Baltzar - La guerre dans le sang Vol.2

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 14 November 2019

Chronique 2

Envoyé par le royaume de Weissen au sein de l'école militaire du Baselland afin d'y réformer les méthodes militaires dépassées, Bernd Baltzar a eu, d'emblée, fort à faire. Mais il a su se sortir victorieux de la simulation de bataille orchestrée par le second prince Reiner tout en démontrant les qualités des armes et des tactiques de l'Empire, et il est également parvenu à s'attirer l'intérêt de certains des jeunes en formations dans l'école. Seulement, si ses premiers pas dans l'école ont déjà été bien mouvementés, ce n'est rien à côté de ce qui l'attend: tandis que Reiner, troublé par les événements, prend des décisions inquiétantes risquant de mener jusqu'à un conflit entre frères mais aussi parmi le peuple, quelqu'un semble prendre plaisir à attiser dans l'ombre la crainte et la haine de la population envers tout ce qui vient de l'Empire...

Après un premier volume immersif et mine de rien très dense, Nakajima Michitsune ne fait aucunement retomber les choses dans ce deuxième tome, puisque bien au contraire les enjeux s'intensifient et s'enrichissent encore, à commencer par l'acclimatation de Bernd au sen de Baselland, de son école militaire mais aussi de la ville non loin. Ainsi, en plus de pouvoir prendre la température lors d'une patrouille en ville où des tensions apparaissent déjà sous l'égide d'un individu mystérieux (affiches de propagande contre l'Empire, rejet violent des marchandises venant de celui-ci, etc...), notre héros a l'occasion d'en découvrir encore un peu plus sur certains élèves qui commencent à l'avoir à la bonne, par exemple sur Dieter Strunz et l'activité industrielle de son père, ou plus tard sur le petit secret de Helmut. Néanmoins, pas question pour Baltzar de s'attacher: il est là, comme il l'a dit lui-même, pour faire de ces jeunes de "va-t-en-guerre méprisables", pour les former et les envoyer au combat. Une vision des choses qui peut certes décontenancer, mais qui se veut réaliste, qui reste on ne peut plus logique dans le contexte, et que les élèves risquent fort de commencer à appréhender pleinement plus vite que prévu...

Car dès lors que Reiner prend une décision capitale en devenant actionnaire majoritaire de l'usine Strunz afin d'y fabriquer des armes, la situation est voué à très vite s'envenimer. L'auteur joue assez clairement sur pas mal de petites choses crédibles, comme l'essor d'une forme de capitalisme (c'est comme ça que Reiner prend le contrôle de l'usine), l'opposition entre les deux princes, le désir de la population de préserver son artisanat, le rejet de l'Empire puis du militarisme que cela provoque, etc, etc... dans le but de faire monter la tension de manière fouillée et fournie, jusqu'à une fin de tome marquant une importante montée en intensité et en tension, tant les enjeux deviennent clairs et nombreux.

Des enjeux qui montent également d'un cran important avec l'apparition d'une figure qui pourrait bien devenir l'un des principaux antagonistes de la série, au vu de ses agissements dans l'ombre, de son entrée en scène remarquée, et de ses liens d'amitié passés avec Bernd qui sont efficacement exposés... Prévoyant presque trop facilement ce qui va se passer, le dénommé Rudolf Von Liebknecht devient très facilement un personnage intrigant, dès son apparition.

En somme, loin de se contenter de conforter les qualités vues dans le premier tome, ce deuxième volume de Baltzar - La guerre dans le sang enrichit encore d'un bon cran le contexte, les enjeux et bien d'autres choses, si bien que l'on peine à croire que le mangaka pensait vraiment initialement faire une série courte de 2 ou 3 tomes seulement. Nakajima Michitsune pense bien son récit y nous y immerge sans la moindre difficulté, grâce à un abord se voulant pointu.


Chronique 1

Devenu conseiller et instructeur au Baselland, le commandant Baltzar trouve sa place tant bien que mal, mais parvient à susciter l'intérêt de quelques élèves de l'artillerie comme de l'infanterie. Il ne doit pourtant pas oublier sa mission : faire de ces jeunes recrues du Baselland des soldats aguerris près à partir en guerre. Lorsqu'une vieille connaissance fait irruption et que des manigances politiques se trament, peut-être que l'heure viendra pour les élèves de Baltzar de briller au combat...

Après un très bon premier volume qui proposait une entrée en matière assez dense, ce second opus suit la même lignée en continuant de dépeindre les premiers pas du commandant Baltzar en tant que conseiller instructeur dans un cadre où les manigances politiques et militaires semblent se multiplier.

Nakajima Michitsune continue alors de dépeindre avec une belle richesse sa chronique militaire, sans doute de manière bien plus fouillée que ce qu'il envisageait au départ. Lui qui imaginait une courte série en trois tomes, le voilà à détailler minutieusement les relations entre le Baselland et le Royaume de Weiben, et surtout à mettre en place les oppositions au sein de la famille royale, idée simple qui permet à ce second opus de développer plusieurs intrigues politiques.

Ainsi, c'est un second tome qui demande une attention particulière que nous propose le mangaka. Il ne faut pas s'attaquer à cette suite à la légère puisque chaque chapitre et chaque page nous renseignent sur les éléments politiques et militaires de la série, Baltzar ne se contentant pas d'être un manga d'action guerrier. Mais c'est justement cette densité qui donne de la saveur au titre : pour les amateurs de complots politiques en tout genre dans un cadre similaire à celui du XIXe siècle, la lecture est une nouvelle fois un régal. Car au-delà des simples conflits politiques, ici déclenchés par les actions du méprisant Reiner, on sent que l'auteur nous prépare une intrigue encore plus grande, ce à travers l'énigmatique Rudolf, personnage complotiste qui prend immédiatement une certaine importance et pique nos plus grandes craintes pour la suite de l'histoire.

A côté de ceci, l'auteur dépeint toujours des thématiques militaires très intéressantes. Si la vision qu'a Baltzar de ses élèves peut dérouter, le choix de dépeindre comme protagoniste un commandant de guerre dont l'objectif est de crée des guerriers dignes de ce nom est plutôt pertinent étant donné le cadre et le ton du récit, sans compter qu'il n'est pas interdit que ce héros soit sujet à évolution. Enfin, c'est la dimension psychologique de la figurine du soldat qui est amenée de manière intéressante, parfois même sur un habile plan tactique. Pour les amateurs de récit guerrier, Baltzar a de quoi constituer un petit régal, car rares sont les mangas parus en France qui aborde le thème autant dans le détail.

Ce deuxième tome confirme alors tout le potentiel de Baltzar. Le récit passionne par ses intrigues militaires et les manigances politiques menées par de charismatiques personnages, tout en insistant sur un cadre historique fictif très intéressant à suivre, inspiré du cadre européen tout en trouvant sa propre voie. Après ce volume, on est curieux de voir comment se soldera le front contre la révolution menée par la poignée d'industrielle, et il se pourrait bien que celle-ci mette le feu aux poudres à des événements encore plus forts. Du moins, c'est ce qu'on espère !


Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

16 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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