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Humanoides associes

Interview

Manga-news: Bonjour Guillaume! Pour commencer, peux-tu définir la ligne éditoriale de la branche manga des humanoïdes associés?
Guillaume Dorison: Nous touchons à tous les genres majeurs du manga, à savoir le shojo, le shonen et le seinen. Depuis trois ans, nous avons publié les œuvres de beaucoup de jeunes auteurs de la «génération manga», qui n'avaient pas envie de réaliser des bandes dessinées classiques. Certains ont bien marché, comme All In qui se consacre au poker, ou encore Pen Dragon qui s'exporte très bien l'étranger... D'autres ont très bien marché comme BB Project. Omega Complex est la série de notre catalogue qui se vend le mieux.
         

                           
            
Omega Complex se vend plus que BB Project?
Environ deux fois plus. Ce qui est intéressant, c'est que la parution du premier tome d'Omega Complex a un impact très positif sur les ventes de BB Project: le tome 4 se vend très bien, nous le constatons sur le salon, tant et si bien que la série a tendance à revenir au niveau d'Omega Complex.
En tout cas, nous sommes très contents du succès d'Omega Complex. C'est un titre que nous avons beaucoup mis en avant, grâce notamment à une campagne de pub sur le net.
      

     
    
Tu m'as dit précédemment que Pen Dragon s'exportait à l'étranger... Dans quels pays exactement?
Les gens ont tendance à croire que les titres de notre catalogue ne sont destinés qu'au marché français... ce qui est faux! Il est vital pour un éditeur d'exporter les licences qu'il détient. Ainsi Pen Dragon est disponible en Algérie, en Bulgarie, en Croatie mais aussi en Espagne... et lorsqu'on additionne les ventes de ce titre sur tous ses marchés en plus de celui de la France, il en ressort que Pen Dragon se vend plutôt bien! Et dans le cas d'Omega Complex, nous avons réalisé un comics en version couleur et en sens de lecture occidental pour le sortir aux États-unis, et nous sommes actuellement en négociation avec un éditeur Japonais pour le sortir au Japon.
        

     
      
Les titres seinen de votre catalogue ne sont-ils pas plus difficiles à vendre que les séries shonen?
De manière générale, les seinen sont en effet beaucoup plus durs à vendre à l'étranger que les shonen. Les éditeurs étrangers ont souvent le réflexe de nous demander ce que nous avons en «Dragon ball ou Naruto-like» (rires). C'est un peu dommage...
  
    
Est-ce que tu envisages d'accélérer le rythme de parution de BB Project et/ou d'Omega Complex, deux titres qui sont, comme tu me l'as dit tout à l'heure, des succès?
Il faut savoir que Shonen (le dessinateur de BB Project et Omega Complex, ndlr) accomplit en moyenne 40 pages par mois, en étant seul. C'est un rythme particulièrement élevé! On en arrive donc à un rythme d'un livre tous les quatre mois. Le problème, c'est que Shonen travaille sur deux séries, dont l'une qui demande un travail très poussé, sur les décors notamment.
Étant donné qu'il travaille déjà jour et nuit, on ne peut pas lui en demander plus!
   
    
Omega Complex se vendant mieux que BB Project, peut-on craindre un ralentissement de la parution pour ce dernier?
Non, ça ne marche pas comme ça avec Shonen: il va réaliser un album puis va passer à l'autre, et ainsi de suite. Nous ne lui imposons pas de réaliser une série en priorité. Si c'était le cas, nous aurions plutôt sorti en avant première de cette Japan Expo 2009 le deuxième tome d'Omega Complex plutôt que le quatrième volume de BB Project.
Pour Omega Complex, nous avons trouvé un assistant pour aider Shonen dans la réalisation des trames, et nous en cherchons un autre pour les décors. Par contre, Shonen souhaite rester seul aux commandes de BB Project, car c'est une série qui lui tient beaucoup à cœur.
         

                    
                   
Est-ce que tu participes activement à l'élaboration des scénarios de certaines séries de ton catalogue, ou exerces-tu juste un droit de regard sur un travail terminé?
Cela dépend des projets et des auteurs. Il peut m'arriver de devoir réécrire avec mon équipe des scènes entières avant de les donner au dessinateur. Nous ne sommes pas aussi regardants que les éditeurs japonais, mais je pense qu'il est nécessaire de parfois retravailler un scénario pour proposer un excellent produit fini.
    
     
En grande majorité, tu publies des titres étiquetés «Global Manga». Quelles sont selon toi les qualités de ce genre par rapport aux titres japonais?
Ce qui est intéressant, c'est lorsque le Global Manga retravaille les codes du manga japonais. Omega Complex est un bon exemple de cet état de fait. Dans cette série, on a fait en sorte de vous présenter des évènements qui ne se passeraient pas dans un shonen manga. Je me souviens qu'avec les auteurs, nous avions fait une liste de tous les codes qui définissent le shonen aux yeux des japonais aujourd'hui. On s'est mis en tête «d'éclater» chacun de ses codes! (rires)
Cela se voit dans la première scène d'Omega Complex, lorsque l'action se passe dans le présent. On découvre des personnages qui sont présentés comme étant des gens gentils; d'ailleurs ils le sont réellement; qui se rendent au restaurant. Pourtant, ils vont être assassinés de sang froid par le héros! Un héros qui va pourtant se révéler attachant! C'est inimaginable de découvrir une telle scène dans un shonen classique!
   
   
Le Global Manga peut-il se faire une place importante dans le marché français?
Ça me paraît difficile en France aujourd'hui, tout du moins à court terme. Il y a beaucoup de mangas qui sortent actuellement, et beaucoup sont de qualité. Pourtant, cela peut changer. Tout d'abord, le fait qu'une série comme Omega Complex se vende bien peut donner envie à d'autres éditeurs de se mettre au Global manga. Ensuite, je constate que la nouvelle génération d'auteurs français n'est pas forcément adepte du «46 pages couleurs»: un changement de mentalité s'opère sur ce sujet, et certains jeunes auteurs ne veulent faire que du manga. Enfin, il ne faut pas oublier que certains éditeurs japonais vont s'installer en France. Ces derniers vont probablement récupérer certaines licences fortes, ce qui va in extenso pousser les éditeurs à reconsidérer la création afin de moins dépendre des japonais.
  
  
Certaines séries de ton catalogue ont une parution très ralentie, voire interrompue depuis quelques mois. Je pense notamment à Shin, Love Inc, Holy Wars... Peux-tu nous renseigner sur le devenir de ces séries?
Il y a des raisons très variées à cet état de fait. Par exemple pour Holy Wars, il faut savoir que l'auteur a un travail à côté qui l'empêche de finir le deuxième tome. Concernant Love Inc, nous avons choisi d'arrêter la série à la fin de son premier cycle. Ce sont bien évidemment des raisons commerciales qui nous forcent à faire ce choix... mais il nous tient toujours à cœur de proposer une fin à nos lecteurs si c'est possible. Concernant Shin, l'auteur est en train de finir le deuxième opus.
           

                 
                         
Quelle est dans ton catalogue la série qui te touche le plus, qui te fait le plus «vibrer»?
Question difficile... J'ai été beaucoup ému par Kairi, car je me suis reconnu des points communs avec certains événements de l'histoire. BB Project est une série qui m'amuse toujours beaucoup, car je suis très client de l'humour développé par Shonen et Kaze.
      

                       
                           
Le succès de la série aidant, est-il envisageable de prolonger Omega Complex, qui doit compter huit volumes au total?
La série fera huit volumes. Elle a été pensée ainsi, et les auteurs connaissent chaque phase du scénario, qui est bouclé du début à la fin! D'ailleurs, je peux vous dire que la fin risque de vous surprendre! Par contre, si la série continue de bien fonctionner, il est tout à fait envisageable que nous sortions des spin-off, consacrés à des personnages par exemple.
                
                         
Vairocana est une série réalisée par une auteure japonaise mais qui se destine au marché français. Cette démarche originale est-elle un succès? Comptes-tu réitérer l'expérience?
Le succès de Vairocana est moyen en France, mais superbe à l'étranger. J'espère faire signer l'auteure sur un autre projet, lorsque Vairocana sera fini.
     

                          
                    
Toujours sur Vairocana, avez-vous une date de parution pour le troisième tome?
Des raisons diverses font que le troisième volume devrait sortir en novembre.
            
             
Comment choisis-tu les auteurs de ton catalogue?
Il y a trois façons: je connais un auteur depuis longtemps et j'ai envie de le faire signer chez les humanoïdes associés. Il y a aussi la recherche: il m'arrive de surfer sur des blogs ou des sites de dessinateurs et je peux compter sur des agents dans d'autres pays, qui sont chargés de repérer des auteurs talentueux. C'est par ce second moyen qu'on a trouvé Shonen. Enfin, beaucoup d'auteurs nous envoient leurs dossiers. Il faut savoir que nous recrutons nos auteurs principalement grâce à la deuxième méthode.
    
     
Pour conclure, un bilan provisoire pour cette Japan Expo?
Ça marche très fort! Nous sommes très satisfaits!
    
    
Merci beaucoup!
Merci!
   
   
Interview réalisée durant la Japan Expo 2009 par shinob.
   
 
Remerciements à Guillaume Dorison et aux humanoïdes associés.

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