Amour tombé du ciel (l') - Actualité manga

Amour tombé du ciel (l')

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 28 September 2020

Découverte en France aux éditions Taifu Comics avec le très sympathique A Beautiful Sunny Day, la mangaka Aki Ueda est de retour dans notre langue, cette fois-ci au sein de la collection Hana des éditions Boy's Love, avec sa dernière oeuvre en date: L'amour tombé du ciel, alias Koi ga Ochitara (littéralement "Si tu tombes amoureux") en vo.

Prépubliée dans le courant de l'année 2018 dans le magazine Drap des éditions Core Magazine (magazine pour lequel l'autrice travaillait pour la première fois), cette mini-série en 5 chapitres (plus un épilogue, pour un total d'un peu moins de 170 pages) nous immisce aux côtés d'Ise, un jeune serveur qui, pour la énième fois, vient de se faire arguer par son petit copain du moment. Comme ses autres ex avant lui, celui lui rapprochait d'être un peu trop comme une mère, trop pot de colle, trop étouffant, et c'est ainsi qu'Ise se retrouve assis contre un muret, commençant à pleurer... du moins jusqu'à ce qu'il reçoive sur la tête... un caleçon ?! Puis d'autres sous-vêtements lui tombent dessus, ceci étant un bon prétexte pour que le locataire d'au-dessus et propriétaire desdits habits, un certain Hishimoto, lui adresse la parole pour le réconforter. En cet homme d'âge assez mûr, Ise voit alors quelqu'un d'attentionné, si bien qu'on n'a jamais été aussi gentil avec lui. Repassant régulièrement devant chez Hishimoto, et voyant jour après jour de nouveaux sous-vêtement s'égarer dans les branches de l'arbre à côté, il finit par recroiser cet homme distrait qui lui avoue alors la vérité: si, lors de leur première rencontre, la chute de ses sous-vêtements fut un bon prétexte pour aller le consoler sans arrière-pensée, Hishimoto n'a pas pu oublier cette rencontre depuis, au point d'avoir continué volontairement à égarer ses habits à l'extérieur pour à nouveau avoir une chance d'aborder le jeune homme ! Pourtant, à la base Hishimoto n'est pas gay, et a même été marié à une femme. Alors quel est ce sentiment qu'il ressent, ce désir de prendre soin d'Ise ? Quant à Ise, trouvera-t-il enfin ici la relation qui le rendra heureux ?

Malgré la rupture initiale vécue par Ise comme un déchirement, c'est presque sur un ton doucement humoristique que démarre ce récit, de part la manière dont nos deux héros se parlent pour la première fois puis font mieux connaissance, grâce à des sous-vêtements ayant un peu trop tendance à facilement s'envoler ! Mais cette base passée, Aki Ueda livre surtout un récit centré sur deux hommes d'âge différent mais ayant chacun traversé des difficultés amoureuses par le passé, et se sentant de plus en plus attirés l'un par l'autre. Entre le jeune gay marqué par ses ruptures (toujours pour les mêmes raisons) et l'homme plus mûr qui se pensait initialement hétéro mais qui évolue, la mangaka offre du déjà-vu, et ne fait évidemment pas spécialement preuve d'originalité dans le déroulement prévisible ni dans les légers "rebondissements" autour notamment du "mal-être" d'Ise, mais elle a pour elle une certaine application pour dépeindre l'évolution, petit à petit, de ces deux hommes, et l'intensification de leurs sentiments jusqu'au chapitre final faisant évidemment en bonne partie dans l'érotisme (non censuré). Bien que ce soit classique, on ressent bien les quelques doutes d'Ise, son attirance face à Hishimoto qui fait vraiment attention à lui, tandis que de son côté Hishimoto ne se pose pas trop de questions sur son orientation sexuelle: qu'il aime une femme ou un homme, ce n'est pas le genre qu'il aime mais la personne.

Visuellement, on retrouve le trait assez fin d'Ueda, avec des personnages un peu anguleux, élancés et aux longs coups. les expressions se veulent fines, les designs ont de l'allure avec une certaine classe se dégageant du look élégant et mâture de Hishimoto. Les décors sont bien soignés quand il le faut me^me si l'essentiel est accordé à nos héros, la scène érotique finale se veut particulièrement bien mise en scène en allant crescendo et en dégageant un côté assez passionné et "dans l'élan", et on appréciera facilement quelques petites cases à la très chouette mise en scène, ne serait-ce que la dernière case de l'épilogue avec son petit jeu de miroir.

Classique mais soigné et porté par deux héros charmants et assez attachants, L'amour tombée du ciel se parcourt donc avec plaisir, d'autant que la traduction de Laurie Asin est très fluide. A part ça, côté édition, on a un papier et une impression d'honnête qualité, 3 premières pages en couleur, et un lettrage tout à fait correct.
   

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






MN Actus
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