20th century boys - Deluxe Vol.1 - Actualité manga

20th century boys - Deluxe Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 24 June 2014

Est-il encore nécessaire de présenter Naoki Urasawa ? Le maître du thriller japonais s’est fait connaître pour certains de ses manga cultes, comme Monster ou Master Keaton, deux grands seinen, bien que le mangaka a opéré dans des registres un chouïa plus légers, notamment avec Happy, un titre sur le tennis. Alors que la parution de Billy Bat bat son plein aux éditions Pika, Panini a trouvé judicieux de relancer l’un des plus grands titres du mangaka. Ainsi, 20th Century Boys, thriller comptant initialement 22 volumes ainsi qu’une suite en deux opus, nous revient dans une édition dite « deluxe », englobant les deux axes de la saga en 12 volumes épais. Quelle joie, donc, de retrouver ce chef d’œuvre aux grandes qualités scénaristiques ! L’édition, elle, aurait plutôt tendance à nous faire grogner…


1969, une bande de gamins profitait d’un bel été dans sa base secrète, située au milieu d’un champ, constituée principalement de feuillages. Coulant de paisibles jours estivaux, la troupe s’est créé un emblème, un véritable symbole pour eux.


1997, le 21ème siècle approche à grands pas, et chacun de ces enfants a bien grandi, a fondé une famille ou non. Kenji, leader de la troupe, est un célibataire qui a transformé la boutique d’alcool de ses parents en une épicerie, et son quotidien consiste à s’occuper du commerce tout en veillant sur Kanna, la nièce que sa sœur lui a confiée. Seulement, Kenji prend conscience de graves évènements qui commencent à frapper le monde et ceux-ci convergent autour d’une secte nouvelle toujours plus grandissante, dirigée par un certain « Ami ». Plus grave encore, l’emblème de la secte n’est autre que… celui que Kenji et les siens ont créé durant leur jeunesse ! La fin du monde approche !


Les débuts de 20th Century Boys se marquent par des débuts ambitieux. D’emblée, le récit insiste sur une fin du monde imminente qui frappera le 21ème siècle, et le fait qu’une brochette d’individus l’a sauvé. Ce premier volume impose ainsi une recette remarquable : l’histoire soulève énormément de questionnement et renvoient à une intrigue d’une grande densité, notamment autour de la secte d’Ami et du rôle de Kenji dans l’histoire, mais les réponses à toutes ces questions viendront au compte-gouttes, tout en sachant que Naoki Urasawa a d’ores et déjà de la suite dans les idées. En effet, tout le premier tome jongle sur deux époques : l’année 1969 durant laquelle les héros n’étaient que des enfants, et l’an 1997 où le groupe d’Ami a gagné en influence, époque où Kenji prendra conscience de l’imminent danger qui guette l’humanité. Chaque chapitre jongle habilement entre ces deux ères et apporte souvent des réponses aux interrogations qui se présentent. Petit à petit, l’histoire se précise et bien que nous n’en sommes qu’au début de la série, le danger représenté par Ami monte crescendo. Sur un seul volume, 20th Century Boys se présente déjà comme la série typique dont on aimerait avoir l’intégralité sous le nez, tant le récit est passionnant et l’intérêt est sans cesse accentué par la mise en scène remarquable de Naoki Urasawa et ses sauts incessants dans le temps.


L’autre grande force de la série à l’heure actuelle, c’est ses personnages, authentiques et loin de la superficialité. Au centre de l’œuvre se trouvent Kenji et ses camarades que nous suivons enfants et adulte, évoluant dans une ère post-guerre puis dans un monde qui s’est stabilisé après les conflits du 20ème siècle. Le développement des personnages paraît donc cohérent par rapport aux deux contextes présents, on parvient rapidement à cerner cette bande de gosses et à s’attacher à eux, mais aussi à leurs versions « futures ». Pour l’heure, Kenji est le personnage le plus mis en avant mais nombre de ses camarades sont voués à prendre de l’importance et à participer à la lutte contre Ami.


Le récit tient ses promesses, indéniablement, si bien qu’on ne demande qu’à lire la suite. Plus incroyable encore, l’histoire n’en est qu’à ses balbutiements, et réserve d’énormes surprises. Le meilleur est à venir, il ne fait aucun doute, et cette mise en bouche prouve à elle-seule le talent d’Urasawa pour ce genre de récit.


Néanmoins, cette force scénaristique se voit entachée par l’aspect éditorial de ce tome. Petite explication d’abord : Dans son format original, 20th Century Boys compte 22 volumes, ainsi qu’une suite en deux tomes nommée 21st Century Boys qui vient apporter un point final au récit. Cette édition Deluxe promet de réunir les deux titres dans une seule édition de 12 volumes, un pavé représentant deux tomes de l’édition classique. Or, une édition Deluxe française signifie qu’une même édition est sortie sur le territoire japonais, ce qui n’est pas le cas de 20th Century Boys dont notre Deluxe est complètement inédite mais devait être supervisée par Urasawa en personne. Finalement, cette Deluxe sonne comme un pétard mouillé : Aucune retouche des planches d’origines, aucune page couleur, pas de révision de la traduction pour coller au mieux au texte original, un papier très classique voué à jaunir rapidement… Oui oui, malgré la jolie couverture qui bénéficie de vernis sélectif, nous avons affaire ni plus ni moins à une édition double en grand format. A titre de comparaison, même l’édition Double de Chobits par Pika s’apparentait d’avantage à une deluxe.


Le bilan pour ce premier tome « deluxe » de 20th Century Boys est donc le suivant : Pour ceux qui ne connaitraient pas la série, cette édition est une aubaine puisque permet de découvrir la série sur un grand format pour un prix avantageux par rapport à l’édition classique. Et étant donné la qualité croissante du récit, la chance est à saisir !


Néanmoins, pour ceux qui posséderaient déjà la série dans son intégralité, cette édition n’apportera rien de plus, si ce n’est un grand format. C’est dommage car avec cette deluxe qui semble improvisée, les chances de voir paraître une véritable édition prestigieuse, suivant une édition japonaise similaire, sont proches du néant. Ne boudons toutefois pas notre plaisir : 20th Century Boys est un titre de très grande qualité, et il est toujours plaisant de le voir de nouveau sous le feu des projecteurs !


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

17 20
Note de la rédaction
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