Banana Fish Vol.1 - Actualité manga

Banana Fish Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 26 January 2011

Vietnam, 1973. Une sale époque, d’autant plus pour un petit groupe de soldats américains qui verra l’un des leurs perdre la tête, prendre une arme et tirer à bout portant sur eux. Sans prévenir, sans hésiter. Mais alors que la situation se renverse et qu’un des soldat parvient à arrêter sa folie meurtrière, le jeune homme laisse échapper deux mots ... « Banana Fish ». Une douzaine d’années plus tard, en plein cœur de New York, une succession de suicides étranges fait du bruit dans les rangs de la police et notamment pour deux inspecteurs, qui ne comprennent pas ces gestes pour le moins dépourvu de tout sens. Mais en parallèle, le lecteur va rencontrer bien vite un jeune garçon de dix-sept ans nommé Ash, à la tête d’un gang de petites frappes sous ses ordres, tandis qu’il rend lui-même plus ou moins des comptes à un mafieux corse grassement implanté à NY, Dino Golzine. Entre ces trois instances circulent des informations, des mystères, des menaces. Ce qui est sûr, c’est qu’Ash a un rôle à jouer dans cette affaire pour le moins obscure, peut-être par l’intermédiaire du frère qu’il cache chez lui ? Dans tous les cas, qu’est-ce que représente Banana Fish, pourquoi est-ce que ce simple nom parait être promesse d’ennuis et obligation de silence ? Si les morts fleurissent dans les rues de la grande ville américaine, ce n’est certainement pas pour rien !

Lorsque l’on parcourt ce premier tome de Banana Fish, une question inévitable nous vient à l’esprit : ça, un shojo ? Et on aura beau vérifier encore et encore, oui c’est bien un shojo. Mais pas forcément comme les autres, sans héroïne pleurnicheuse ni bel éphèbe aux yeux brillants. Seulement la réalité des gangs new-yorkais, les affaires de police qui tentent de se démener dans un environnement qu’il est difficile d’apprivoiser quand on représente la justice et la punition, et le mystère autour de deux mots dont personne ne semble rien vouloir dire. Dès les premières pages, Ash interpelle, fascine, par un caractère rebelle sous lequel on devine sans peine ses faiblesses, son jeune âge et la réalité d’une vie qui n’a pas dû être facile tous les jours. Il nous fait immédiatement l’effet d’un gosse qui aurait grandi trop vite, de force et dans la rue si bien qu’on aurait presque envie de le protéger. Presque, le pistolet qu’il nous braque dessus dès la couverture nous tenant légèrement en retrait. En quelques pages seulement on se paie le luxe de s’intéresser à lui et au fameux poisson banane, d’autant plus que la construction de la narration est particulièrement habile. Rapide, sans temps mort et pourtant suffisamment graduelle pour laisser le temps aux premiers lecteurs de suivre ce qu’il se passe. De plus, l’auteur installe un panel intéressant et très présent de personnages secondaires, bientôt principaux on n’en doute pas un instant. Entre action, violence, mystère et réalité, la présence de deux japonais et de nos inspecteurs un peu en décalage avec ce qu’il se passe dans la rue, cet éventail apporte légèreté et sympathie au ton du scénario. Enfin, on notera que si les « gentils » sont nuancés mais clairement identifiés, les « méchants » le sont aussi, dans un manichéisme de début de série qui aide à repérer les différents intérêts de chaque groupuscule.

Au niveau des graphismes, pour l’instant le trait est assez sommaire et, à notre plus grand regret, beaucoup de personnages se ressemblent ce qui n’a rien de facile pour identifier qui est qui dans ce débordement d’action continue. Certains protagonistes peinent de plus à afficher des expressions pertinentes et compréhensibles, et seule l’incertitude du regard d’Ash parle toute seule, pour ce héros seulement. On appréciera pourtant des décors présents, un dynamisme extrême dans la mise en page et des bulles de texte, extrêmement présentes, qui arrivent à ne pas gâcher les dessins de l’auteur. L’édition de Panini a cependant plusieurs défauts. Déjà, elle n’est plus disponible et trouver les tomes de cette série prometteuse tient du miracle. De plus, il a semblé utile de faire des pages ... jaunes, pour un titre contenant le mot banane. On attend avec impatience un manga appelé « Pink quelque chose » ... On se passera donc de commentaire pour un tome qui aura donc l’air vieilli avant de l’être, ce qui a au moins le mérite de ne pas laisser le temps détériorer les pages ... mais également l’inconvénient de n’avoir pas profité des tomes en « bon état ». Toutefois, l’édition étant assez ancienne, on aura le plaisir d’avoir des onomatopées traduites et adaptées avec soin, comme quoi il n’est pas impossible de faire un peu attention à la qualité d’édition, une leçon des vieilles licences que les nouvelles devraient reprendre. En tous les cas, un bon tome 1 qui introduit des questions, des pistes de réponses, beaucoup de promesses et des personnages au charisme débordant.

NiDNiM

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
NiDNiM

16 20
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