Beastars Vol.11 - Actualité manga

Beastars Vol.11

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 06 August 2020

Critique 1 :

Plus que trois jours avant le soir du 31 décembre, date fatidique où Legoshi et Rizu, l'ours assassin de Tem, s'affronteront à mort. Aux côtés de Gohin, le loup a pris soin de se préparer au mieux, goûtant notamment un insecte et jaugeant la valeur de la vie, et ayant même tâché de revoir Louis au marché noir pour lui faire une demande: qu'il vienne assister à son combat... Mais Rizu, de son côté, comment s'est-il préparé, et dans quel état d'esprit est-il ?
Puis le 31 décembre arrive enfin, Legoshi reçoit un chaleureux appel de bonne année de Haru, il se dit que s'il s'en sort vivant il ira voir son grand-père... et, enfin, la mortelle soirée peut arriver.

Avant d'entrer dans le vif du sujet avec le duel annoncé entre les deux carni, Paru Itagaki entame ce volume-charnière en prenant soin d'esquisser les préparatifs de Rizu, qui arrête tout bonnement de prendre ses gélules atrophiant sa force physique, et de développer l'état d'esprit dans lequel il peut être, lui qui a dévoré son ami Tem... Dans le fond, comment considérait-il l'alpaga ? Après ce début de tome, il faudra attendre la fin du tome pour avoir la vraie réponse, au bout d'un affrontement où ce n'est évidemment pas l'action pure qui prime.

"Legoshi… qu’on essaie de protéger ou de tuer les herbi… notre force de carni nous condamne à être seuls !"

Bien sûr, dans ce combat-clé, Itagaki sait offrir quelques instant d'action d'une splendeur inouïe, de par le design travaillé de ses deux personnages ainsi que par la force et la brutalité qui s'en dégage. Mais ce combat, c'est avant tout l'histoire d'un duel entre deux carnivores obsédés par les herbivores, mais pas de la même manière. Une confrontation entre deux visions des carni, de leur force, et de leur relation avec les herbi. Quand Rizu affirme que c'est son amitié pour Tem qui l'a poussé à le bouffer alors qu'il ne se souvient quasiment plus que de son goût et pas de qui il était, Legoshi oppose un autre comportement, lui qui a appris la compréhension, la respect mutuel et la valeur de la vie. Là où Rizu est un carnivore qui combat pour lui-même quitte à falsifier son souvenir de Tem, Legoshi, lui, est un carnivore qui se bat pour autre chose: protéger ce en quoi et en qui il tient. Une idée se distingue dans le volume: on est plus fort quand on a quelqu'un à protéger... et ce n'est pas le privilège des carni, quand bien même ils sont physiquement plus puissants que les herbi.

Car tout au long du tome, sur ce point entre autres, un autre personnage se détache particulièrement, voire brille plus que jamais: Louis. Tandis qu'une petite "guerre de clans" a lieu au marché noir, le cerf ne peut s'empêcher de repenser à ce que Legoshi lui a dit concernant son combat à venir, jusqu'à une certaine prise de conscience... Et c'est alors, parallèlement à l'affrontement des deux carni, tout le cheminement et toute l'évolution de Louis qui est décortiquée par l'autrice, au travers d'étapes fortes, parfois dures et dramatiques très bien acheminées. Ainsi la mangaka aborde-t-elle avec force voire émotion le rapport que le cerf a entretenu avec le gang des lions et plus particulièrement avec son bras droit Ibuki, personnage qui, jusqu'au bout, aura montré beaucoup de choses nuancées éloignées de son statut d'imposant carni: un passé pas toujours facile (notamment vis-à-vis de l'ancien chef du clan), un vrai respect pour Louis (si bien qu'il tâchait même de paraître plus petit qu'il ne l'est à ses côtés), et même une admiration pour cet herbi qui, quelque part, lui semble bien plus fort que lui-même. Ibuki le dit lui-même: Louis l'a sauvé. Le rapport de force naturel carni-herbi est une nouvelle fois brillamment fissuré par la mangaka qui, dans ce tome en particulier, excelle notamment dans sa manière de montrer comment certains carni peuvent vivre en mal leur force, aspect qui se retrouve aussi au long du duel entre Legoshi et Rizu.

Tout simplement, Itagaki excelle pour relier ses personnages autour de ces thématiques communes, qu'ils vivent tous différemment en parallèle, jusqu'à la dernière ligne droite du tome qui bluffe dans ce qu'elle véhicule. Le choix de Louis, la manière dont il est enfin débarrassé de sa malédiction par Legoshi, le moyen par lequel le "faible" herbi redonne sa force au carni, toute la symbolique qu'il y a derrière l'acte effectué, l'amitié désormais fusionnelle entre eux... Sans aucun doute s'agit-il ici d'un tournant majeur et d'un des moments les plus puissants et riches entre les deux personnages masculins phares de Beastars.

La quête vengeresse envers l'assassin de Tem semble donc ici atteindre quasiment sa conclusion, ou, en tout cas, avoir atteint une étape très important. Et cela, Itagaki en a à nouveau fait une merveille, grâce à ses thématiques très nuancées et riches et à ses développements de personnages forts et captivants. C'est une habitude, mais Beastars nous offre encore là une belle claque.


Critique 2 :

Fin décembre, l'affrontement entre Legoshi et Rizu approche à grands pas. Comme il a scellé son « amitié » avec Tem, l'ours compte bien réitérer avec le loup gris, en savourant sa chair à l'issue du combat. Le jour venu, lorsque Rizu annonce une terrible nouvelle à Legoshi, ce dernier explose de rage et se rue sur son adversaire.
Au même moment, Louis est en proie aux doutes. A la tête du gang des lions, il ne peut se rendre aussi facilement auprès de Legoshi pour supporter son combat. Réalisant ses véritables sentiments, il prend l'une des décisions les plus importantes de toute son existence...

La tension montait depuis le volume précédent, puisque Paru Itagaki promettait un duel décisif entre Legoshi et Rizu, ce qui pouvait avoir comme effet de conclure tout bonnement l'intrigue autour du meurtre de Tem, soit l'événement déclencheur de Beastars. Aussi, la mangaka entre dans le vif du sujet en abordant directement le combat tant attendu, dès les premiers chapitres de ce onzième opus. On s'en doute alors, ce n'est pas un tome comme un autre qui nous attend.

C'est même un euphémisme de résumer la chose ainsi : Ce tome 11 est sans aucun doute l'un des plus fascinants de Beastars puisqu'il traite un événement majeur du récit, tout en faisant franchir différents caps à plusieurs arcs de personnages. Car jusqu'à présent, on pouvait se questionner sur la pertinence de certains choix, et ce que ces derniers allaient apporter aux protagonistes de l’œuvre. Tant d'évolutions qui donnaient certes de la complexité aux concernés, sans laisser entrevoir une quelconque finalité. Et ce point d'arrivée arrive bel et bien, l'ensemble de cet opus donnant du sens à tout ce que le manga avait entrepris jusqu'à présent.

C'est donc à travers le combat de Legoshi et le choix de Louis que se scelle la première grande partie de Beastars, ou du moins ce qui semble l'être. En guise de première lecture, la mangaka joue habilement avec nos nerfs en présentant un cheminement qui ne cesse de grimper en intensité. Les rebondissements sont là, certains jouent même sur notre attachement envers certains personnages, tandis que l'affrontement tant attendu demeure de plus en plus violent au fil des pages, tant par ce qui se déroule que par la mise en scène magistrale proposée par l'autrice. On notera, d'un air un peu amusé, que le combat suit finalement le déroulement d'un affrontement nekketsu classiques. Les ingrédients sont là, mais on les apprécie pour une toute autre raison...

Car la grande puissance de ce volet vient de ce qu'il raconte à travers ce combat. Au delà d'un duel de points de vue par la force des poings, des griffes et des crocs, ce sont des combats d'introspection qui sont dépeints sur toute la seconde moitié de l'ouvrage. Les échanges entre les personnages demeurent aussi forts que pertinents, les relations entre certains d'entre eux de scellent, tandis que quelques micro événements donnent un sens inouï à l'ensemble. Si les héros de Beastars ont régulièrement dévié de leurs trajectoires respectives sur cette dizaine de premiers volumes, Paru Itagaki donne l'illusion d'un contre-sens, avant de tout simplement mener l'idée centrale du titre à son point culminant. Cet opus est celui de l'acceptation, l'heure pour quelques figures centrales de cesser tout faux semblant, et de jeter son masque social. Un véritable climax qui s'appuie sur des moments forts et parfois choquants, tout en considérant fortement l'univers de la série. Et par cette conclusion qui nous secoue, on ne peut nier qu'il y aura un avant et un après tome 11, au sein de Beastars.

Paru Itagaki nous offre ainsi un volume forts par ses événements, ses développements de personnages et sa mise en scène aux petits oignons, sublimant les émotions véhiculées par ce volume. C'est puissant d'un bout à l'autre, tout en suscitant l'envie de découvrir les retombées de l'ensemble.
   

Critique 3 :

La date du duel approche à grands pas! Rizu continue de faire comme si de rien n'était et de se voiler la face, alors que Legoshi continue de se préparer pour ce face à face qui pourrait bien causer sa perte!
De son coté, Louis, au courant du combat que doit mener son ami carnivore doit prendre une importante décision qui va entraîner des conséquences inattendues...

Le tome précédent était déjà intense et marquant, mais ce n'est rien en comparaison de celui ci qui se montre particulièrement choquant!

Si dans le volume précédent l'auteure s'était attardée sur plusieurs personnages, on pourrait penser avec le recul que c'était comme une façon de dire au revoir à ceux ci, comme un adieu de Legoshi qui a conscience de se lancer dans un affrontement perdu d'avance! Et le coup de téléphone qu'il échange avec Haru va totalement dans ce sens: un appel réconfortant, enjoué, plein de positivité...tout le contraire de ce qu'est ce tome!

L'affrontement va clairement être au centre de ce tome, il va l'occuper dans son intégralité et même lorsqu'on s'en éloigne un peu, les pensées des personnages mis en scène sont totalement tournées vers celui ci!
Et enfin le face à face a lieu, ce sont deux visions diamétralement opposées qui se confrontent, une sauvage et aveugle et une autre plus tournée vers la compassion et la compréhension!
Mais malgré toute sa bonne volonté, Legoshi ne peut décemment pas rivaliser avec un ours en pleine possession de ses moyens!
Et c'est là qu'intervient Louis... On retrouve ce dernier au sein du marché noir, toujours à la tête du gang des Lions, et alors qu'ils se préparent à une expédition punitive, Louis ne peut s’empêcher de penser à son ami!
S'ensuit un échange aussi étonnant que touchant avec Ibuki, le second du clan et c'est alors qu'intervient la première énorme surprise du tome! Clairement on ne pouvait pas le voir venir, et on prend une belle claque...mais ce ne sera pas la dernière du volume!

On revient de nouveau sur le combat avec maintenant l'intervention d'un soutien de poids pour Legoshi, mais un soutien qui aura des effets totalement inattendus...et c'est là qu'on prend la deuxième claque, mais celle ci se montre beaucoup plus choquante, à tel point que je ne suis pas sur d'avoir vraiment apprécié; cela remet tellement de choses en question que cela en est réellement perturbant!

Quoi qu'on en dise nous avons là un volume vraiment marquant, démontrant une fois de plus que Beastars est une grande série, sortant des sentiers battus et n'hésitant pas à bousculer les lecteurs!
  

Critique 3 : L'avis du chroniqueur
Erkael

18 20
Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Takato

19 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

17.5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






MN Actus
Dernières news News populaires News les plus commentées Fermer

Dernières News