20th century boys - Deluxe Vol.3

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 10 December 2014

Le parti de l’Amitié prend de plus en plus d’ampleur dans le monde et Kenji est devenu, aux yeux du Japon, un terroriste si bien qu’il est contraint de se cacher. Mais la fin de l’an 2000 approche à grands pas, instant réputé pour être la fin du monde selon le cahier des prédictions. Pour que Kenji puisse contrecarrer ses plans, Ami l’incite à réunir neuf compagnons… Puis, des années plus tard, en 2014, le monde semble encore exister, mais est régi par un climat hostile. Kanna entre alors en scène, elle semble être le dernier espoir de la bande à Kenji.


Dans ce qui s’apparente aux tomes 5 et 6 de l’édition originale de 20th Century Boys, Naoki Urasawa ne cesse de faire monter une tension déjà palpable dans le volet précédent. Après une introduction qui visait à implanter la secte d’Ami qui a effectué une croissance phénoménale, l’heure est désormais à l’affrontement entre Kenji et sa bande et Ami et ses noirs desseins. Dans cette optique, toute la première partie de ce volet va amorcer la tant attendue confrontation qui scellera la fin de l’an 2000 et à ce stade, nous sortons clairement du cadre réaliste de la série. Ami projette de détruire le monde en utilisant un robot géant, une menace que Kenji doit pourtant affronter ! Pourtant, on se demande quels seront ses atouts pour mettre un terme aux agissements de l’un de ses camarades d’enfance dont l’identité est toujours inconnue. Plus que jamais, on frémit au fil des pages à l’idée de cet événement intense, jusqu’à ce que Naoki Urasawa nous prenne complètement à contre-pieds.


Que s’est-il passé le 31 décembre 2000 ? Nous ne le saurons pas encore, du moins pas concrètement. Nous arrivons à ce qui caractérise la fin du cinquième volet quand l’histoire nous plonge dans un tout autre contexte, celui représenté par les premières pages de la série, l’an 2014. Kenji est-il le grand héros qui a sauvé le monde ? Impossible de le savoir au départ puisque le monde semble en paix, mais pour autant, un destin heureux ne semble pas briller pour la brochette de héros de l’œuvre. Le nouveau protagoniste semble être maintenant Kanna, nièce de Kenji désormais âgée de 17 ans. Téméraire et débrouillarde, la fille d’Ami a bien grandi, et son tempérament est sa meilleure arme dans ce monde divisé. Par ce personnage, Urasawa plante les éléments de son nouveau décor, nettement différent de celui de l’arc premier. Kenji et sa bande ne sont plus en tête d’affiche et même le parti de l’Amitié ne joue pas un rôle crucial pour l’instant. Le récit de Kanna tourne pour l’heure autour des guerres de territoire de différente mafia et la manière dont le meurtre d’un chinois amènera des événements bien plus terribles. Sur un autre plan, c’est un jeune prisonnier incarcéré dans un pénitencier en pleine mer qui nous permet de découvrir un autre pan de cette société de 2014 : les libertés semblent grandement réduites puisque ce dernier se retrouve derrière les barreaux pour avoir dessiné un manga contraire aux bonnes mœurs…


L’histoire amène ainsi de tout nouveaux développements, très éloignés de la partie scénaristique précédente à première vue. Et il faudra plusieurs volumes pour que les événements s’imbriquent correctement, l’histoire formant à l’heure actuelle un immense puzzle. Pour autant, on ne se sent jamais largués. D’abord, le lecteur a conscience que la situation présente n’est que le fruit de l’épilogue du 31 décembre 2000, reste alors à savoir ce qu’il s’est précisément déroulé. Puis, l’introduction de ce nouveau contexte par Kanna se fait avec quelques repères. Des personnages importants sont toujours présents pour nous aiguiller, ou d’autres sont directement reliés à des défunts du premier arc… Urasawa jongle avec les générations avec une grande habileté et à moins d’avoir dormi durant la lecture, difficile de se retrouver perdu. L’effet est donc réussi et bien que l’histoire ait osé une pirouette lors du climax de la première partie du manga, on se prend d’intérêt plus que jamais pour le scénario et ses personnages. L’histoire de Naoki Urasawa prend des risques, mais les honore, et ce second arc promet d’être particulièrement riche.


Intense, osé, nous scotchant au volume à chaque instant… 20th Century Boys ne cesse de prouver toutes ses qualités. Nous n’en sommes en vérité qu’à 6 tomes sur plus d’une vingtaine, preuve que le titre ne se privera pas de nous mener de surprise en surprise. Malgré quelques coquilles que Panini ne s’est pas gêné de laissé dans son adaptation, l’histoire s’avère suffisamment riche pour que ce détail n’entache pas notre lecture.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

17 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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