3e Gédéon (le) Vol.8

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 27 May 2020

L'année 1790 arrive, et avec elle de nouveaux moments cruciaux de l'Histoire, à commencer par la réforme du clergé, et au fil des événements Louis XVI se voit toujours plus acculé par sa position. D'autant que, bientôt, le Compte de Mirabeau, son principal allié à l'Assemblée, décède... et que même Gédéon s'éloigne de lui en changeant radicalement de comportement. Lui qui était si désireux de retrouver son père le Duc de Loire pour le forcer à avouer son amour paternel pour Georges, est tombé de haut en découvrant la vérité: son père l'a toujours détesté, n'a jamais eu le moindre amour pour lui, et a toujours préféré Georges pour sa beauté sans égal, quels que soient les liens du sang. Depuis, la situation s'est inversée: Georges est parti en n'ayant plus la moindre envie de chaos ni de voir le roi mourir, Solange l'a suivi, et pendant ce temps c'est désormais Gédéon qui est brisé et souhaite tout détruire, quitte à creuse aussi sa propre tombe. Après tout, il n'a plus rien... Alors comment se finira l'histoire des "Gédéon", à l'heure où la Révolution atteint son point culminant ?

Avec une certaine précision historique ainsi que des interprétations tout à fait intéressantes et nuançant pas mal chaque camp (enfin, surtout Louis XVI, probablement la figure la plus en vue du tome), Taro Nogizaka s'empare efficacement des grandes lignes de l'Histoire, de la réforme du clergé jusqu'à la mort de Marie-Antoinette, en passant aussi bien sûr par celle du roi et de ses autres proches, par les hypothèse sur ce qu'a vécu le jeune dauphin, sur le rôle des Montagnards et Girondins, ou sur la fuite de la famille royale jusqu'à Varennes, un passage revêtant ici une importance capitale et enrichissant grandement le couple royal, mais pas que.

Tout ceci, le mangaka l'exploite pour mettre en vue ses divers personnages, y compris la soeur du roi qui a un rôle enfin un peu plus marqué, mais ce qu'il faut avant tout retenir est bien le parcours que prennent, jusqu'au bout, Gédéon, Georges et Solange, dans des considérations interrogeant avant tout sur la notion de père et sur le lien paternel, véritablement au coeur de tout. Ce rapport à la figure du père, qu'il s'agisse du père biologique, du père adoptif ou du "père du peuple français" (Louis XVI), est ici cruciale, et peut-être que l'expression "tuer le père"n'a jamais eu autant de sens dans un manga. Le tuer, mais aussi le comprendre, voire le faire renaître, au vu de la toute fin expliquant mieux le titre de "3e Gédéon".

Pourtant, cette conclusion, elle peut aussi laisser un peu sur sa faim concernant sa rapidité. Le final sur nos héros est un brin expéditif, des figures comme Saint Just ou Robespierre sont plutôt peu en vue alors qu'elles ont un certain rôle important... mais dans l'ensemble, Nogizaka est surtout bel et bien allé au bout de son idée, en interrogeant à sa sauce le lien paternel et plus généralement familial, dans un contexte historique trouble qui n'en finira peut-être jamais de livrer des interprétations et d'inspirer des auteurs.
   

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15.5 20
Note de la rédaction






MN Actus
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