The Promised Neverland - Actualité anime

The Promised Neverland

Review de l'anime : The Promised Neverland

Publiée le Vendredi, 29 March 2019

Il est indéniable que The Promised Neverland, shônen d'aventure et de suspense écrit par Kaiu Shirai et dessiné par Posuka Demizu, prépublié au Japon dans le mythique Shônen Jump et édité chez nous chez Kazé, est l'un des hits de ces derniers mois. Par son aura mystérieuse, ses personnages attachants et son scénario à rebondissements, le titre a su s'attirer très rapidement l'intérêt du lectorat, et il ne serait pas exagéré de dire qu'il s'agissait de l'un des titres les plus attendus avant la parution du premier opus, c'est à dire en avril 2018. Alors, rien de bien étonnant à ce que son adaptation animée ait été particulièrement attendue, avec l'espoir d'une qualité haut de gamme comme on est en droit de l'exiger pour un anime saisonnier tiré d'un manga si populaire. Pourtant, l'annonce du studio n'avait rien de très réjouissante. Le jeune studio CloverWorks, connu pour son massacre de Persona5, est dévoilé à la production. Toutefois, étant donné les fortes attentes autour de l'anime, il n'était sans doute pas question que le studio fasse n'importe quoi.
Chez nous, c'est Wakanim qui s'est chargé de la diffusion simulcast de cette première saison de 12 épisodes. Oui, une première saison, car une seconde a été confirmée dès la diffusion du dernier épisode.



Emma, Rey et Norman vivent un quotidien paisible à l'orphelinat Grace Field House, en compagnie d'une « maman » aimante et de nombreux camarades de jeux. Seule une particularité caractérise l'établissement : chaque jour, les pensionnaires s'adonnent à un test écrit d'intelligence, et il se trouve que les trois compères, les trois orphelins les plus âgés, se hissent toujours en tête du classement.
Ces jours insouciants prennent fin lorsqu'ils apprennent la terrible vérité autour de l'orphelinat, en suivant une camarade "adoptée" qui partait rejoindre ses nouveaux parents. Grace Field House n'est qu'un centre d'élevage, les enfants étant le bétail élevé pour être livré à des monstres qui semblent dominer le monde extérieur. Suite à cette découverte, Emma et Norman ne peuvent rester sans rien faire. Ils comptent bien s'échapper et emmener tous leurs camarades avec eux, afin de rejoindre une hypothétique terre promise sur laquelle ils ne seraient plus de simples morceaux de viande destinés à être dévorés...


  
Une évasion prenante, intense et rythmée !

Qu'on se le dise, The Promised Neverland présente un début de série rapidement captivé pour son scénario, et sa manière de briser l'atmosphère sensible et sereine du premier épisode. Le chaleureux foyer qu'est l'orphelinat, dirigé par une maman aimante à première vue, ne laisse pas spécialement entrevoir ce qui attend le spectateur qui n'aurait pas lu le manga, et qui n'aurait pas connaissance du synopsis. L'entrée en matière est donc assez efficace, et ce plan d'évasion concocté par une bande d'enfants innocents, qui cherchent à se tirer des griffes de démons qui se destinent à les dévorer, apporte une tension bien entretenue sur tout ce premier arc. Car le côté psychologique du récit est particulièrement important, aussi même les épisodes les plus bavards ont quelque chose à apporter concernant le scénario, mais aussi autour des différents psychologiques, que ce soit contre « Maman » ou Soeur Krone, dont les différents faciès ne manqueront pas de provoquer quelques frissons bien réussis.



En terme d'intrigue pure, cette première saison se suit alors avec un grand plaisir, si bien qu'un visionnage marathon plus qu'une attente semaine par semaine pour chaque épisode confèrera sans doute une meilleure expérience, pour quiconque aimerait s'imprégner de l'atmosphère particulière de cet univers. A ceci s'ajoute la petite poignée de personnages, tous attachants. On n'échappe pas à quelques archétypes, certes, comme l'intrépide héroïne avec Emma ou son taciturne acolyte en la personne de Rey. Pourtant, chaque membre de la bande se démarque de ce cliché, et a droit une petite profondeur de personnage, tandis que le récit se charge bien d'appuyer les liens entre eux. Le côté famille de cette bande d'enfants saute aux yeux, et apporte une certaine douceur de ton qui vient totalement contraster avec la menace morbide des démons. Pour tous ces éléments narratifs, l'anime The Promised Neverland mérite qu'on s'y intéresse, pour ceux qui seraient plus réfractaires à la lecture du manga.




Des choix d'adaptation en demi-teinte

Finalement, les quelques bémols de la série viennent du travail d'adaptation plus que du scénario qui se montre sans grande fausse note. Outre le fait que le studio CloverWorks, en plus d'être jeune, se montre maladroit sur ses travaux, ce sont les choix de réalisation qui étonnent. A savoir en premier lieu que c'est Mamoru Kanbe, qui a dirigé les séries Elfen Lied et The Perfect Insider, qui chapeaute cette première saison. Ce dernier est donc habitué aux œuvres sombres, à suspense, et semblait bien choisi pour la tâche. Et c'est bien dans une optique de nourrir l'ambiance que certains choix de réalisation sont faits : les couleurs ternes sont appropriées, et une tonalité lourde cherche à être introduite à plusieurs reprises, à commencer par toutes les phases en intérieur. Pourtant, toutes ne portent par leurs fruits. On pourra alors se questionner sur certaines plans séquences en vue subjective, dont la volonté semble être de montrer le côté étouffant des lieux, tel un enclot, mais se révèlent trop insistants pour vraiment apporter quelque chose. On notera aussi une volonté d'accentuer le mélodramatique, lors de certaines séquences qui se voulaient abruptes et choquantes dans le manga. La version animée n'est pas édulcorée, loin de là même puisque les scènes violentes qui doivent être montrées le sont, mais semble souffrir d'intentions assez bâtardes qui empêchent de comprendre la cohérence des choix et des atmosphères à certains moment.


Pourtant, le tout est ponctué de bonnes intentions narratives. Certains passages du manga sont étoffés, de telle sorte à créer de l'empathie chez les personnages, et de raconter encore plus de choses sur des tons parfois mélancoliques. Des développement sympathiques à première vue, mais au détriment d'une grande partie de la dimension psychologique du récit. Pas mal de moments de narration du manga, essentiels pour comprendre les dilemmes psychologiques des personnages et accentuer la tension, disparaisse afin de rendre des échanges un peu plus simplifiés, fluides certes, mais qui ampute le récit original d'une petite partie de sa profondeur. C'est dommage, d'autant plus qu'on peut attribuer ce genre de choix au format de cette première saison. Condenser tout le premier arc en 12 épisodes était un certain pari, et peut-être qu'un format en deux parties aurait été préférable pour laisser plus de liberté dans le développement du récit.




Une qualité technique variable

Sur le plan technique, cette première saison se montre honnête, surtout pour un jeune studio (malgré ses liens évidents avec A-1 Pictures). Du point de vue de l'image, on reprochera un certain nombre de plans ratés, et une présence parfois trop appuyée de plans fixes. Évidemment, c'est variable selon les épisodes, les plus importants montrant plus de dynamisme visuel, et davantage de travail esthétique. Notons que si sortie DVD et Blu-ray il y a chez nous, certains défauts techniques peuvent être largement corrigés.

Néanmoins, parmi les petites pépites dans le travail des équipes de CloverWorks, on saluera la composition musicale de Takahiro Obata, qui signe alors son tout premier travail de composition personnel. Cette première saison jongle entre des thèmes mystérieux, d'autres davantage appuyés du côté de l'action, et se paie même le luxe d'un thème central d'une beauté marquante. La berceuse d'Isabella apporte une petite profondeur dramatique bienvenue, d'autant plus marquante en fin de premier épisode, et dans le grand final de cette saison première.




Vers la terre promise

D'une manière générale, cette première saison de The Promised Neverland est une adaptation correcte du manga de Kaiu Shirai et de Posuka Demizu, mais souffre de quelques bémols qui peuvent être liés à la production. CloverWorks est un studio jeune qui a cumulé les projets en peu de temps, sans compter qu'un format si réduit pour une série comme The Promised Neverland n'est pas forcément profitable sur le long terme, tant certains passages auraient mérité un travail d'adaptation plus appuyé. Reste que pour les non lecteurs du manga d'origine, le visionnage se révèle prenant pour son intrigue et ses personnages. Et pour les amateurs de l’œuvre originale, observer les choix d'adaptation et voir le trio fort qu'est Emma, Rey et Norman en mouvement, constitue un plaisir certain.

La suite du récit se montrant particulièrement différente, que ce soit par son rythme ou ses environnements, il y a de quoi être curieux de voir de quelle manière elle sera adaptée. A priori, The Promised Neverland sera un petit rendez-vous annuel qu'on prendra plaisir à suivre, la deuxième saison étant prévue pour 2020.

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

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MN Actus
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