Atom - The Beginning Vol.1 - Actualité manga

Atom - The Beginning Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 02 May 2017

Astro-Boy, alias Tetsuwan Atom, est une figure de légende au sein du manga et de l’animation japonaise, et l’un des personnages phares d’Osamu Tezuka. Les aventures du petit robot ont ainsi attiré l’attention de bien des auteurs qui ont parfois repris le mythe à leur sauce. L’exemple le plus marquant est Pluto de Naoki Urasawa, publié entre 2004 et 2009 au Japon, mais un autre titre fait parler de lui ces derniers temps : Ayom – The Beginning. Mais là où Pluto réinterprétait une histoire d’Astro-Boy à la sauce Urasawa, le manga de Masami Yûki et Ttsuro Kasahara choisit de développer les origines des deux créateurs du petit robot. La série, ciblant un jeune lectorat, bénéficie d’un certain soin au Japon puisqu’est supervisée par Makoto Tezuka, le fils du Maître du manga en personne. Notons que le titre, comptant actuellement quatre tomes au Japon, a bénéficié d’un accueil louable puisque bénéficie d’une adaptation animée à l’heure où ces lignes sont écrites. En France, Kana se montre bien déterminé à proposer les titres qui gravitent autour d’Astro puisqu’après une série best-of autour du manga original et Pluto, l’éditeur nous propose cette œuvre inédite.

Cinq ans auparavant, une grande catastrophe a mis la civilisation en péril. Pour mieux se relever, celle-ci a mis la technologie et la robotique à l’honneur, si bien que de fulgurantes avancées ont eu lieu. A l’Université de Nerima, plusieurs étudiants chercheurs se livrent à une rivalité pour confronter leurs trouvailles. Parmi eux, les jeunes Tenma et Ochanomizu sont sous-estimés, mais ont conçu une machine ingénieuse : A106, dit « Six », brille d’une intelligence artificielle novatrice. De Six à Astro, les deux ingénieurs auront fort à faire pour démontrer l’étendue de leurs trouvailles…

Avec Atom – The Beginning, le mythe Astro-Boy trouve une seconde jeunesse… en partie. Car dans ce premier tome, Masami Yûki et Tetsuro Kasahara ne parlent pas du petit robot en lui-même, mais de ses créateurs, le récit étant destiné à parler de leurs jeunesses et de leurs avancées scientifiques qui donneront, plus tard, naissance à Astro. Le titre n’est donc pas exclusivement destiné à ceux qui connaissent l’œuvre de Tezuka et s’adresse à un lectorat plus large. Car au-delà des origines de Tetsuwan Atom, Atom – The Begenning se présente comme une série sur la robotique dans son pitch.

Sur ce premier tome, c’est une mise en place que nous proposent les auteurs. Les premiers chapitres consistent alors en de petites histoires individuelles et légères, abordant une intrigue plus soutenue sur la fin de ce premier volet. Et par ces chapitres introductifs, on sent rapidement une volonté d’ancrer le récit dans un style d’époque, que ce soit par le ton très insouciant des scénarios dans un premier temps ou l’utilisation de ficelles très rétro où plusieurs personnages aux caractères très codifiés apparaissent rapidement puis reviennent de manière ponctuelle. On retiendra alors la sexy Motoko ou son frère, Moriya, imbu de lui-même. Le style graphique de Tatsuro Kasahara sert cette oeuvre en cherchant à coller au coup de crayon de Tezuka en ce qui concerne le design des personnages, bien que la patte du dessinateur actuel ait une identité dont on reparlera. La sauce prend donc plutôt bien sûr ces premiers chapitres, rafraichissants, mais c’est un manga un peu plus ambitieux que le lecteur est en droit d’attendre.

Et une autre dimension, ce premier tome va en développer une sur la dernière partie du volume, et pas forcément celle qu’on attendait. Si la forme des premiers chapitres est classique, ces derniers parviennent à établir des liens entre personnages, des enjeux relationnels même, et fixe ses thématiques sur la robotique en développant des concepts bienvenus et qui font lien avec Astro-Boy. Dans la seconde partie de ce premier volet, la robotique est exploitée très différemment, par le biais d’un… tournoi. Voilà un ingrédient du nekketsu inattendu et qui peut faire grincer des dents lorsque l’idée est exposée, mais elle trouve un semblant de crédibilité dans son traitement par la mise en avant de Six et ses spécificités liées à son I.A, ce qui permet d’ailleurs aux auteurs de mettre en avant une intrigue plus prometteuse qui laisse le lecteur sur un certain suspense en fin de tome.

De bonnes idées, mais une forme classique, ce qui pourrait être lié à la volonté des auteurs des créer une œuvre à l’aura des mangas des années 60, voilà comment nous pourrions résumer ce premier opus qui séduit dans sa globalité et constitue un divertissement qui happe par sa légèreté. Vient alors un dernier argument de taille pour le titre : le coup de crayon de son dessinateur. Au-delà du design des personnages, parfois maladroit et qui cherche à se rapprocher du style de Tezuka pour certains personnages comme Ochanomizu, le travail effectué sur les différents éléments robotiques brille d’un certain cachet. On retiendra alors un style très fouillé quand il s’agit de dessiner les robots, et une mise en scène dynamique pour les quelques scènes d’action que ce premier tome nous propose. La présence de pages couleur est d’autant plus appréciable que le style de Kasahara prend beaucoup plus d’ampleur par sa colorisation.

Côté édition, Kana a fourni un travail des plus honorables. Si le papier donne l’impression qu’il aura vite tendance à jaunir, la présence de pages couleur est un plus indéniable, et la traduction de Miyako Slocombe est particulièrement fluide et efficace.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

14 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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