Baltzar - La guerre dans le sang Vol.8 - Actualité manga

Baltzar - La guerre dans le sang Vol.8

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 08 January 2021

Chronique 2 :

Sous la houlette du colonel Joseph Von Rendelick, éminence de l'artillerie d'Erzreich, le conflit entre les deux princes du Baselland a encore pris une nouvelle tournure: c'est désormais par des canons réquisitionnés dans la capitale que l'académie militaire, où est réfugié le second prince Reiner, va être bombardée, au risque de détruire beaucoup de choses et d'emporter beaucoup de vies, y compris chez les cadets... En l'absence de leur instructeur Baltzar qui a été renvoyé du petit royaume, les élèves tâchent alors de se défendre du mieux possible face au siège de plus en plus destructeur... Et s'ils ont retenu de nombreuses leçons aussi bien théoriques que pratiques de la part de Baltzar, ils sont bien décidés à en tirer, parti, et à ne rien lâcher. D'autant que, pendant ce temps-là, la situation se déroule comme prévu pour Weissen: sous l'impulsion du chef d'Etat-Major, le pays est en pleins pourparlers entre diplomates pour voter l'envoi de troupes ou non, l'envoi de troupes étant surtout un bon alibi pour annexer le Baselland et élargir le territoire...

Nous voici désormais, assurément, dans une étape charnière du manga de Nakajima Michitsune, que ce dernier prend encore soin d'intensifier sur bien des aspects. En premier lieu, le tome laisse la part belle au déroulement d'une bataille d'artillerie, sur de très nombreux aspect que l'auteur a à coeur de décortiquer. Ainsi découvre-t-on en détails, entre autres, les nombreuses contraintes et nombreux besoins du tir au canon, qui demande beaucoup d'informations, d'observations (comme l'analyse des points d'impact pour essayer de déterminer les positions ennemies dans un camp et comment mieux régler le tir dans l'autre camp), de calculs pour être le plus efficace possible... De purs aspects techniques qui se couplent ici, plus que jamais, à de nombreux aspect stratégiques: la destruction prioritaire de certains endroits-clés comme les postes d'observation qui pourraient facilement renseigner l'ennemi, la complexité pour les membres de l'académie militaire qui sont coincés dans un lieu inamovible, l'importance de veiller au moral des troupes et aux rations alimentaires, le besoin parfois délicat de déterminer quelles unités ont rejoint tel ou tel camp...

Dans cette optique, Nakajima Michitsune nous fait vraiment passer par de nombreux personnages (de plus cadets aux princes en passant par Joseph, les civils qui se retrouvent pris entre deux feux etc...), en n'oubliant pas même de souligner la situation très particulière pour plusieurs d'entre eux (comme Paul, qui risquerait presque de devoir tirer en direction de la ville, près de là où habite sa famille). Et parmi tous ces visages souvent déjà bien connus du lecteur, sans doute retiendra-t-on plus particulièrement les choix effectués par Helmut et Jürgen, deux élèves dont on découvre encore un peu plus le passé commun et la relation, et qui doivent prendre ici des décisions possiblement importantes, au risque d'aller à l'encontre des choix de leurs propres familles qui pourraient devenir des ennemies. C'est, forcément, avec un véritable intérêt que l'on voit s'affirmer encore plus une impétueuse personne comme Helmut.

Et Baltzar dans tout ça ? Bien que renvoyé, notre héros est loin de se tourner les pouces, mais risque encore d'être le jouet des plus puissants. Ainsi, en étant invité à rencontrer une éminente personne dont on taire volontairement le nom pour ne pas spoiler, il se voit confier une mission délicate, tant elle pourrait influer sur son avenir en tant que militaire s'il l'accepte, puisqu'elle reviendrait tout bonnement à aller à l'encontre du chef d'Etat-Major. Mais malgré une situation dont il ne peut être maître, notre héros se veut aussi malin que pragmatique: il lui faut se renseigner comme il faut avant toute décision, faire le choix le plus avantageux sans pour autant oublier son attachement acquis pour les cadets... ce qui, une "infiltration" immersive plus tard pour regagner le Baselland sans se faire choper par les gardes, nous laisse sur des toutes dernières pages on ne peut plus prometteuses.

Déjà très bonne depuis ses débuts dans son registre, la série de Nakajima Michitsune devient plus passionnante que jamais, tant le mangaka n'oublie rien des différents aspects de son récit de guerre et tâche d'aborder en détails chacun d'eux. Cela donne une lecture dense, très soignée autant pour ses aspects guerriers/militaires que pour ses aspects diplomatiques et plus humains... En somme, une excellente phase, qui ne devrait aucunement baisser en intensité dans le prochain opus, bien au contraire.


Chronique 1 :

C'est un véritable conflit interne qui a éclaté entre les deux princes héritiers du Baselland. Sur le point de dévoiler la vérité sur la famille royale, le second prince August s'est retranché avec son père au sein de l'école militaire. Celle-ci est devenue un rempart contre les armées associées au prince héritier, soutenues par des troupes d'Erzreich infiltrées. Le combat tourne à la rixe de canons, mais l'artillerie n'est pas assez précise pour pouvoir contre l'ennemi, tandis qu'aucun soutien ne daigne secourir les jeunes élèves soldats. De son côté, Baltzar s'est éloigné du pays. En apprenant la situation, un choix cornélien s'offre à lui, sachant qu'il reste étroitement surveillé par l'état-major...

L'arc actuel de Baltzar condense très habilement toutes les forces de la série, à savoir son action militaire mêlées à différentes manigances politiques, le tout dans un intrigue ou rien n'est manichéen et linéaire, les actions de chacun pesant dans une balance menant les événements vers des tournants différents et inattendus. Ce huitième volume ne déroge donc pas à la règle, le siège tenu par les élèves de l'école militaire prenant davantage d'ampleur tandis que les choix de plusieurs personnages font faire évoluer quelques issues, et que Nakajima Michitsune finit par nous en dire davantage sur les réels enjeux de cette opposition entre les deux "frères" de la famille royale du Baselland.

En terme d'intensité pure, c'est bien le front auquel sont soumises les jeunes recrues qui fait son effet d'un bout à l'autre, notamment parce que l'auteur n'épargne pas ses personnages. Si la bataille contre le Holbaek a surtout vu des soldats adultes périr en combat, la réalité de cet arc est beaucoup plus cruelle : Ceux qui tombent sont des adolescents, des jeunes gens qui se pensaient loin de tout conflit jusqu'à il y a quelques temps. Alors, comment ne pas être touchés par les mots de la jeune journaliste de guerre ? « Il faut bien que quelqu'un pleure à votre place ! », des paroles d'une grande sincérité dans ce carnage dont les victimes ne sont que de jeunes gens, victimes des jeux de pouvoir des adultes. Ceci mêlé à une sensation de danger permanente, de par une absence de soutien militaire et des tactiques ennemies toujours plus infaillibles, l'axe du siège de l'école militaire montre les horreurs de la guerre de manière frontale mais efficace, pour un récit toujours plus rude à chaque page.

Et quid de Baltzar, dans tout ça ? Plus discret, le commandant se voit pourtant exploité admirablement dans ce volume qui remet en question sa condition de soldat. Sans trop en faire, l'auteur nous fait comprendre le dilemme de l'ingénieux soldat, à travers le choix de sa carrière militaire rêvée ou de ses élèves auxquels il s'est attaché. Et il n'est pas le seul personnage à avoir droit à des égards de traitement, puisque c'est aussi le cas de Helmut et Jürgen dont la relation est passée au crible, tandis que chacun sera voué à s'affirmer d'une manière ou d'une autre. Chose admirable pour le troisième année un peu costaud dont on pouvait récemment douter, mais qui s'avère extrêmement nuancé.

L'arc actuel s'offre alors un volume particulièrement efficace, dense et éprouvant, qui n'épargne pas ses personnages et qui brille par son focus sur une guerre abominable en parfaite coexistence absurde avec un récit pas moins passionnant, notamment dans les retombées qu'il pourrait avoir. Baltzar reste une série finement écrite et toujours plus subtile au fil des opus. Sans doute une des plus belles pépites de récits politiques et militaires du paysage manga actuel aux côtés de Kingdom et des Héros de la Galaxie.
  

Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16.75 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

17 20
Note de la rédaction






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