Angel Para Bellum Vol.1 - Actualité manga

Angel Para Bellum Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 16 November 2012

Après avoir publié Dance in the Vampire Bund et son spin off, Dive in the Vampire Bund, les éditions Tonkam sortent un nouveau manga de Nozomu Tamaki: Angel Para Bellum. Contrairement aux deux séries citées précédemment, sur celle-ci le mangaka se contentera du dessin. Le scénario étant confié aux mains de deux personnes réunies sous le pseudonyme de Kent Minami.

Avant de commencer Angel Para Bellum, il faut savoir que la série a été annulée suite à la fermeture du site Flex Comix Next, sur lequel elle était publiée. Kent Minami a annoncé qu'il reprendrait la série s'il en avait l'occasion, mais, pour l'instant, le troisième tome est le dernier.

Mitsuru est un orphelin. C'est la jolie Kyrie qui s'occupe de lui, mais un jour elle disparaît. Alors que Mitsuru sort du commissariat, où il était allé prendre des nouvelles de Kyrie, il se fait enlever par des bandits pas comme les autres... En effet, les kidnappeurs se révèlent être des démons qui veulent se servir de Mitsuru car il n'est pas un humain ordinaire. Mais l'archange Gabriel (ayant pris l'apparence de Kyrie) et Azraël, l'ange de la mort, viennent sauver le jeune Mitsuru de la horde de démons. Voilà comment débute ce manga d'action fantastique basé sur la religion.

Bon, autant y aller franchement, Angel Para Bellum est loin d'être un bon manga. Déjà le scénario de Kent Minami est trop peu travaillé. Il ne faut pas se poser de questions sur le pourquoi du comment et se contenter d'avaler les grosses ficelles scénaristiques. Tout événement est prétexte à mettre en avant des scènes de gunfights. Le fil rouge d'Angel Para Bellum est Mitsuru. Les anges veulent le protéger. Les démons veulent le capturer. Ou le tuer, on ne sait plus trop tant les informations distillées par les auteurs sont confuses. Mais bon, au final, ce n'est pas important. Puisque ce qui compte c'est qu'il y ait des tirs de partout. Parlons d'ailleurs de ces scènes d'action. Elles sont souvent maladroites, voire incompréhensibles, la faute revenant au dessin irrégulier de Nozomu Tamaki. Ce qui compte le plus, c'est de voir les anges, munies de leurs pistolets, prendre des poses classes. Enfin «classes», c'est vite dit. Parce que ces positions absolument pas naturelles sont plus ridicules qu'autre chose. Mais les pistolets ne sont pas les seules armes des personnages. Ils ont également des pouvoirs magiques, qu'ils ne doivent visiblement pas utiliser. Aussi voit-on un démon révéler sa vraie nature en prenant la forme... d'un éléphant ! Amusant n'est-ce pas ? Pourtant le ton du passage est tout à fait sérieux...

Si on s'arrêtait là, on obtiendrait un mauvais manga comme il en sort parfois. Mais les trois mangakas poussent le vice plus loin. Ils enfoncent leur manga en offrant (ou plutôt, en faisant subir) au lecteur un fan service persistant et de très mauvais goût. En effet, les auteurs ont fait des anges des personnages transsexuels. Ils justifient ce fait en disant que les anges n'ont pas de genre. Mais bon, on n'est pas dupe, c'est juste pour le fan service surfant du futanari. Se service de la religion pour justifier l'aspect sexuel du manga, voilà qui risque d'en rebuter plus d'un. Pendant la moitié de ce premier tome on voit Azraël et Garbriel exhiber leurs grosses poitrines et montrer leurs pénis à tout bout de champ. Les deux anges sont toujours à poil, le héros se travestit pour l'intérêt de l'histoire (à moins que l'histoire ne soit un prétexte pour le travestir...), les personnages se font des petits bisous, voilà ce qu'on retient de la lecture d'Angel Para Bellum. Le scénario étant bâclé, le principal intérêt d'Angel Para Bellum se trouve donc dans ce fan service de bien mauvais goût.

Le manga a le mérite introduire un thème trop peu représenté dans le monde du manga en France: le futanari. Même si Angel Para Bellum n'assume pas totalement cela, les fans du genre seront sans doute heureux de voir un éditeur s'y intéresser. Mais à part cette petite communauté de fans, il faudra sans doute prendre le manga au second degré pour l'apprécier.

Le manga est sauvé par les dessins de Nozomu Tamaki. Enfin, sauvé est un bien grand mot... Car si le trait du mangaka est agréable, fluide, voire même beau, il est également inégal. Cette irrégularité, on la voit surtout dans les scènes d'action qui deviennent rapidement incompréhensibles. Outre ces scènes-là, certaines cases, trop nombreuses, sont également ratées.

Du côté de l'édition, Tonkam fournit un bon travail sur la qualité du livre. Concernant la traduction, certaines phrases sont mal tournées. C'est léger certes, mais la fluidité de la lecture est mise en cause. On pourra aussi constater que certaines notes, voire toutes, du traducteur sont inutiles.

En définitive Angel Para Bellum est un manga dont on peut aisément se passer. Pas futé par son scénario, vulgaire par ses thèmes, irrégulier par son graphisme, il ne fait nul doute que cette ode au mauvais goût démarre d'une bien mauvaise manière. Et il est difficile de penser que les deux prochains tomes puissent relever la barre.


jojo81


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
jojo81

5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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