My Hero Academia - Saison 4 - Actualité anime

My Hero Academia - Saison 4

Review de l'anime : My Hero Academia - Saison 4

Publiée le Mercredi, 18 November 2020

Chronique - Partie 2 :

Au terme d'une première partie de 14 épisodes, couvrant l'arc Overhaul du manga de Kôhei Horikoshi, la saison 4 de My Hero Academiaa suivi sur un second "cour" diffusé directement après le premier, comme ce fut le cas sur les saisons 2 et 3. C'est de cette partie donc il sera question dans cette chronique, autrement dit les épisodes 15 à 25 de la saison, couvrant les événements dépeints dans les tomes 18 (chapitre 161) à 21 (chapitre 190).

Et qui dit nouvelle partie de saison dit nouveau générique. Le thème d'ouverture, le septième de la série, a pour titre Star Market et est interprété par le groupe Kana-Boon, largement popularisé par l'anime Naruto Shippuden. Côté ending, le groupe Ryoku Ôshoku Shakai fredonne une piste plus mélancolique et nostalgique, shout Baby. Ce n'est pas le seul aspect musical important de cette fournée d'épisodes, mais nous y reviendrons.
Et puisqu'on parle de générique, autant dire que les notes proposées par le nouvel opening auront de quoi surprendre. Après le dramatique arc Overhaul, c'est une ouverture pétillante et édulcorée qui nous est offerte, ce qui est d'une grande symbolique vis à vis des événements dépeints.


Après les Huit Préceptes, la fête

La bataille contre les Huit Préceptes menés par Kai Chisaki a eut des conséquences lourdes. Night Eye a perdu la vie, tandis que Mirio se trouve dépourvu d'alter. Mais dans ce malheur, il reste un espoir : La petite Eri a été sauvée, et tous les soins lui sont apportés avec la prière du dangereux pouvoir de la petite-fille qui resterait restreint. Dans ce contexte, les élèves de Yûei reprennent leur scolarité. Recalés à l'examen des permis provisoires, Shoto et Katsuki doivent assister à des cours de rattrapages particuliers qui vont prendre une forme surprenante : Une garderie d'enfants turbulents, et qui ne vouent aucune confiance aux super-héros et aux adultes.

Mais un autre événement d'ampleur approche : La fête du lycée. Sachant que Yûei est la cible répétée de l'Alliance menée par Tomura, l'événement est rendu privé et accessible uniquement aux élèves. Dans ces conditions, chaque classe doit proposer son activité. Mais pour Izuku, au-delà d'un bon moment passé avec ses camarades, il souhaite amener Eri à la fête, et lui faire profiter d'un bon moment pour pallier aux horreurs qu'elle a vécue à cause d'Overhaul.

My Hero Academia est un manga qui a pour caractéristique de régulièrement proposer des arcs narratifs courts, qui ne trainent jamais en longueur, et dont le rythme permet de traiter efficacement des éléments précis, sans subir un effet de rallonge. Dans cette optique, la deuxième partie de saison 4 propose pas moins de trois arcs, deux relativement brefs, et un davantage long. Trois intrigues totalement différentes, chacune proposant sa petite histoire et son ambiance.


Les rattrapages : Quand la nouvelle génération doit palier aux erreurs de l'ancienne


Les épisodes 15 à 18 couvrent la session de rattrapage de Shoto et Katsuki, aux côtés des recalés du lycée Shiketsu. Un arc à part, centré sur les figures phares autres qu'Izuku, divertissant à première vue en plus d'amener de légers développements autour de ces personnages. En soit, cette partie scénaristique est très brève dans son intrigue, et s'attache à la dimension héroïco-scolaire si propre à l’œuvre de Kôhei Horikoshi. Reste que derrière cette trinité d'épisodes, souvent drôle mais pas totalement dénuée d'action, un message clair est développé : La manière dont nos héros en herbe pourront se saisir du cœur d'une jeunesse qui a perdu confiance en l'âge adulte. Une idée pas anodine puisqu'elle résonne avec le déclin d'All Might. A l'heure où le Symbole de la Paix s'est effacé et qu'il y a une sorte de déchéance du côté des héros, il incombe à la nouvelle génération de reprendre le flambeau qui ravivera l'espoir de la jeunesse.


La fête de Yûei : Un arc simpliste... mais subtile ?


Le gros de la deuxième partie de saison 4 est sans nuls doutes l'intrigue autour de la fête de Yûhei. Couverte par les épisodes 19 à 23, cette étape aborde un grand classique de la comédie scolaire : La fête lycéenne. Mais My Hero Academia étant un shônen d'action, il lui fallait faire ça à sa sauce. L'idée n'est pas donc de proposer une simple comédie mais d'utiliser le prétexte de la fête pour développer trois optiques sous-jacentes.

L'enjeu, pour Izuku, est de susciter l'enthousiasme d'Eri, la petite fille qui n'aura rien connu de très positif dans toute son existence. Le concert de la 2nde A, pour le héros, c'est un cadeau destiné à l'enfant, un moyen pour lui faire profiter d'un sentiment de joie pour la première fois de sa vie. Une volonté à laquelle Mirio sera attaché, lui aussi. Ainsi, le court arc développe dans son ensemble toute une idée de donner l'espoir à la petite fille. D'une manière générale, la saison garde cette symbolique d'une génération qui deviendra héroïque uniquement en brillant auprès des plus jeunes, et en leur offrant le monde qu'ils méritent, ce qui renvoie aux idées de l'arc précédent. C'est un message de fond pertinent et joli, et qui conserve une certaine cohérence au fil des épisodes.


A côté de ça, un nouvel ennemi se profile : Gentle Criminal, fringuant vilain aux ambitions anarchiques, profitant de l'appui sans faille de son assistante qu'est Love Lover. Le dandy a sans doute été crée pour contrebalancer la noirceur de l'ennemi précédent, Overhaul. Chose réussie puisque le binôme adverse est assez drôle mais totalement détaché des ambiances sombres qu'on apprécie tant dans la série, une raison qui a sans doute poussé certains fans à ne pas tant apprécier l'arc. Mais dans chaque idée créer par l'auteur d'origine, il y a une résultante. Aussi, le présent antagoniste dévoile peu à peu son background, jusqu'à devenir une sorte de version alternative du héros, ce qu'il serait devenu sans l'appui d'All Might. Ainsi, la résolution de l'arc conserve une note satisfaisante, et donne la sensation que quelque chose a bel et bien été raconté avec ce criminel des réseaux sociaux.

Enfin, difficile de ne pas évoquer Jirô Kyôka, une apprenti héroïne de la 2nde A jusque là peu présente, mais néanmoins attachante et riche d'une certaine aura. La demoiselle profite ici du développement qu'elle mérite et fait office de leadeuse de sa classe, le temps de la fête. En ce sens, la scène du concert de fin d'arc constitue un superbe moment pour elle mais aussi pour Eri, confirmant la volonté de redonner du baume au cœur du spectateur, après le sombre arc précédent. On notera au passage que Kyôka bénéficie de passages chantés par une interprète recrutés pour l'occasion : Chrissy Costanza du groupe de rock Against The Current. Un choix d'autant plus pertinent que cela donne des pistes correctement chantées en anglais. Pour un spectateur occidental, voilà qui ne nous sort pas du visionnage, et donc de l'expérience hautement émotionnel.


Endeavor : Le nouveau numéro un

Les deux derniers épisodes de la saison font office de micro-arc, et abordent un point central de l'univers. All Might ayant pris sa retraite, le podium des héros du Japon se voit chamboulé, un prétexte pour confirmer Endeavor comme nouveau numéro un, et de présenter officiellement le nouveau second en la personne de Hawks, héros jeune et fringuant qui capte vite notre attention.

Derrière cette idée de top, symbolique de l'exposition aux médias des héros incessante dans le monde de My Hero Academia, l'intrigue insiste davantage sur un élément précis : La quête de rédemption d'Endeavor. Un aspect qui ne cessera d'être traité dans le récit, et sans doute l'un des plus complexes à aborder puisqu'il s'agit pour un père de famille, qui a brisé l'harmonie entre les siens, d'expier ses fautes mais aussi de se racheter une image auprès du grand public. Et alors, la subtilité du scénario s'associe à une qualité technique sans faille, sur laquelle nous reviendrons. Sans jamais tomber dans les clichés, l'arc mêle grand spectacle à un développement pertinent de personnage, permettant alors à la saison de s'achever en apothéose, qu'il s'agisse sur le plan de la réalisation ou dans ce que l'histoire raconte. Néanmoins, la saison suivante devrait encore renforcer tout l'aspect Endeavor, celles et ceux qui ont lu le tome 26 du manga le savent.


La technique, qu'en est-il ?

L'un des constats mitigés de notre analyse de première partie de saison, c'était cette réalisation en demi-teinte, et une absence de grands moments de mise en scène et d'animation, à quelques exceptions prètes. L'anime produit par Bones ayant toujours su magnifier ses grands moments par des festivals de mise en scène et de talents d'animateur, certaines séquences de l'arc Overhaul ont logiquement déçu.

Et parce que ces épisodes 15 à 25 appartiennent à la même saison, on reste dans une même logique : La technique est de nouveau simpliste à de nombreux moments. Elle peut parfois s'excuser du fait que les arcs dépeints ne sont pas les plus riches en action, aussi des plans efficaces suffisent éventuellement pour retranscrire l'énergie du manga, comme c'est le cas avec la jolie scène du concert de la 2nde A. Néanmoins, quelques moments d'action comme l'affrontement contre Gentle Criminal ne peuvent être honorés avec une succession de plans fixes, bien qu'ils soient dynamisés avec les effets spéciaux intégrés (harmonie qui reste tout à fait réussie dans cette saison 4).

Vient alors une exception : L'épisode 25, le dernier de la saison. Mettant Endeavor à l'honneur, il renoue avec les meilleures réalisations de la série animée, offrant un affrontement nerveux, une ambiance symphonique quasi dramatique, et une immersion dans la surenchère de la bataille grâce à des mouvements de « caméras » comme des effets visuels en mouvement permanent. Un résultat certainement dû à un planning plus confortable pour l'équipe, mais aussi à une réalisation optimale de Setsumu Dôkawa (qui a déjà officié sur certains des meilleurs épisodes de la série), ainsi qu'au travail conjoint de pas moins de 5 directeurs de l'animation. Comme un aveu des faiblesses de la saison, une équipe renforcée s'est vue attribuée cet épisode final qui nous permet, au moins, d'achever cette partie 4 de l'anime sur une notre plus qu'enthousiasmante.


Conclusion de saison... Et attentes

Le deuxième moitié de la saison 4 de My Hero Academia a beau aborder ce qu'on peut considérer comme ventre mou de l'oeuvre de Kôhei Horikoshi, elle ne manque pourtant pas de divertir grâce à des arcs courts mais qui ont toujours quelque chose à raconter, à son ambiance plus légère et rafraichissante, ainsi que son épisode final à couper le souffle. Dans sa globalité, sur le plan purement scénaristique, cette quatrième fournée d'épisodes aura établit un juste équilibre entre des moments sombres et intenses, et d'autres plus colorés et légers.

La saison aurait donc pu être particulièrement bonne sans des lacunes techniques, l'ensemble s'étant montré beaucoup trop fixe, malgré quelques fulgurences lors de deux épisodes clés. Sans doute la production parallèle du deuxième film, Heroes Rising, a grandement impacté le résultat. On espère alors une future cinquième saison beaucoup plus maîtrisée sur cet aspect, notamment parce qu'elle adaptera de nouveaux moments forts qui feront basculer l'intrigue de la saga. Mais on en dit pas plus...



Chronique - Partie 1 :

Une fin de saison de My Hero Academia ne laisse pas vraiment la place au suspense quant à une suite. La licence étant particulièrement populaire, on sait d'avance que la saison suivante est d'ores et déjà en chantier quand la présente se termine. La quatrième partie de l'anime tirée du manga de Kôhei Horikoshi était donc une évidence, quand bien même elle a mis plus de temps à montrer le bout de son nez : Sur les trois premières, notre rendez-vous annuel avait lieu au mois d'avril, lors de la saison printanière. La calendrier a un peu changé pour cette saison 4 qui n'a pas démarré en avril 2019, mais au mois d'octobre, pour l'automne, sa diffusion s'étant achevée au terme de 25 épisodes, amenant la série au nombre de 88 dans son ensemble (en excluant les OVA et ONA). Dans cette chronique, place alors aux 14 premiers épisodes de cette suite, diffusés entre le 12 octobre 2019 et le 18 janvier 2020, et se consacrant à un seul unique arc : l'arc Overhaul.

Mais avant d'aborder la saison en elle-même, parlons de son staff, car de celui-ci découle sans doute quelques points que nous évoquerons plus tard. Les trois premières saisons (ainsi que les films) furent chapeautés par Kenji Nagasaki qui géra l’œuvre comme un chef d'orchestre, aux côtés de nombreux directeurs d'animations et d'animateurs. Mais cette fois, il ne fait que superviser, puisque le poste de réalisateur est confié à Masahiro Mukai, qui n'avait officié qu'en tant que chef d'équipe sur le premier opening et deux épisodes de la saison 3 jusqu'à présent. Et s'il est difficile d'admettre les motifs qui peuvent impacter une production, cet élément est à noter pour mettre en évidence certains constats, par la suite. Néanmoins, signalons que le reste du staff clé est de retour : Yôsuke Kuroda reste à la composition scénaristique, Yoshihiko Umakoshi au character-design et Yûki Hayashi à la composition musicale. On ne change presque pas une équipe qui gagne donc, mais le "presque" est important.


Un stage mouvementé

La quatrième saison prend place alors que la quasi totalité des élèves de la 2nde A de Yûei a obtenu son permis provisoire... exception faite de Shôto et Bakugo, les deux brillants apprentis héros pourtant recalés. Pour la plupart, il est temps d'effectuer un nouveau stage héroïque. Grâce aux relations d'All Might, Izuku postule auprès de l'agence de Sir Night Aye, vieil ami de l'ancien Symbole de la Paix, mais aussi mentor de Mirio, l'un des trois membres du Big 3. Seulement, Night Eye est loin d'accueillir l'héritier du One For All chaleureusement : Il sous-estime Izuku, et voyait davantage son protégé en un parfait héritier du pouvoir générationnel. Une attitude qui se justifie sur un point : Le pouvoir de l'homme taciturne lui permet de voir l'avenir, et celui observé pour All Might est funeste... Néanmoins, une habile prestation d'Izuku lui permet de trouver sa place au sein de l'agence, en tant que stagiaire.

Une période qui tombe à point nommé avec un potentiel gros coup orchestré par plusieurs organisations de héros qui s’apprête à mettre le grappin sur de dangereux criminels : Les Huit Préceptes. Ces derniers risquent de gagner en notoriété car leur leader actuel, Kai Chisaki, est sur le point de conclure un accord avec l'Alliance menée par Tomura. L'information n'a pas échappée aux héros qui sont sur le point d'unir leurs forces pour piéger les deux organisations de criminels...


Un arc hautement dramatique

Avec du recul, assez rares sont finalement les arcs de My Hero Academia (à l'heure actuelle) à aborder une vision dramatique, et une ambiance parfois sombre. C'est surtout via la mission de sauvetage de Bakugo, dans la saison 3, et son dénouement aussi intense que lourd de sens que l’œuvre prenait purement aux tripes, ce qui n'enlevait absolument pas la qualité des précédentes péripéties super-héroïques d'Izuku et les siens. Un constat qui ne se fait que sur ce que l'anime a proposé jusqu'ici bien évidemment, la suite du manga ayant montré une ascension dans le drame et la gravité, notamment avec les événements des volumes 24 à 26.

Alors, l'arc Overhaul dépeint dans les 14 premiers épisodes de cette quatrième saison développe un ton particulier et totalement happant. Derrière une énième formule de stage pour certains de nos personnages, le récit traite surtout une grande bataille contre un nouvel ennemi, et une course contre la montre acharnée, de laquelle se jouera parfois le destin de certains héros... voire apprentis héros. L'idée n'est donc pas de simplement opposer Izuku et ses compagnons à un énième vilain, ici Kai Chisaki (alias Overhaul), mais de développer une aventure qui traitera, comme souvent, ses personnages, et parfois sous un angle sombre. Dans cette formule, c'est notamment le sort de la petite Eri qui retient notre attention. Il est inédit que la série mette tant en avant un enfant, symbole de l'innocence, aussi la placer au centre d'un sinistre complot aboutit forcément à des enjeux lourds. Car dans cet arc, les héros ne doivent pas tant vaincre un criminel, mais surtout sauver une petite fille, une nuance qui se fait particulièrement forte dans ces épisodes.


Cette mission sauvetage met un certain nombre d'épisodes à se mettre en place, mais à juste titre. Pléthore de nouveaux personnages apparaissent et joueront un très grand rôle dans la dimension dramatique du scénario, le contexte s'épaissit avec l'apparition des Huit Préceptes qui vont s'associer à l'Alliance menée par Tomura, tandis que l'histoire écrite par Kôhei Horikoshi installe en toile de fond un thème bien précis : La lutte contre le destin. Car Night Eye a vu, grâce à son pouvoir, la mort violente future d'All Might, un avenir qu'Izuku refuse de croire. Une prédiction qui, elle aussi, occasionnera certaines petites richesses dans l'écriture des personnages et une importance de certains événements, preuve de la bonne structure de cet arc.


Des soucis de rythme ?

Comme dit précédemment, le premier arc qui constitue la saison 4 de l'anime met un moment à s'installer. Si son point d'orgue est représenté par le combat entre nos héros et le clan des Huit Préceptes, cet assaut n'est finalement dépeint qu'à partir de l'épisode 7 de la saison. On pourrait donc penser que l'arc est plus lent dans son déroulement... Ce qui n'est pas tout à fait vrai.

Il faut en réalité 5 épisodes pour que cette partie de l'histoire soit installée, le premier de la saison n'étant qu'un rajout propre à l'anime, un filler dans lequel un journaliste se penche sur la 2nde A de Yûei, et plus particulièrement sur le cas d'Izuku. Pour les spectateurs qui attendaient d'emblée un lancement de l'intrigue sur Overhaul, ce fut une petite douche froide, bien que l'épisode reste en lui-même agréable par son ambiance et sa bienveillance... Un ton positif qui sera bien moins présent dans la suite.

Sur cinq autres épisodes, bien des éléments sont à développer pour justifier toute l'importance du contexte de l'arc. Car avant même le combat contre Overhaul, il y a ce nouveau stage héroïque qui s'appuie sur la présence du fameux Big 3, qui achevait la troisième saison en grandes pompes. Là où plusieurs des précédents cycles de l'histoire étaient fortement centrés sur la classe de nos héros, les points de vue sont multipliés ici, sans compter le focus entre l'Alliance et les Huit Préceptes qui se devait d'être insistant pour créer une tension avant le grand assaut décisif. Le rythme ne bat donc pas de l'aile, bien au contraire puisque chaque épisode y va de ses petites installations, des mises en bouche hautement appétissantes, avant une seconde partie d'arc particulièrement intense tant elle repose sur une succession d'affrontements, de plus en plus démesurés et divertissants grâce à ses rebondissements incessants.


Une technique revue à la baisse

Lors de sa diffusion, la quatrième saison de My Hero Academia a été décriée sur un point précis. Quand bien même son scénario resterait efficace, pour ses enjeux forts et sa capacité à toujours mettre des personnages attachants et complexes au premier plan, la réalisation, elle, a été pointée du doigt. Il faut dire que Bones, grâce au travail de direction de Kenji Nagasaki et des pattes marquées de certains animateurs, comme Yutaka Nakamura, a su produire trois premières parties d'anime qui régalaient grâce à leurs fulgurances en terme de mise en scène et de réalisation. Ça en devenait presque un rituel : Quand ceux qui lisaient le manga en parallèle savaient qu'un moment particulièrement intense allait être adapté, l'attente d'une scène savamment orchestrée était souvent honorée.

Mais dans le premier arc de cette saison 4, c'est un sentiment de creux que nous pouvons avoir, et à juste titre. Les coups d'éclats propres à la série sont très minimalistes dans cette partie de l'adaptation animée, et se résument à deux épisodes précis : "Red Riot" et "100% à l'infini" (épisodes 9 et 13). Ce qui est logique puisque les épisodes concernés reprennent des passages très appréciés du manga, mais d'autres n'ont pas profité d'une production aussi optimale. On notera, par exemple, le onzième épisode, celui dédié à Mirio, qui fut une douche froide pour son avalanche de plans fixes qui n'ont pas honoré la nervosité de la situation, quand bien même le scénario parvenait à faire son effet. Bien dommage pour ce qui est l'épisode de l'un des nouveaux personnages les plus appréciés de ce segment de l'anime.


Tout est donc très fixe dans ce début de quatrième saison, chose que le spectateur remarquera forcément, quand bien même la direction artistique reste nette et précise (entendez par là qu'il n'est que très rarement question de plans ratés en terme de physionomies de personnages). Les raisons peuvent être multiples : Un planning de production trop serré, certains animateurs qui n'ont pas pu répondre présent pour le projet... Mais on peut soulever un point : Kenji Nagasaki n'a pas directement dirigé la saison, car il planchait sur le second film de la licence, Heroes Rising. Un rapport entre les deux production qui n'est sans doute pas anodin.

Enfin, un point toujours intéressant à soulever concernant la version télévisée, c'est l'abondance de filtres atténuant le caractère vif de l'image, à certains instants. Une mesure qui découlerait de cas d’épilepsies causés par un épisode de Pokémon dans les années 90, et particulièrement présente dans l'anime My Hero. Un autre aspect qui peut nous sortir des scènes d'action, aussi un visionnage de la version physique, retouchée, semble particulièrement propice dans le cadre de cette adaptation animée.


Un début de saison en demi teinte ?

A la lecture de ces lignes, on peut imaginer une première partie de quatrième saison faiblarde dans sa production et sa réalisation, ce qui est le cas si on la compare aux trois précédentes. Reste que la série reste visuellement de bonne facture, et que les couacs techniques n'empêchent pas l'intrigue de se révéler suffisamment captivante pour falicité un visionnage d'une traite (les fameux "binge-watching"). Quand bien même on grincerait des dents, aussi parce que certains choix artistiques n'honorent pas forcément tout le cachet des planches de Kohei Horikoshi (on pense forcément à la « transformation » de l'antagoniste de l'arc, assez lisse dans l'anime par rapport au manga) les 14 premiers épisodes de cette fournée d'épisodes font passer un bon moment. Mais avec My Hero Academia, on en attend toujours un petit peu plus.

Logiquement, la suite de la saison devrait rester dans cette veine, au moins sur le plan technique. Car côté scénario, il ne faut pas s'attendre à quelque chose d'aussi ambitieux, ce parce que les arcs adaptés par la suite font partie de ce que certains considèrent comme le ventre mou de l’œuvre. Mais cela ne les a pas empêcher de proposer leurs lots de bons moments, au moins dans le manga. Aussi, on pourra rester curieux vis à vis du résulté proposé, en connaissance de cause. On y reviendra dans notre chronique sur la deuxième partie de saison, celle couvrant les épisodes 15 à 25 (ou 78 à 88 pour la numérotation globale de l'adaptation animée).

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