Akamatsu (et) Seven Vol.1 - Actualité manga

Akamatsu (et) Seven Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 25 November 2020

Découvert en France il y a seulement quelques mois aux éditions Omaké avec sa série d'action barrée Assistant Assassin, Hiromasa Okujima est un mangaka qui semble avoir le vent en poupe en ce moment dans notre pays puisque les éditions Ki-oon ont récemment annoncé la sortie pour 2021 d'une autre de ses oeuvres, Les racailles de l'autre monde, un isekai qui s'annonce délirant avec en héros des furyo sans foi ni loi. Mais en attendant, grâce aux éditions Boy's Love, c'est un autre aspect de la carrière de l'auteur que l'on peut découvrir chez nous à partir de ce mois de novembre !

Entre deux récits d'action et de comédie, Okujima est aussi un auteur qui, depuis quelques années, s'adonne de temps à autre au registre du boy's love, que ce soit en yaoi ou en shônen-ai, et dans un style visuel bien à lui puisqu'il ne change pas beaucoup par rapport à ses travaux dans d'autres registres, apportant dès lors une pointe de fraîcheur au genre. De son nom original Dousei Yankee Akamatsu Seven, Akamatsu (et) Seven: les colocs d'enfer! est en cours au Japon depuis 2018 dans le magazine en ligne Kachi Comi d'Akita Shoten, et il s'agit du tout premier essai du mangaka dans le BL. Et pour cette première fois, il est essentiel de noter qu'Okujima n'est que dessinateur, la partie scénario/storyboard étant assurée par une spécialiste du genre: Shoowa, que l'on connaît déjà bien en France pour les oeuvres Iberico Pork, Papa's Assassin et Le Syndrome du Tournesol. Mais la série ici présente est également une "première fois" pour elle, puisque c'est la première fois dans sa carrière qu'elle laisse la partie dessin d'une de ses oeuvres à un autre auteur.

Aisuke Akamatsu, 17 ans, se présente lui-même comme un garçon en pleine crise d'adolescence, voire comme une racaille, si bien qu'il dit détester son prénom comportant l'idéogramme de l'amour. Les cheveux décolorés, doté d'une énergie à revendre, il ressent toujours le besoin de se dépenser quand il n'est pas en cours ou à son petit boulot... si bien que depuis quelques jours, il a pris l'habitude de se battre avec "Pain au curry man", dans le parc près de chez lui où ce gars traîne toujours pour manger ses pains au curry. Aucune raison à ces bastons: les deux hommes se mettent juste sur la face, comme ça, pour le plaisir, au gré des provocations du blondinet. Mais bientôt, Akamatsu ne peut qu'observer des choses étranges sur son partenaires de bagarre: le nattô en promo est pour lui un luxe, il fait sa lessive dans les toilettes du parc avant de la faire sécher sur des barres de fer à côté, il dort dans un tuyau... Le gus ne semble tout simplement pas avoir de chez-lui. Alors quand il apprend que ses rixes avec lui risquent bientôt de prendre fin car il ne pourra plus squatter le parc, Akamatsu lui propose tout bonnement, dans son élan, de venir vivre pour quelque temps dans son petit appartement, le jeune garçon vivant séparément de sa famille. Commence alors une colocation étrange, tantôt amusante tantôt gênante, au fil de laquelle les deux hommes pourraient bien apprendre à mieux se connaître, voire entrevoir les plus difficiles secrets de l'autre.

Le moins que l'on puisse dire est que les deux mangakas livrent dès les premières pages un récit rythmé, emballant et pêchu, non seulement pour la légère part de baston décalée où il y a surtout une certaine fraicheur amusante, mais aussi pour la manière dont nos deux héros nouent contact et dont ils finissent en coloc' comme si de rien n'était. A partir de là, ladite colocation va nous réserver nombre de situations souvent amusantes, que ce soit grâce aux goûts vestimentaires de Seven Kanzaki (puisque c'est son nom), aux moments où Akamatsu ne peut exercer ses "activités quotidiennes" puisque Seven est là, à des petits détails rigolos comme certains objets mignons donnant l'impression qu'ils forment un petit couple, à la parfois forte naïveté d'Akamatsu, à des situations de tous les jours difficiles à gérer comme quand ils se refilent leur crève... C'est au fil de ces diverses petites choses que nos deux héros interagissent l'un avec l'autre et apprennent plus ou moins à se connaître.

Mais si la lecture se présente comme une tranche de vie dont l'humour et la fraîcheur contrastent gentiment avec l'excellent dessin masculin et un brin furyô d'Okujima, elle sait également distiller, petit à petit, des petits détails intrigants quant à la vraie situation de nos deux héros, jusqu'à ce que des petites informations plus concrètes sur eux finissent par apparaître par bribes. Ainsi apprend-on dès ce tome 1 pourquoi Akamatsu ne vit pas avec ses parents, ce qui est l'occasion pour Shoowa de jouer efficacement sur l'acceptation de ses penchants par ses proches. Quant à Seven, le mystère sur lui est plus présent, autour de son passé, des activités qu'il a pu avoir jusque-là, de la manière dont il a grandi, des gens mystérieux qui le recherchent... Mais une chose est sûre: au-delà de leurs bastons quotidiennes où Akamatsu apprend certaines techniques, les deux gaillards semblent se pousser mutuellement dans la bonne direction, notamment Akamatsu qui, sur conseil de Seven, finit par aller parler franchement à sa famille, cette famille à laquelle il doit beaucoup, tandis que de son côté Seven ne semble avoir jamais connu de famille aimante.

Au-delà de l'humour gentiment décalé parfois, Akamatsu (et) Seven sait donc distiller ce qu'il faut d'intérêt sur les deux héros, sur leur relation vouée à évoluer, sur ce qu'ils peuvent s'apporter l'un l'autre, et c'est quelque chose que le style visuel sert bien. En se basant sur les storyboards de Shoowa, Okujima propose un travail toujours clair et soigné, et n'hésite pas même à s'adonner à quelques pages érotiques bien fichues (pas de non-censuré en vue, les parties étant blanchies).

On se retrouve donc avec un premier opus franchement séduisant, avec un récit piquant la curiosité, un côté comique qui fait mouche, deux personnages principaux que l'on prend beaucoup de plaisir à suivre et à découvrir... Espérons que la suite sera tout aussi chouette !

Quant à l'édition française, elle est très satisfaisante. Aline Kukor livre une traduction impeccable et collant bien au caractère des héros, tandis que le papier et l'impression sont de bonne qualité. On appréciera également la présence d'une première page en couleur.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16.25 20
Note de la rédaction






MN Actus
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