Beastars Vol.10

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 28 May 2020

Le volume démarre en nous replongeant du côté de Louis, qui s'applique toujours dans son rôle du chef du gang des Lions malgré ses "retrouvailles" mouvementées avec Legoshi. Au coeur d'un marché noir riche en surprises, le voici confronté à une autre réalité de ce lieu sordide, une réalité voyant les rapports de force entre carni et herbi s'inverser, pour peut-être mieux mettre en avant un autre rapport de force: celui entre riches et pauvres. Tout en s'appropriant également un certaine image d'éventuelles "médecines" alternatives et que leurs extrémités, Paru Itagaki en profite pour remettre le cerf un peu en face de son passé de marchandise mais aussi pour nous apprendre une nouvelle chose sur le lion Ibuki, fidèle bras droit du chef de gang. Il en résulte le sentiment que les rapports de force carni/herbi peuvent décidément être parfois bien éloignés des a priori, que la frontière "carni fort/herbi faible et proie", qu'il n'y a pas une dualité toute faite entre les deux. Quelqu'un comme Legoshi nous l'a d'ailleurs déjà très souvent démontré. Et rien que sur le plan amoureux en particulier, un herbi comme Pina s'avère bien plus "carni" que notre cher loup, plus encore dans ce volume.

La magie de l'autrice reste d'encore et toujours savoir aborder avec nuances nombre de sujets au travers de son intrigue, et ce qui a été dit dans le paragraphe précédent ne sera évidemment pas le seul exemple de ce tome, comme d'habitude. Ici, l'intrigue avance à son rythme, avec non seulement le désir de Legoshi de ramener Louis jusqu'à Cherryton suite à ce que Haru lui avoue, mais aussi l'annonce d'un violent duel à venir entre notre héros et son pire ennemi actuel, Rizu, l'ours brun meurtrier de Tem. Tout ceci se met bien en place, parfois à grand renfort d'un peu d'action comme en milieu de tome, mais surtout avec le flot d'interrogations intérieures et de sujets qui en découlent. Tandis que Haru se reproche à nouveau sa faiblesse naturelle et qu'on entrevoit à nouveau en elle les inégalités existant dès la naissance, de son côté Legoshi en arrive à prendre une décision importante en tâchant de goûter pour la première fois la seule "viande" autorisée aux carni: les insectes. Ce dernier point est vraiment passionnant, tant le loup reste troublé face à cette toute petite forme de vie, certes minuscule et sans désirs ni émotions, mais qu'il s'apprête pourtant à tuer. En résultent des réflexions assez fortes sur la vie dans sa plus simple expression, sur le simple fait d'exister... Et le cas du loup ne s'arrête pas là dans ce volume, puisque l'on a plus tard l'occasion d'entrevoir quelques nouveaux éléments sur son enfance, sur son papy Gosha si particulier, sur sa famille, avec à la clé quelques petites mises en avant du regard que les autres peuvent sur une famille jugée différente. Enfin, n'oublions pas les retrouvailles assez poignantes entre Tao et Kibi à l'hôpital, ou le chapitre centré sur Gohin et l'une de ses patientes, Ai, renarde du Tibet ayant commis une faute grave et montrant à quel point un visage naturellement impassible peut jouer des tours, Itagaki en revenant alors toujours à cette thématique de l'apparence.

Il y aurait probablement encore beaucoup de choses à dire, tant chaque volume de Beastars se veut riche en portraits crédibles et en sujets de société distillés tout au long de l'histoire. Mais concrètement, on a tout simplement droit, une nouvelle fois, à un tome très bon, très riche, où l'univers imaginé par la mangaka continue de briller par sa profondeur.
    

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






MN Actus
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