7 Ninjas d’Efu (les) Vol.8 - Actualité manga

7 Ninjas d’Efu (les) Vol.8

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 11 January 2021

Munenori Yagyû, l'instructeur expérimenté des Tokugawa, doit combattre un démon redoutable, ayant les caractéristiques de plusieurs animaux. Quant à Sôji Okita, le membre du Shinsengumi transporté dans le passé, le voici aux prises avec Tani, alias Geiki. Chacun d'entre eux a ses motivations, ses techniques, ses bottes secrètes, qu'il est prêt à utiliser autant que possible au fil d'un double affrontement occupant quasiment les deux tiers de ce huitième volume. Mais comme toujours dans la série, la part d'action, tout aussi riche visuellement (ces designs, une nouvelle fois...), esthétique dans sa brutalité et quasiment jouissive dans certains aspect quasiment "nanar" soit-elle, sert aussi des rebondissements et un propos très intéressants.

Ainsi, du côté de Yagyû, on a droit à un combat assez prenant où on sent assez vite que l'instructeur des Tokugawa est un brin dépassé face à un adversaire qui lui semble invincible: l'ennemi a des pouvoirs d'empoisonnement, d'infection, peut même brûler... Sa technique ultime, le kabuto wari, sera-t-elle utile ? Le duel prend surtout un tour plus prenant dès lors que surgit une aide que Yagyû n'attendait pas forcément: celle du fameux Momotarô, homme qu'il admire, et qui dévoilera ici toute sa force. Les choses sont assez simples, mais Yamaguchi séduit pas mal pour ses différentes références au conte de Momotarô: les kibidangos, les trois animaux... qu'il reprend à sa sauce, bien sûr.

Le duel entre Okita et Geiki est sans doute plus intéressant dans ce qu'il véhicule, surtout vers la fin. Okita est déterminé à vaincre son adversaire, ne serait-ce que pour venger Ichika, mais il a face à lui un Tani/Geiki aux capacités de régénération hors du commun. Okita a pourtant sur lui un atout qui pourrait être important, à savoir l'armure que lui a confiée Hanzô Hattori, contenant des poches d'explosifs pouvant créer un feu si on le touche... mais cela sera-t-il suffisant ? D'autant qu'en face, il a la surprise d'avoir un Geiki qui n'agit aucunement comme prévu, n'essaie ni de le mordre ni de le griffer, ce qui laisse déjà entrevoir certaines choses sur cet adversaire qui, au bout du compte, risque bien d'influer de manière forte sur le transfuge du Shinsengumi. Car comment ce dernier réagira-t-il en apprenant la mort atroce et injuste des kawarames, ces prostituées marginalisées qui avaient montré tant de bienveillance à son égard et qui ne méritaient aucunement un tel sort ? La vérité est efficacement exposée sur la création du quartier des plaisirs de Yoshiwara, permettant à Tokugawa de chasse les rônins qui ne sont pas dans son camp ainsi que les personnes ne rentrant pas dans son moule. Et si Okita, lui aussi, a autrefois exécuté des personnes qu'il savait innocentes avec le Shinsengumi, il ne peut que prendre conscience de certaines choses. Ainsi, si l'issue du duel est inévitable, il est passionnant de voir comment les destins du Loup de Mibu et de Geiki se retrouvent liés.

"Finalement, ce démon était plus humain que n'importe quel samouraï."

La suite du volume, elle, nous replonge auprès d'autres personnages. Tout d'abord, brièvement, aux côtés de Harara, de retour à Ijika dans la province de Shima pour s'emparer du magatama du dieu dragon, avec à la clé quelque références mythologique/folkloriques très sympathiques autour du yôkai Ubume, de la sorcière Yama-Uba, Yamaguchi continuant ainsi de nous immerger dans une atmosphère typique. Mais la partie suivante est sans doute un peu plus intéressante en nous faisant aller après le chute du château d'Osaka et donc la mort du célèbre Sanada Yukimura, général qui a payé de sa vie son oppositions à Tokugawa en restant l'allié de Toyotomi. Le mangaka nous immisce auprès de Nobuyuki, le frère de Yukimura qui, lui, a préféré se ranger du côté de Tokugawa... mais pour quel résultat ? A l'heure où les 10 de Sanada, éminents alliés de Yukimura emmenés notamment par Sasuke Sarutobi, réapparaissent auprès de Nobuyuki pour retrouver Kyôma, la situation se fait à nouveau intéressante. D'un côté, on a l'occasion d'entrevoir brièvement les sentiments intérieurs de Nobuyuki: ile doit pas montrer qu'il regrette la mort de Yukimura, son propre frère, car rien que cela le mettrait en danger en risquant d'attirer sur lui des soupçons de complots. De l'autre, on apprend que les troupes du bakufu du Shinchû ont pour ordre d'anéantir tout survivant du clan Sanada, ce qui implique évidemment Sasuke et les siens. Enfin, on entrevoit aussi les injustices qu'ont pu subir par le passé les 10 de Sanada. Dans chaque cas, est mise en évidence l'intransigeance, la sévérité du clan Tokugawa, qui ne fait aucun cadeau pour mouler le pays selon ses désirs, en éradiquant purement et simplement tout ce qui dépasse du moule. Alors quitte à devoir mourir, Sarutobi et les siens semblent vouloir choisir qui les tuera...

Maintenant que l'on sait que la série se finira en 10 tomes donc dans seulement 2 volumes, n se demande forcément comment Takayuki Yamaguchi va pouvoir conclure tout ça, d'autant que pendant longtemps n avait presque l'impression de n'être que dans une phase de présentation de nombreux personnages, quand bien même ces phases ont toujours véhiculé pas mal de choses sur les injustices et le désir de révolte de celles et ceux écarté de la société et mis à mal par celle-ci. Mais ici, en nous faisant suivre plusieurs visages, le récit semble avancer assez bien, en intrigant comme il se doit pour la suite.

Par ailleurs, on appréciera beaucoup le fait que ce tome soit ponctué d'assez nombreuses notes de traduction, que ce soit pour faire de tout petits éclairages sur l'Histoire ou sur les légendes auxquelles l'auteur fait référence. De quoi rendre la lecture légèrement plus claire pour celles et ceux qui n'y connaîtraient pas grand chose.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15 20
Note de la rédaction






MN Actus
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