Akira - Edition Originale Vol.6 - Actualité manga

Akira - Edition Originale Vol.6

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 18 November 2020

Tetsuo a éveillé le plein potentiel de ses pouvoirs. Mais paradoxalement, il ne parvient plus à contenir cette puissance beaucoup trop grande, si bien que son corps se transforme en une masse difforme. Dans ce contexte, l'action se recentre sur le stade de Neo Tokyo : L'escadron spécial de l'armée américaine, guidé par le lieutenant Yamada, se heurte au Grand Empire de Tokyo. De son côté, le Colonel veut mettre fin à la vie de Tetsuo, quitte à réutiliser le rayon SOL. Enfin, Kaneda et les siens pénètres aussi les lieu, le jeune homme cherchant à en finir lui-même avec son ami d'enfance...

Les cinq premiers volumes d'Akira ont proposé une aventure menée d'une main de maître à bien des niveaux. Outre l'action rythmée et le récit de science-fiction prenant, Katsuhiro Otomo a développé un scénario d'une grande richesse, que ce soit pour son univers et ses personnages, mais aussi grâce à de nombreuses idées thématiques judicieuses, intelligentes et parfois lourdes de sens. Alors, ouvrir ce sixième et dernier opus de la saga phare du mangaka (et réalisateur) fait son effet. Fort de la notoriété de l’œuvre et de sa qualité, on sent avant ouverture de l'ouvrage que c'est un final marquant qui nous attend.

Une première impression qui ne sera pas faussée par l'ensemble de l'opus, bien au contraire. Les différentes factions étant réunies en un seul et même endroit, le stade de Neo Tokyo, il ne reste plus qu'à Otomo de livrer ses dernières confrontations et de développer les ultimes péripéties de l'histoire. En ce sens, ce dernier tome aborde vite un point largement attendu : Le face à face décisif entre Kaneda et Tetsuo, soit le combat déchirant de deux amis d'enfance qui ne peuvent maintenant plus faire marche arrière. Pourtant, la fin de l'intrigue ne se contente pas de cette facilité. On peut alors compter sur un Tetsuo, antagoniste phare du manga, totalement hors de contrôle pour créer un climax démesuré et éprouvant, ce jusqu'aux dernières pages de l'ouvrage.

Et dans cette surenchère volontaire de destruction, difficile de ne pas voir les inspirations du mangaka, celles des idées qui hantent le Japon, telles que l'engloutissement de l'Archipel par les eaux ainsi que le spectre des bombes nucléaires qui l'ont frappé lors de la Seconde Guerre Mondiale. Il est même marquant que l'auteur ne cherche absolument pas à masquer cet état d'esprit de son récit : L'entrée de l'armée américaine sur le champ de bataille est violente, impitoyable et pas toujours justifiée, amenant le lecteur à vite condamner un usage si abusif de la technologie de guerre de la première puissance mondiale. Pas de doute, Akira confirme son discours anti Amérique jusqu'au bout, ce qui ne sera jamais contredit jusqu'aux dernières pages (nous y reviendrons).

Le fléau qui frappe Neo Tokyo contribue donc à l'ambiance de ce final quasi cataclysmique. Pourtant, sa puissance reposer aussi sur ses élans mélancoliques et tragiques, reposant sur des développement assez mystiques mais cohérents par rapport à tout ce qui a été développé précédemment. Tout en apportant quelques réponses supplémentaires autour des enfants à pouvoir, de la nature de leur don (qui constitue une idée de SF judicieuse) et le destin qui les frapperont, l'auteur s'intéresse au Temps via la connexion entre Kaneda et Tetsuo, lui permettant de clore l'opposition phare de l’œuvre dans une sorte d'intensité dramatique qui fait son effet. Après avoir assisté à tant de déboires de personnages qui n'ont rien d'ordinaire, le lecteur assiste au dénouement de leurs arcs narratifs respectifs dans une séquence à l'aura toute particulière.

Mais si la bataille finale s'achève de manière pertinente, onirique et envoutante, comment achever un récit tel qu'Akira ? Un banal happy end ne siérait pas vraiment au titre, aussi le mangaka a fait le choix le plus judicieux possible au tournant son épilogue vers l'espoir et l'avenir, une conclusion prônant un futur remis entre les mains de la nouvelle génération par les adultes, à travers une jeunesse qui condamnera toujours ceux qui ont commis les pires atrocités par désir de puissance. La séquence finale d'Akira, c'est une virée à moto vers la liberté, et en n'oubliant pas ceux qui n'ont ont accompagné pendant 6 opus denses, permettant de refermer l'ouvrage sans aucun regret, avec la sensation d'avoir parcouru une fiction définitivement intense et aboutie dans tout ce qu'elle a abordé.

Akira, le manga phare de Katsuhiro Otomo, s'offre donc une fin que beaucoup pourront considérer comme « parfaite » du fait de son caractère maîtrisé. Un point de vue qui se comprend tant le final est grandiose et parvient à mener à terme toutes les idées introduites depuis le départ, tout en créant une vraie finalité autour de chacun des personnages importants du titre. Et encore une fois, le rapport entre le manga et le film reste intéressant à savourer sur cette fin. La version animée ayant été finalisée avant la conclusion de l’œuvre papier, il est passionnant de voir quels aspects Otomo avait prévus, et de quelle manière le manga trace sa propre route, avec une conclusion peut-être plus poignante.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

19 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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