Akû - le chasseur maudit Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 08 Février 2019

Alors que Ki-oon commence l'année très fort avec l'excellent « Beastars » (que je vous recommande chaudement aussi), les éditions Pika décidaient de parier sur une série plus courte mais tout aussi puissante : « Akû, le chasseur maudit ». Terminée en cinq tomes au Japon, il est temps de nous plonger dans cet univers préhistorique qui s'annonce déjà sans concession...

Il y a plus de 30 000 ans naissait sous une lune rouge un enfant. Un enfant maudit que l'on appellera « Akû ». Son père, Dadâ, le meilleur chasseur de sa tribu se battra contre le destin annoncé par l'ancêtre du village et ira chasser une bête féroce pour l'offrir en offrande en échange de la vie de son fils. Cette bravade ne sera pas sans conséquence : Akû grandira au côté de deux parents alités, son père ayant perdu son œil droit et l'usage de sa main gauche, et sa mère ayant perdue l'usage de ses jambes après l'accouchement. De plus, il est rejeté de tout le village. La destinée du jeune Akû est-elle réellement maudite comme tout le monde semble le penser ?

Je ne vais pas vous le cacher : l'annonce de cette série m'a tout de suite intriguée. J'aime beaucoup les histoires se rapportant à l'époque de la préhistoire, une de mes séries de romans favorites se passant à cette époque. Et les mangas parlant de cette époque sont assez rare finalement, donc c'était intriguant. De plus, c'est une série courte, autant vous dire qu'« Akû, le chasseur maudit » avait tout pour me plaire !
Et que dire de ce premier tome à part qu'il est excellent ?
Le scénariste, Muneyuki Kaneshiro, s'est ici concentré à dépeindre des personnages charismatiques, et une histoire simple mais diablement efficace. Le scénariste est d'ailleurs un des « papas » d'une autre série ayant démarré en ce début d'année, « Jagaan » (Kazé Manga), qui rappellera le culte « Parasite » à de nombreuses personnes.
Pour ce qui est d'« Akû, le chasseur maudit » l'histoire se passe au temps des premiers hommes. Il faut donc que les personnages aient motivations simples (se nourrir, chasser, se reproduire...) et surtout des relations sociales assez rudimentaire. Ici, un « ancêtre » dit entendre la voix du soleil et ce sont ses paroles qui régissent le village selon ses superstitions et ses croyances. C'est lui qui maudira Akû et forcera son père à affronter une terrible bête, seul. Une bataille que Dadâ gagnera au prix d'une vie réduite à construire des armes pour les autres et à l'écart de la tribu, handicapé. Un prix qu'il ne semble pas regretter le moins du monde. Akû, quant à lui, se fait le plus discret possible. Il chasse par lui-même inspiré par les récit sur son père que lui raconte le dessinateur du village mais n'en parle à personne. C'est en prenant quelques risques qu'il apprendra que la nature est sans pitié, notamment lors de la première apparition du « Grash ». Cette créature qui leur est tous inconnue sera la preuve indéniable de la fragilité de l'homme à cette époque et qui amènera son lot de scènes crus, violentes et sans pitié. Qu'importe la bravoure ou la force que certains auront démontrés quelques pages plus tôt, l'impitoyable nature reprendra ses droits...

Autre gros point fort de cette série : son dessin. Fujimura Akeji nous offre ici un dessin ultra dynamique et surtout très expressif. Certaines expressions pourrait paraître grotesque mais il faut aussi remettre cette histoire dans son contexte. Cette histoire se passe à l'époque préhistorique, autant dire que de nombreux codes sociaux n'existaient pas et que les hommes ont des comportements parfois presque bestiaux. Il ne faudra donc pas s'étonner de voir de la nudité et pas mal de violence. Cette histoire a donc de nombreux parti-pris graphique qui ne seront pas au goût de tout le monde mais qui sont malgré tout vraiment efficaces.
Parlons en de la violence. Déjà très présente dans ce premier tome, elle est parfaitement bien rendu par le dessinateur qui nous offre des planches sans concession, qui n'hésiteront pas à montrer des corps meurtris, écrasés sous la puissance du « Grash », cette bête de la taille d'une petite montagne. L'impact de certaines planches est palpable, et accentué par le travail des ombres sur les créatures. Cela un donne un aspect très menaçant au "Grash" et nous fait perdre presque toute sympathie pour lui (si ce n'est dans les dernières pages où il nous montre une des raisons de sa colère). Et le dessinateur accentue tout cela en jouant également sur la perspective pour rendre la créature vraiment gigantesque et encore plus menaçante.

Pour ce qui est de l'édition, le travail de Pika est très bon, avec quelques pages couleurs assez sympathique en début de de tome. En revanche, une petite coquille aurait pu être évitée sur un flashback qui ne reprend pas le texte exact de la scène vu à peine quelques pages plus tôt.
Pour ce qui est de la traduction, Djamel Rabah a fait un travail honorable.

« Akû, le chasseur maudit » commence sur les chapeaux de roue et démontre déjà que la série vaut le détour. Si ce premier tome n'est qu'une introduction, on s'attend déjà à une suite qui sera bourrée d'action et d'émotions. En effet, si les graines de la vengeance ont été plantées dans le cœur d'Aku, elles ne demandent plus qu'à germer. Comment survivra-t-il maintenant qu'il est seul ? Et surtout, l'enfant maudit attirera-t-il vraiment le malheur à tout ceux qu'il rencontrera ou bien arrivera-t-il à se défaire de ce destin ?
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
kayukichan

17 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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