Miraï, ma petite soeur - Actualité anime

Miraï, ma petite soeur

Critique de l'anime : Miraï, ma petite soeur

Publiée le Vendredi, 12 Octobre 2018

Un nouveau film de Mamoru Hosoda est toujours un événement pour les fans d'animation japonaise. Si le réalisateur est considéré comme la relève de Hayao Miyazaki avec Makoto Shinkai, ce n'est pas pour rien. Après l'émouvant « Ame et Yuki les enfants loups » et le détonnant « Le garçon et la bête » , tout le monde attendait avec impatience son nouveau projet. C'est un plus tard, en 2017, qu'il annonce son nouveau projet : « Miraï, ma petite sœur ». Si la plupart des salles ne pourront le proposer qu'à partir de décembre, quelques chanceux (comme moi) ont pu le découvrir en avant première, lors de la quinzaine des réalisateurs.



Dans ce film, nous suivons le jeune Kun, agé de 4 ans, qui va accueillir un nouveau membre dans sa famille : sa petite sœur, Miraï. S'il est ravi dans un premier temps, il se rend vite compte que ce petit bout accapare ses parents et chamboule leur petite vie. Il se montrera alors de plus en plus capricieux et méchant envers sa cadette. C'est alors qu'une toute nouvelle « réalité » s'ouvrira à lui et le fera réfléchir sur lui et surtout sa relation avec ses parents et sa petite sœur...



La première chose que l'on peut saluer dans ce film, c'est sa réalisation. Toujours aussi impeccable et bien pensée, elle fait mouche. Mamoru Hosoda se permet d'incruster de la 3D, et le fait parfaitement bien car elle est presque imperceptible. Quant aux transitions, elles nous permettent bien de comprendre les différents « chapitres » de l'histoire. En effet, chaque « chapitre » correspond à une escapade de Kun dans cette autre « réalité » où il y retrouve souvent son chien en forme humaine ou bien sa petite sœur du futur. Ses escapades sont souvent très drôles et elles jouent avec notre perception de la réalité. Si l'ont pensait dans un premier temps que tout cela n'était que le fruit de l'imagination débordante du petite garçon, plusieurs éléments brouilleront les pistes pour laisser une part de doute.
Autre choix judicieux : la configuration de la maison, très particulière (du fait de la profession du père, architecte), qui donne un tout très authentique au film mais aussi des espaces délimités qui serviront parfaitement lors de l'illustration des « escapades » de Kun. La cour de la maison, entre le salon et la salle de jeu illustreront parfaitement cette limite, notamment lors de la scène du rangement du petit théâtre de poupée.



Au niveau des personnages, l'histoire se concentre essentiellement sur le noyau familial de Kun, c'est à dire ses parents, sa petite sœur et lui bien que quelques autres membres de la famille feront de brève apparitions. D'un côté nous avons donc une mère salary-woman, au caractère bien trempé mais bienveillante et de l'autre un père rêveur et passionné par son travail mais rapidement dépassé par ses responsabilités familiales. Kun est quant à lui un garçon adorable, passionné par les trains mais capricieux et qui a du mal à accepter les changements dans son quotidien, notamment le fait qu'il ne soit plus le centre de l'attention. Et enfin nous avons Miraï, ce nouveau né qui débarque dans cette petite famille et qui va bouleverser le fragile équilibre qu'ils avaient réussi à instaurer, un équilibre qui va s'affaiblir pour mieux se renforcer ensuite.
C'est amusant de voir la famille se réorganiser à l'arrivée de ce nouvel enfant, et on apprécie le fait que ce soit le père qui reste à la maison pour s'occuper des enfants. Sa carrière lui permet de travailler à la maison, et même s'il va avoir du mal à concilier les deux dans un premier temps, il finira par prendre le rythme. C'est un choix qui permet aux deux parents de s'épanouir dans leur travail, et c'est toujours gratifiant de voir ce genre de choix porter à l'écran. Et est-il nécessaire de rajouter que voir ce père se débattre avec le quotidien est vraiment drôle ?

Le portrait de la mère est particulièrement bien réussi également. Elle ne nous est pas dépeinte comme une parfaite femme au foyer, au contraire. Si on la sent à l'aise pour décrire les tâches ménagères à son mari, on apprend par la suite qu'elle était bordélique dans sa jeunesse. Ce n'est qu'en se mariant qu'elle a appris à devenir plus organisée et à gérer le quotidien. Ce n'est finalement qu'en étant confronté à des changements dans notre quotidien que l'on évolue.
Et ceci est parfaitement illustré par Kun. Bien évidemment, les « escapades » de Kun ne sont qu'une illustration très imagées des changements qui s'opèrent dans le petit garçon. Il commencera à ranger, à faire du vélo tout seul... La venue de sa petite sœur bouleverse son quotidien mais le fera surtout grandir et mûrir.



Alors, « Miraï » est-il à la hauteur de nos attentes ? Et bien, pour ma part, non. Le film n'a pourtant pas vraiment de défauts (excepté peut-être ce choix de doublage étrange pour Kun ), il est plaisant et d'adresse à un large public.

Mais voilà, quand on passe après un film aussi bouleversant que « Ame et Yuki, les enfants loups » et après un film aussi puissant que « Le garçon et la bête », « Mirai, ma petite soeur » paraît assez.... quelconque.

D'où vient donc le problème alors, si on ne peut l'incomber au film ? Et bien, c'est à moi. Mes attentes était bien trop grandes envers ce film. Bien évidemment, j'ai trouvé le film touchant et inventif, mais je n'ai pas forcément adhéré au choix de petites histoires décousues. Rajoutons à cela que je trouve que le film manque d'enjeu. Il y en a un, bien sûr, celui que Kun accepte Miraï comme sa petite sœur. Sauf que ce problème n'est vraiment soulevé que dans son dernier « rêve », celui dans la gare. Et ce passage qui prend les 20 dernières minutes du film au moins est tout bonnement génial, on y retrouve tout ce que j'aurais aimé trouvé dans le film. On a de la tension, pas mal d'idées neuves mais aussi des références à ses anciens films, notamment des visuels qui nous rappelleront « Summer Wars ». D'ailleurs, ce film est bourré de clin d'oeil aux anciennes productions du réalisateur. On pensera notamment à la scène de rencontre entre la version humaine du chien de la famille et du petit garçon qui se passe dans un décor rappelant énormément « Le garçon et la Bête ».

Le message transmis tout particulièrement dans ce dernier arc est beau et très positif. Et c'est peut-être aussi ce qui étonne venant du réalisateur vu qu'il nous avait habitué à plus de drame dans ses films. Et ce choix s'explique certainement par un choix de personnage principal plus jeune et aussi à une thématique plus grand public que ces précédents films. D'ailleurs, « Mirai, ma petite soeur » est sans doute le seul film du réalisateur qui nous fera sourire de bout en bout, qui reste positif et lumineux du début jusque la fin.



La BO de ce film contribue grandement à ce sentiment positif insufflé dans le film. Interprété par Tatsuro Yamashita, la chanson d'ouverture est très entraînante et a un petit côté enfantin qui reflète bien l'ambiance générale du film. Pour ce qui est du reste de la musique, on ne change pas une équipe qui gagne : Takagi Masakatsu est encore aux commandes de la bande originale du film. Si les musiques sont moins marquantes que dans "Le Garçon et la Bête" par exemple, elles servent parfaitement l'histoire accompagne bien chaque changement de tons et de rythmes, aussi infime soit-il.



Pour conclure, « Miraï, ma petite sœur » est un excellent film bien qu'il ne soit pas le plus marquant du réalisateur. S'il n'a pas réussi à me convaincre totalement, en tout cas pas au premier visionnage, ce film est un incontournable de cette fin d'année, et il a le loisir de s'adresser à un public très large, sans doute plus que les précédents films du réalisateur. Pour ma part, « Miraï » 'est le genre de film qu'il faudra revoir à tête reposée, une fois que l'on est capable de l'accepter à sa juste valeur.

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
kayukichan

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