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Little Nightmares - Six Edition

Le test du jeu video:

Publié le Vendredi, 23 Février 2018

Dans ce jeu du Studio Tarsier, qui mélange survival horror et plate-forme, vous incarnez Six, une étrange fillette aux pieds nus, affublée d'un ciré jaune. Vous vous réveillez dans les cales d'un navire que vous allez alors explorer dans l'espoir de trouver une sortie. Et surtout échapper aux êtres bizarres et horribles qui peuplent les lieux, que ce soit des hommes aveugles aux longs bras, des cuisiniers impatients de vous ajouter au menu ou d'autres créatures tapies dans le noir.



Le pack de cette édition collector se présente comme une cage dans laquelle est enfermée une figurine de Six. S'y trouve évidemment le jeu, ainsi que l'OST, un livret avec quelques pages du comics, une affiche, des codes pour obtenir les musiques sur console, le thème du jeu, et une planche de stickers. Et uniquement offert pour l'achat auprès du vendeur Micromania, un porte-clef qui, tout comme la figurine, est à l'effigie de l'héroïne, au prix de 35€.

Pour ce qui est du jeu en lui-même, il fait partie de ceux dont le but n'est pas de vaincre l'ennemi avec tout un attirail récolté au fur et à mesure de la progression, mais de fuir et de se cacher. Certes, ce concept n'est pas forcément nouveau, seulement cela fait quelques années que ces jeux, où se battre pour survivre n'est pas l'unique choix, fleurissent. Et là, c'est autant le fait d'incarner une héroïne atypique que l'ambiance qui fait de Little Nightmares un bon divertissement.



Design :
C'est sans doute cette atmosphère qui est l'élément central et donne sa qualité au jeu. C'est glauque à souhait et sombre comme il faut. Le peu de lumière présente n'aide pas tout le temps. Alors qu'elle devrait être rassurante, tantôt elle donne une atmosphère dérangeante, tantôt elle devient le risque de révéler votre présence au détour d'un tableau. Ce découpage aussi contribue au malaise. En effet, comme dans un jeu de plate-forme classique, vous vous déplacez de gauche à droite, avec la possibilité de revenir en arrière si besoin est. Du coup, les ennemis présents dans la pièce suivante ne sont véritablement visibles qu'une fois que vous y êtes. Et s'ils font des allers-retours, cela peut vous être préjudiciable. Il faut donc être souvent vigilant avec cette disposition.
La laideur des occupants et la saleté motivent d'autant plus le joueur à vite sortir. Il y a aussi un petit côté Tim Burton, en ce qui concerne ces derniers. Bien que certains meubles paraissent farfelus, ils s'ancrent dans un réel. Alors que les créatures, elles, ont l'air de pâte à modeler, avec un air repoussant. Même Six a l'air étrange, autant dans sa forme que dans son comportement.
A noter que dès l'écran de jeu, on est dans l'ambiance. Le menu comporte les options « reprendre », « nouvelle partie », « sélection des chapitres », « paramètres » (commandes, luminosité, volume sonore du jeu), « bonus » (masques, illustrations, crédits), tous écrits d'une manière enfantine.



Jouabilité :
Depuis le passage à la 3D, les concepteurs de jeu vidéo sont obligés d'améliorer leurs prouesses techniques pour que celle-ci ne soit pas un handicap pour le joueur, notamment par sa gestion de la caméra. Et il est dommage que Little Nightmares fassent partie de ceux qui ont échoué.
Le plus souvent, il suffit juste de tourner la caméra pour voir en haut ou en bas, lorsqu'un tableau est une simple pièce, avec son premier plan, etc...Mais quand la vue est légèrement placée au-dessus, de manière asymétrique, l'angle change et les manœuvres demandent beaucoup de doigtés. Ainsi, lorsque vous tentez de vous agripper à la chaîne hors du bateau, vous réussirez plus aisément à tomber dans la mer qu'à y monter car celle-ci est en biais. Pas pile en face.
Pourtant, une fois que l'on prend en compte ces défauts, il est plus facile d'éviter les pièges et de réussir du premier coup…ou du moins en perdant le moins de fois possible.
Les commandes, elles, sont plutôt simples et on prend facilement en main le personnage. Six réagit bien aux ordres, ce qui n'empêche pas de pester quand on se rate.



Musique/effets sonores :
La musique, tout comme le design, est un élément central qu'il ne faut pas omettre pour ce type de jeu dont le but est de faire partager au joueur l'angoisse ressentie par l'héroïne. Et c'est un coup de maître.
Composée par Tobias Lilja, un musicien suédois spécialisé en musique dance, elle nous indique à quel moment s'inquiéter et quand souffler. On vit presque uniquement à son rythme, suspendu à ses moindres variations afin de se tenir prêt à fuir en cas d'urgence. Il fait beaucoup appel à des instruments comme l'accordéon, le trombone et même des voix ou des boîtes à musique, les modulant de manière à communiquer un sentiment d'inquiétude. Tout comme les sons métalliques qui résonnent au loin.
Les effets sonores aussi sont important puisqu'il faut parfois se déplacer à pas de loup au risque d'attirer l'attention des ennemis et de se mettre dans une situation délicate qui mènera forcément au game over. C'est souvent le parquet qui sera traître, tandis que les tapis étoufferont tout son provenant de vos pas. Les objets, selon leur positionnement sur votre chemin, seront autant de pièges à éviter. C'est pourquoi il faut souvent repérer quels sont les endroits qui vous offrent une parfaite cachette avant de vous lancer précipitamment dans un tableau où patrouillent un ennemi. Ces derniers sont d'ailleurs repérables grâce à leurs soupirs ou pas, ce qui n'empêchera pas le joueur d'angoisser lorsque le son deviendra de plus en plus fort, notamment celui des battements de coeur s’accélérant à l'approche d'un « monstre ».



Durée de vie :
Enorme bémol du jeu !! Il suffit de 5 petites heures pour le terminer. Et encore, il en faut réellement 7 puisque vous ne manquerez jamais de mourir plusieurs fois au même endroit. Mais si vous êtes un marathonien chanceux, vous parviendrez à le terminer assez rapidement. Après, pour le prix, cela reste raisonnable et on se dit qu'en investissant auprès d'un studio qui avait jusque-là plus l'habitude de produire les projets des autres, il y a moyen que ceux-ci proposent de nouveaux jeux tout aussi plaisants.
Mais bon, ça reste quand même bien dommage d'avoir cette impression qu'on a fait tout ça pour rien. Heureusement qu'on peut faire passer les crédits à la fin, sinon on aurait aussi eu l'impression d'avoir payé pour ça.



Malgré quelques erreurs, pour un premier jeu, le Studio Tarsier s'en sort plutôt bien. Il nous offre un univers riche et original de par son récit, nous poussant à vouloir en savoir plus sur les motivations de la Dame, éminence grise qui gère les lieux de loin. Le choix de traiter l'histoire comme un conte de fée est judicieux, au point de ravir les fans de glauque, où rien n'est facile pour le héros. La quête de Six est tantôt horrible, tantôt douce, pour finalement replonger les personnages dans le chaos, surtout lorsque la faim s’empare d'elle. Etrangement, rien n'est beau dans cet univers, tout étant répugnant et sale. Et pourtant, on se laisse séduire par ses graphismes et son ambiance bizarres.
Avec l'addon « The Secrets of The Maw », qui nous fait suivre les aventures du point de vue d'un autre enfant prisonnier du navire, on espère découvrir davantage sur l'histoire et les secrets que ne nous révèle pas Six.



Les + :
Les objets qui roulent en suivant le rythme du resac.
L'ambiance sonore et les OST dont certaines musiques vont très bien sur MP3.
Les graphismes.
L'originalité du scénario.

Les - :
La gestion de la caméra.
La durée de vie.

Chroniqueur: Persmegas


Note de la rédaction








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