émotions du loup gris vont être mises à rude épreuve lors des retrouvailles, mais aussi lors d'une petite course pour le club de théâtre qui va l'amener à découvrir un aspect effrayant et insoupçonné de la société qui l'entoure.

Les sentiments de Legoshi sont bien la pièce maîtresse de ce tome. Il faut dire que notre loup gris en a vu de belles dans le tome précédent, entre la représentation tumultueuse d'Adler et sa rencontre avec Haru, la petite lapine pour laquelle il éprouve une certaine attirance. Alors, ce troisième opus traite avec une infinie justesse les doutes et les sentiments du personnage, à travers des situations diverses. D'une part face à ce qui semble être de l'amour, mais aussi par sa découverte de certains aspects du monde qui l'entoure. Ainsi, faire du protagoniste un personnage assez renfermé sur lui-même a de multiples effets sur l'intrigue. Ses doutes, notamment envers Haru, le rendent particulièrement attachant, mais surtout, son ignorance permet au lecteur d'être placé sur le même pied d'égalité que lui. Alors, toute la séquence du marché noir est un choc, autant pour nous que pour ce carnivore qui cherche à tout prix à refouler son instinct de mangeur de viande. Assez idéaliste dans les deux premiers tomes, la société de Beastars montre ses facettes les plus sombre en renforçant ce dilemme entre le monde codifié présenté, et les pulsions carnistes des différents personnages. L'univers en prend un coup et se révèle toujours plus pertinent par rapport à l'idée de la coexistence d'animaux anthropomorphes, tandis que tous ces déboires impactent énormément Legoshi, qui sera notamment secoué par une nouvelle rencontre...

Ainsi, Beastars continue de se complexifier au fil des chapitres. Non pas que l'intrigue soit difficile à saisir, c'est toute la dimension du monde dans lequel évoluent nos personnages qui est étoffée, tandis que les différents protagonistes évoluent à leur façon, Legoshi le premier évidemment. Encore plus que précédemment, Beastars propose ici deux lectures : une tranche-de-vie au sein de cette société codifiée d'une part, et un véritable questionnement sur nos différences, sur notre place dans le monde, et sur notre manière de nous assumer devant autrui d'autre part. Si le parallèle avec notre propre réalité est une nouvelle fois évident, les dilemmes restent propres à la série, ce qui lui donne un attrait certain.

A côté de ça, toute la dimension lycéenne et adolescente continue de faire des merveilles. La relation entre Legoshi et Haru reste particulièrement intense à suivre, tandis que l'arrivée de Juno, une louve, risque d'apporter un peu de piment. On apprécie aussi la mise en avant des camarades de notre loup gris, ce qui créée une véritable immersion au sein de cette académie lycéenne. Le tout est évidemment toujours marqué par l'esthétique animalière, donnant une nouvelle fois une vraie identité au récit en plus de le lier aux multiples thématiques de la série.

Il y a donc tant à dire sur Beastars, chaque chapitre et chaque rencontre apportant sa pierre à l'édifice de la richesse de la série. Prenante par son ambiance et captivante par les sujets abordés, la série de Paru Itagaki confirme ses qualités, et présente une montée en puissance à chaque volume.
  
  
Chronique 1
  
Sur la scène de la représentation d'Adler, réalité et fiction se sont confondues dès lors que Legoshi, en apprenant le secret de Bill, a cédé à la colère et est allé se battre avec lui devant le public, pour une duel violent qui aurait pu être encore plus grave si Louis n'avait pas fini par intervenir. Le fier cerf est hors de lui concernant ce que les deux carni ont montré, et pourtant la pièce, portée par cet événement imprévu, a fasciné le public qui a cru que tout était prévu. Voici même notre cher loup propulsé en une du journal du lycée, une chose à laquelle il n'est absolument pas habitué puisqu'il tâche toujours de rester dans l'ombre ! Mais quoi qu'il en soit, malgré son petit gain de popularité temporaire, et alors que le festival de la météorite (un des événements importants de l'académie) approche, Legoshi ne pense encore et toujours qu'à une seule chose: revoir la lapine du club de jardinage, cette petite créature qu'il a failli dévorer un soir et qui ne cesse plus de l'attirer...

Tout un axe de ce volume, de façon disparate, s'applique à faire naître quelque chose entre Legoshi et la fameuse lapine, Haru: une fois le quiproquo du précédent tome effacé, la lapine, à l'instar d'autres avant elle, constate que cet imposant loup est plus gentil qu'il n'y paraît, même s'il reste plutôt original, et qu'elle ne peut évidemment pas s'empêcher d'avoir peur face à sa grande taille et surtout ses crocs de carni. Et ils vont même jusqu'à manger ensemble au self, quitte à subir certaines railleries dont ils se fichent royalement. Legoshi se montre décidément attentionné envers cette jeune fille, jusqu'à se pencher pour être à la même hauteur qu'elle, et Haru a le sentiment que malgré ses craintes elle pourrait réellement devenir amie avec lui. Surtout, tous deux restent en permanence très naturels l'un envers l'autre, et cela donne à quelques reprises l'occasion de cerner encore plus Haru, qui derrière son physique petit et frêle cache une sacrée force de caractère ne serait-ce que face à celles qui la briment. Elle est très franche, suit sans faillir ses émotions, ses sentiments et ses désirs, quitte à s'éloigner encore plus de l'image de "chose fragile" qu'on pourrait en avoir, ce qui se ressent particulièrement dans quelques cases tout en sous-entendus avec Louis.

Bien sûr, le lien Legoshi/Haru et la découverte qui se poursuit sur ces deux-là ne sont pas les seuls sujets d'un volume à nouveau très riche, où Paru Itagaki sait également très bien installer quelques nouveaux personnages. Comme Legom, héroïne d'un chapitre, une poule un peu orgueilleuse qui est voisine de classe de Legoshi en amphi, qui a une image de lui assez négative à cause de son comportement désinvolte, mais qui est au centre d'un petit "secret" les concernant tous les deux et dont elle n'est pas peu fière ! Ce qui est aussi l'occasion pour Itagaki d'amener un petit élément d'approfondissement de l'univers via l'utilité des oeufs à Cherryton. Ou comme Juno, une ravissante louve en classe de seconde, harcelée, et qui pourrait vite se laisser attendrir par la gentillesse de son senpai Legoshi.

Mais dans ce 3e tome, les nouveaux personnages, les approfondissements et les événements sont loin de se limite au cadre de Cherryton. A l'extérieur, en ville, une gazelle de thomson de 22 ans est retrouvée la gorge déchirée après avoir été attaquée par des carni, suscitant dès lors un nouveau léger climat d'effroi. Dans ce climat dangereux, sur ordre de Louis seuls des carni iront donc en ville récupérer du matos pour le club de théâtre en vue du festival de la météorite, et parmi eux se trouve Legoshi. Lui qui ne sort jamais de l'académie et éviter de se mêler au monde, c'est forcément un petit événement qui ne le rassure pas forcément, d'autant plus que parmi ses compères se trouve Bill, tigre décidément bien différent de lui sur tous les plans, y compris le sexe. Et c'est un fait: en restant isolé, Legoshi méconnaît beaucoup de choses du monde. Il reste puceau, ne va jamais en ville, ne s'intéresse pas spécialement au sexe alors qu'à 17 ans ça devrait le travailler autant que ses congénères... et ce qu'il va découvrir lors de la virée en ville risque de le plonger encore plus dans le désarroi, puisque bientôt voici le groupe plongé dans le "marché noir", une zone particulièrement sinistre où s'exerce des commerces interdits... dont la viande. Tandis que Bill s'empresse de montrer son intérêt, Legoshi, lui, et plus apeuré qu'autre chose... Goûter à des plaisirs interdits, céder à ses pulsions, est-ce ça devenir un adulte ? Est-ce parce que cette zone existe que les carni de la ville semblent tous si sereins, bien loin du climat stressant de Cherryton ? Notre loup n'est pas au bout de ses peines en faisant la rencontre fracassante d'un panda au statut étonnant, sorte de médecin/psychologue très particulier qui va attiser encore plus ses tourments. L'attirance qu'il ressent pour Haru est-elle une déformation de son instinct de prédateur ? Dissimule-t-il derrière cela son désir de dévorer la lapine ? En filigranes, Itagaki dépeint également le désir de viande des carni comme une sorte de drogue, avec ce marché noir, ce commerce peu légal, l'état de manque des carni pouvant aller jusqu'au stress et l'automutilation...

Et comme si la lecture n'était déjà pas assez riche, l'autrice ne manque jamais une occasion d'amener encore des détails supplémentaires. Que ce soit dans le background, par exemple en évoquant le fait que les oiseaux ne peuvent pas voler avant leur majorité et ont besoin d'un permis. Ou simplement sur le plan visuel, avec très souvent divers animaux anthropomorphes qui passent au second plan dans les cases, en donnant alors encore plus l'impression qu'il y a beaucoup de vie dans l'oeuvre.

Au final, Beastars ne fait que confirmer encore avec ce volume riche, visuellement recherché, croquant des personnages et relations profonds dans leur genre, et brassant un beau nombre de thématiques souvent proches de notre société.
  

Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Takato

17 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16.5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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