Banale à tout prix Vol.1 - Actualité manga

Banale à tout prix Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 13 Mars 2018

Critique 2


Après Parfait-tic et Koibana chez Panini, puis Moving Forward aux éditions Akata, Nagamu Nanaji arrive en ce début d'année chez un troisième éditeur en France, avec sa dernière série en date. De son nom original Futsuu No Koiko-Chan, Banale à tout prix a commencé en 2015 dans le magazine Margaret des éditions Shûeisha (où la mangaka publie toutes ses séries), et est toujours en cours dans son pays d'origine à l'heure actuelle.


Banale à tout prix, c'est l'histoire de Koiko Natsume, une lycéenne dont le credo, dans la vie, est de rester... banale à tout prix (oui, le titre est bien choisi). Il faut dire que la jeune fille a grandi entre deux femmes complètement opposées. D'un côté, une mère qui tombe trop facilement amoureuse a eu de nombreuses conquêtes, ce qui lui a souvent joué des tours. De l'autre, une grande soeur, Aiko, qui a pris le chemin inverse de sa mère pour ne pas devenir comme elle : elle a décidé de ne pas du tout s'intéresser à l'amour et n'a jamais eu la moindre relation. Entre ces deux femmes qui se chamaillent parfois à cause de leur vision des choses, Koiko a donc décidé d'être ni trop passionnée et romantique, ni coincée. Dans tout ce qu'elle fait, elle recherche simplement la plus grande banalité, car pour elle c'est là qu'elle trouvera le bonheur. Elle a un look classique, pense être ni belle ni laide, a des notes pile dans la moyenne, entretient une relation tout ce qu'il y a de plus banale avec son petit ami Satô qui n'est ni beau ni laid... Elle se sent heureuse. Mais est-ce tout à fait le cas ?


Après un Moving Forward plus réaliste et aux thèmes assez mûrs, la mangaka revient ici à de la romance scolaire aux allures plus classiques, mais néanmoins bien conçue sur ce premier volume, dans la mesure où l'on comprend très bien le comportement de Koiko et ce qui l'a amenée à vouloir avoir un quotidien aussi banal. Grâce à une narration assez introspective typique de ce genre shôjo, on s'immisce facilement à ses côtés, et Nanaji s'applique très bien sur ce qu'elle pense au fond d'elle-même. Elle ne veut être ni comme sa mère ni comme sa soeur. Elle plaint l'une de ses camarades de classe trop amoureuse qui vient de se faire larguer, tout comme elle plaint une autre camarade qui n'a jamais eu la moindre relation, car elle préfère vivre dans la "deux dimensions" de ses mangas. On peut dire qu'elle a donc des avis assez tranchés, qui trouvent leur origine dans le contexte dans lequel elle a grandi. Mais son bonheur apparent risque bien de voler en éclats avec l'irruption dans sa vie de Tsurugi Ninomiya, le garçon le plus populaire du lycée.


Le coup de la fille banale qui se retrouve confrontée au beau gosse parfait du lycée, on a déjà vu ça un milliard de fois, mais la manière dont Nanaji aborde la chose est plutôt intéressante et évite les plus gros poncifs, car en plus de Koiko qui est une héroïne assez peu commune qui veut éviter les passions idéalisées, Tsurugi est lui-même assez éloigné de certains clichés. Bien que beau, doué à l'école, grand, sportif... bref, parfait, il n'a pas forcément conscience d'être l'"élite" du lycée, et ne sort d'ailleurs avec aucune fille, car il n'a pas envie de sortir avec quelqu'un dont il n'est pas réellement amoureux.


Quand ce garçon va débouler dans sa vie et lui faire réaliser certaines choses sur Satô, Koiko va devoir commencer, difficilement, mais sûrement, à remettre en question la vision des choses. Elle souhaite d'abord pardonner à son petit, mais pour conserver son bonheur banal, mais les choses risquent bien de se fissurer... Est-elle vraiment heureuse ainsi ? A force de tout calculer pour paraître banale, au point d'être peu expressive, est-elle vraiment elle-même ? Elle comprendra également certaines choses en observant les deux filles qu'elle plaignait juste avant, car toutes deux font des efforts qu'elle trouve incroyable, l'une pour devenir encore mieux afin de faire regretter à celui qu'elle aimait de l'avoir larguée, l'autre pour s'approcher de son rêve de mangaka. A chacun ses rêves et sa vision du bonheur, alors qui serait-elle pour se permettre de les prendre de haut en les plaignant ?


Visuellement, après Moving Forward qui avait des designs plus mâtures et des décors omniprésents et réalistes, Nanaji revient ici à quelque chose d'un peu plus doux et mignon, avec des visages plus arrondis, des yeux plus pétillants, des trames plus scintillantes, pour un rendu un peu plus pop. C'est à la fois plus classique, mais très agréable de par la maîtrise que l'artiste a de son trait.


On appréciera également de voir que la mangaka est toujours aussi bavarde dans ses différents mots et dans sa postface, ce qui est toujours agréable !


Banale à tout prix s'offre une entrée en matière plaisante, qui doit beaucoup à son duo de personnages principaux pour l'instant réussis dans leur genre, Koiko ayant une personnalité suffisamment complexe tandis que Tsurugi s'éloigne de quelques poncifs. Et ce, même si les recettes classiques de romance scolaire sont bel et bien là. Au vu des évolutions de ce premier tome, il reste désormais avoir commence avancera cette série sur la longueur, car il n'est pas exclu qu'elle retombe vite dans le plus grand classicisme... Affaire à suivre !


On retrouve ici le petit format habituel de Kana pour les shôjo. La traduction, signée Aline Kukor est vraiment agréable, assez naturelle est limpide. 


Critique 1


En cet hiver 2018 quelque peu lassant, les éditions Kana nous proposent de nous distraire avec son nouveau shojo : « Banale à tout prix ». Nagamu Nanaji est déjà connue chez nous par l’intermédiaire de « Parfait Tic » aux éditions Panini, de « Koibana » toujours aux éditions Panini et de « Moving Forward » aux éditions Akata. 


Koiko veut être banale à tout prix. Elle ne veut pas ressembler à sa mère, trop populaire auprès des hommes, ni à sa sœur Aiko, qui est très rigide et austère auprès des hommes. Non, elle ne veut pas avoir de problème. D’où l’importance d’être dans la moyenne, ni trop voyante ni trop invisible. Ni trop belle, ni trop moche. En bref, la stabilité est le mot d’ordre, de la relation amoureuse aux notes scolaires. Ainsi, Koiko s’apprête à vivre une nouvelle journée banale. Enfin, c’est ce qu’elle croyait. Son quotidien va cependant être bouleversé du jour au lendemain avec l’intervention du garçon le plus populaire de son lycée dans sa vie de couple banal. En effet, ce dernier va lui apprendre que son petit ami la trompe. C’est le début d’une journée peu banale…


« D’après moi, le mot ‘banal’ peut très bien avoir le sens de ‘bonheur’. »


Comme à son habitude, Nagamu Nanaji introduit sa nouvelle œuvre en étant simple et originale tout à la fois. Elle attise ainsi facilement son lecteur, curieux de voir où l’intrigue le mènera. On s’attache sans difficulté à l’héroïne et à sa doctrine/obsession de la banalité, qui nous feront sourire à bien des reprises. Le récit s’étoffe avec la mise en place d’une famille tout aussi spéciale qu’amusante, aux oppositions intéressantes, et d’un lycéen populaire qui semble intrigué par notre héroïne. L’histoire se veut légère et plaisante à suivre, sans être trop prise de tête ou superficielle. L’auteure se joue aisément des codes du genre, que ce soit par l’envie de Koiko de terminer son histoire par un happy end du sacro-saint « banal » dès le chapitre deux ou encore par son rejet intempestif de l’aide que pourrait lui procurer le beau gosse du lycée. 


« Je vais vivre ma vie de la façon la plus normale qui soit… Et un jour, un nouvel amour, tout à fait banal se présentera à moi. »


L’humour est bien senti, sans jamais aller dans l’excès. Les rebondissements s’enchaînent et nous transportent. La trame se poursuit sans aucun temps mort et évolue pour notre plus grand plaisir. Le personnage stéréotypé du garçon populaire s’approfondira au fur et à mesure des chapitres pour nous offrir un jeune adolescent au caractère plus nuancé et sympathique, qui n’aura de cesse de s’amuser des réactions originales de l’héroïne de conserver à tout prix sa vie paisible. 


Le trait de Nagamu Nanaji est, comme toujours, classique, mais maîtrisé. On voit que la mangaka a pris de l’expérience. L’édition et la traduction de Kana, quant à elles, se montrent de bonne facture. 


« Je défendrai ma position dans la classe « banale » jusqu’à la mort ! »


En somme, nous entamons la lecture de Banale à tout prix avec le sourire et avec intérêt. L’œuvre a tous les bons ingrédients (humour, simplicité, légèreté, originalité, …) pour développer sur le moyen terme un shojo intrigant et de qualité. Qui a dit que la banalité était synonyme d’ennui ?


Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
titali

16 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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